Basket

David Rivers, many rivers to cross

Un ghetto dans le New Jersey. Une école privée catholique. La fac de Notre Dame. Un grave accident en van. Une place de back-up de Magic Johnson chez les Lakers. Une traversée du désert dans les ligues mineures. L’ivresse à Antibes. L’Olympe au Pirée. Telle fut la destinée magique de David Rivers, un solitaire devenu artiste de la balle orange et qui traversa toutes les épreuves pour réaliser son rêve de gosse. Just do it.

C’est peut-être aussi simple que cela. Il suffit de le décider et de ne jamais en douter. David Lee Rivers a 9 ans quand il prend une grande décision : plus tard, il jouera en NBA. Cela fait déjà 4 ans qu’il ne se sépare pas de son meilleur et seul ami : un ballon de basket. Dans les « projects » de Jersey City (New Jersey), pour ne pas dire le ghetto, la misère est à tous les coins de rue et les distractions sont rares. La famille Rivers n’échappe pas à la règle. Le père cumule deux boulots, ouvrier dans une usine de lampadaires et cuisinier à l’hôpital, pendant que la mère s’occupe… des 16 enfants du couple !
David est souvent livré à lui-même. Seul avec son beau ballon. « J’ai toujours été solitaire et j’aime ça. » A la moindre occasion, il se rend sur un playground. Au début, alors qu’il n’est pas bien grand (il atteindra plus tard 1,83 m pour 77 kg), ses shoots ont du mal à atteindre le cercle. Et comme les terrains sont largement fréquentés, il préfère se mettre sur le côté pour dribbler. Dribbler encore et encore. « Au bout d’un moment, je maniais tellement bien le ballon que tout le monde m’a demandé de jouer. »

Il livre des bières pour payer ses frais de scolarité
Avec ses nouveaux copains, David participe à des petites ligues municipales. Quand il a le temps, il regarde la NBA sur le petit écran. Et surtout son idole, Dr J. « Après, je l’imitais dans la maison. J’inventais même des chansons à sa gloire… » David a 14 ans. Nous sommes en 1979. La passion pour la balle orange reste intacte mais il passe pas mal de temps avec le gang du quartier. « Bobby Hurley Sr (ndlr : papa du Bobby Hurley double champion NCAA avec Duke), qui coachait la St. Anthony High School, m’a contacté. Le rejoindre dans cette école privée catholique me détournait des bêtises que j’aurais fini par faire avec mes fréquentations du moment. Seulement, mes parents ne pouvaient pas sortir 900 $ par semestre, le prix de la scolarité. »
David ne peut pas laisser passer l’opportunité d’évoluer sous les ordres du meilleur coach de lycée du pays. Aussi, il enchaîne les petits boulots durant l’été : livraison de bières, nettoyage de sols dans les restaurants et les églises… De quoi payer sa scolarité. A la rentrée, il intègre St. Anthony comme prévu. David est dans le droit chemin. Le basketteur fait de plus en plus parler de lui et le jeune homme ne traîne plus dans la rue. Quand il n’est pas en cours ou à l’entraînement, il tue le temps en écrivant des poèmes ou en écoutant de la musique classique et du jazz.

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Preuve de ses performances hors du commun, il participe en 1984 au McDonald’s All American High School Game qui rassemble les meilleurs lycéens US. David partage la vedette avec Charles Smith, futur Knick, et Danny Manning qui sera retenu au 1er rang de la draft 1988. Les meilleurs universités du pays lui font les yeux doux. Brillant élève, il choisit Notre Dame pour la qualité de l’enseignement « et parce qu’à l’époque, 99% des athlètes en sortaient diplôme en poche ». A la tête des Fighting Irish, Rivers devient la mobylette du basket universitaire US. A sa dextérité incroyable, il ajoute une vivacité et un sens de la pénétration rares. Meilleur joueur de l’équipe dès sa première année (15.8 pts, 4.2 pds), il qualifie Notre Dame pour le tournoi final NCAA. Idem dans sa deuxième saison (16.7 pts), en 1985-86. La NBA se rapproche…

Chez les Clippers, c’est chacun pour soi
Tout va pour le mieux jusqu’au 26 août 1986. Dans un terrible accident de la circulation, David passe à travers le pare-brise de son van. Eventré, les muscles abdominaux en charpie, il entend les médecins s’interroger quant à ses chances de survie. Et tirer un trait sur sa carrière de basketteur. « Je savais que si je survivais, rejouer serait la partie la plus facile de cette mésaventure. » Six semaines d’hôpital et un mois de rééducation plus tard, l’impensable se réalise. David est dans le cinq de départ pour le premier match de la saison ! Ses deux dernières années à Notre Dame ressembleront aux deux premières (15.7 pts et 5.1 pds puis 22 pts et 5.6 pds en 1987-88, comme co-capitaine de l’équipe). Il termine meilleur passeur et 3e meilleur marqueur de l’histoire de la fac (sur 4 ans, cela donne 17.4 pts et 5 pds de moyenne). Il est aujourd’hui classé 2e aux passes, 4e aux points et 2e aux steals.
Le rendez-vous pris 14 ans plus tôt va bien avoir lieu. Diplômé en psychologie, David est retenu par les Lakers en 25e position de la draft 1988. Glorifiant mais problématique pour le n°14. Etre le remplaçant de Magic Johnson est tout sauf une partie de plaisir pour un jeune meneur, aussi talentueux soit-il. Bien sûr, il bénéficie des conseils du meilleur point guard du monde mais il ne passe même pas 10 minutes sur le parquet. Comment apprendre et progresser ? David apprend surtout le banc de touche. Il retient quand même deux ou trois choses utiles. « En arrivant, je pensais avoir affaire à des stars avec tous les côtés négatifs que cela sous-entend. En fait, de Kareem Abdul-Jabbar à Magic en passant par James Worthy, Byron Scott et A.C. Green, tous avaient bien les pieds sur terre. Ils se moquaient des points, des rebonds, des passes, des stats… Une seule chose comptait : la victoire de leur équipe. »
Après une saison rookie passée à côtoyer le rêve (2.9 pts sur 47 matches, à 25 ans), David va fréquenter l’enfer. Dans la même Cité des anges. Il est laissé à la disposition des Timberwolves qui viennent de voir le jour. Minnesota le retient le 15 juin 1989, dans le cadre de l’expansion draft, mais le coupe le 2 novembre suivant. Le meneur sophomore est engagé 12 jours plus tard par les Clippers en tant que free-agent. David espère voir son temps de jeu augmenter et mettre en pratique les leçons apprises aux côtés de Magic. Mais l’ambiance est totalement différente. « C’était chacun pour soi. »

« Jouer en France, le plus gros sacrifice de ma vie »
L’équipe de Don Casey se traîne dans la division Pacific (30-52), devant une audience hyper confidentielle (le Memorial Sports Arena réalise la 26e et avant-dernière affluence moyenne). Ron Harper (23 pts), limité à 28 matches, laisse Danny Manning et Charles Smith (tiens, tiens) pédaler dans la semoule. David Rivers, n°44 sur le dos, n’atteint pas le quart d’heure de jeu (4.2 pts sur 52 matches). Particulièrement déçu de ne pas avoir pu montrer ses qualités, il part se refaire une santé en CBA, la salle d’attente de la NBA, au sein des Tulsa Fast Breakers. Il transite par les Memphis Rockers (WBL) avant de revenir chez les Clippers en novembre 1991, avec le n°32. Il va désormais sur ses 27 ans.
Le décor n’a guère changé. Mike Schuler a remplacé Don Casey sur le banc mais l’équipe ne décolle toujours pas (31-51 en 1990-91). Les cartes sont redistribuées au sein du trio Danny Manning-Ron Harper-Charles Smith : le champion NCAA avec Kansas est désormais meilleur scoreur (19.3 pts) devant l’ex-arrière-ailier des Cavaliers (18.2). Smith rapporte 14.6 pions par match. L’exercice sera fatal à Mike Schuler (21-24). Mack Calvin assure un court intérim avant que Larry Brown ne prenne les commandes. Ancien coach de Manning chez les Jayhawks, le « Professeur » poste un 23-12 et permet à la deuxième équipe de L.A. de disputer le 1er tour des playoffs (2-3 face au Jazz). Sans David, coupé en janvier précédent… C’est toujours la misère : 15 matches, 30 points en tout. Excédé, il lâcha ce qu’il avait sur le cœur au staff technique. « Je suis quelqu’un d’honnête et je ne supporte pas les injustices. Je leur ai dit ce que je pensais de leur manière de faire, de leurs petites magouilles politiques… C’était fini. »

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David ne rejouera plus jamais en NBA. Son compteur restera bloqué à 114 matches (3.4 pts). Une seule participation aux playoffs, en 1989. Les Lakers furent sweepées en Finales par Detroit. Rivers disputa 6 matches sur la campagne. En 1992, c’est le retour en CBA, aux La Crosse Catbirds. Nous sommes dans l’Etat du Wisconsin. Un peu moins glamour que la Californie. Mais c’est là que l’ex-Clipper décroche le titre (4-3 face aux Rapid City Thrillers en Finales). Il est élu MVP des playoffs et bat tout un tas de records. Ses perfs furent remarquées par les Knicks mais il n’y eut pas de suite. Il vaut mieux passer à autre chose. C’est-à-dire l’Europe.
Antibes lui fait traverser l’Atlantique en 1993. « Ce fut le plus gros sacrifice de ma vie, expliqua David. Ma femme Shannon a dû rester aux Etats-Unis pour poursuivre sa carrière professionnelle. Et comme elle était tout pour moi… J’ai connu des moments vraiment difficiles. C’est pour cela que j’ai l’impression de ne pas avoir montré tout ce dont je suis capable », précise-t-il en cette année 1993-94 où l’OAJLP termine 2e de la saison régulière derrière l’intouchable Limoges. Antibes atteint la finale mais doit s’incliner 2-0 face au CSP.

Micheal Ray Richardson, l’arrivée qui change tout
En 1995, c’est l’apothéose. « J’ai resigné et Shannon sera avec moi. Vous verrez ! », avait prévenu David. Et on a vu : la 1ère place de la saison régulière, un titre de MVP étranger du championnat (plus celui de « Meilleur entraîneur » pour Jacques Monclar) et une victoire 3-1 en finale face à Pau ! Antibes y a mis tout son cœur et la fête fut belle. Au terme d’un suspense d’enfer, l’OAJLP raisonna Pau dans sa salle, dans le Game 4 (81-80). Le basket offensif, spectaculaire mais simple des Azuréens s’est révélé le plus efficace.
Il restait 3 secondes et 5 dizièmes à jouer dans cette ultime manche. 80-79 pour les Béarnais. Possession de balle pour Antibes. 8 000 supporters tassés dans le Palais des Sports hurlent, comme pour briser le mauvais sort qui s’est longtemps acharné sur la tête de leurs protégés. Ces clameurs sont loin d’affoler un papy de 40 ans, en pleine résistance héroïque. Le fessier de Micheal Ray Richardson maintient à distance respectueuse un Freddy Fauthoux accrocheur. « Sugar » maîtrise parfaitement son dribble, en caressant la balle du bout de ses doigts. Il l’envoie finalement flirter avec le filet. Bingo ! L’instinct killer devient instant bonheur pour les Antibois, champions de France 1995. La saison fut longue, forte et éprouvante. Leur joie fait sincèrement plaisir à voir. C’est un véritable bain de jouvence pour ces basketteurs qui avaient pris l’habitude, depuis 4 ans, de regarder le trophée de loin. Comme un trésor inaccessible.

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« C’est mon premier grand trophée. Je l’attendais… Je le voulais vraiment pour montrer que je suis bien le meilleur meneur en France. » David Rivers a laissé sa modestie sur les lames du plancher palois. Mais on le pardonne. A 30 ans, c’est un homme comblé. Le jongleur et virtuose du jeu antibois ne voulait pas rester fanny pour sa deuxième saison française. Angoisse que deux cuisants échecs – élimination en championnat d’Europe des clubs dès le tour préliminaire et blocage en demi-finales de Coupe Korac face à Trévise – n’avaient fait qu’attiser. Ce groupe avait été bâti pour côtoyer le gratin européen. Il se retrouva très vite sur le gril.

Les plagistes d’Antibes vous saluent bien !
Changement de programme. Coach Monclar intègre dans sa bande Willie Redden, pivot US naturalisé champion d’Europe à Limoges, et Micheal Ray Richardson, quadragénaire au pedigree NBA bien fourni (4e choix de la draft 1978, 4 fois All-Star, trois fois meilleur intercepteur NBA et une fois meilleur passeur), globe-trotter invétéré et boute-en-train à l’humour décapant dont la précision dans le moneytime ne faisait pas hurler de rire tout le monde. Pétillant, virevoltant, alerte, le jeu antibois est une parfaite antithèse du stéréotype imposé par le CSP Limoges (discipline, rigueur, défense) pour se faire une place dans le dernier carré européen. Cet OAJLP en quête de crédibilité, avec son image de Club Med pour basketteurs pré-retraités, s’était installé dans la meilleure loge à l’issue de la saison régulière. Une assurance tout risque face à l’incertitude des playoffs. C’était aussi la garantie de décrocher un billet, après barrage, pour l’Euroligue 1996 dont le Final Four, incontournable rendez-vous, doit se tenir à Paris-Bercy. Une autre histoire.
Le carré final des playoffs 1995 réunit des habitués. La bande des 4 fait régner sa loi dans le basket hexagonal. Antibes, Cholet, Limoges, Pau. Les Blancs et Blancs règlent, en deux temps, son compte à l’équipe des Mauges, déjà contente d’être là. Le CSP, orphelin de son artilleur Michael Young, voit la belle face au rival palois lui échapper. Exploit de l’Elan à Beaublanc, là où tous les caïds européens – FC Barcelone, Real Madrid, Istanbul, Olympiacos, Pesaro – avaient échoué. Cet exploit béarnais met fin à trois ans de règle, de domination sans partage, d’irrésistible ascension dans le gotha européen. Une montée en puissance réalisée sans les énormes moyens financiers habituellement nécessaires pour ce type de progression. Depuis 1987, Limoges était toujours présent au rendez-vous. La finale 1995, au meilleur des cinq manches, se jouera sans lui.
Game 1. Espace Piscine. Euphorique après sa perf dans le Limousin et grisé par l’arrivée prochaine d’Antoine Rigaudeau, Pau douche l’OAJLP. Favori du duel mais coincé dans son rôle d’hôte, Antibes craque dès le premier acte (87-91). Gourmands, Ricky Winslow et Conrad McRae transforment la partie en concours de dunks grâce aux rebonds que leur offrent les snipers azuréens, déréglés (9/18 à 3 pts, 18 turnovers). La facilité paloise dans ce Match 1 réveille le cliché des plagistes antibois. Jacques Monclar, tempérament volcanique, pousse une gueulante. David Rivers, plus génial que jamais (28 pts) dans son rôle de capitaine, impose une cadence infernale dans le Game 2. En prolongation, les « Bronzés » se rebiffent (100-96, score final). En prime, un avertissement du très expérimenté Stéphane Ostrowski : « En playoffs, Antibes n’a jamais perdu à l’extérieur. » Monclar, qui vient de rempiler pour trois saisons, veut ajouter autant de titres au palmarès de l’OAJLP. Pour les deux matches suivants, il mixe défense individuelle et défense de zone.

Zen comme un moine bouddhiste
Billy Joe Williams déverrouille la raquette paloise. Laurent Foirest et Jean-Philippe Méthélie s’occupent des opérations spéciales. Arsène Ade-Mensah se charge de troubler la lucidité de Freddy Fauthoux et Bruno Hamm, assaisonneurs de la sauce béarnaise. Cheikhou N’Diaye fait souffler les grands. Les missionnaires sont prêts au sacrifice suprême, encadrés par de véritables légionnaires du parquet. Willie Redden, 2,10 m, triple champion de France et champion d’Europe avec le CSP. Stéphane Ostrowski, le plus capé des Tricolores sur le terrain. David Rivers, magicien en quête de gloire, « zen comme un moine bouddhiste, ancien étudiant de la stricte université américaine de Notre-Dame à qui on prédit une seconde carrière dans l’une des deux nouvelles franchises NBA », écrit « Libération ». C’est-à-dire Toronto et Vancouver, futur Memphis.

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Puis vint l’heure du moneytime dans le Game 4. L’heure où l’argent se transforme en or. Les secondes s’égrènent au ralenti. La résistance des nerfs est testé au maximum. Micheal Ray, amicalement surnommé « Raymond » par ses coéquipiers, s’offre l’ultime tir à 3,5 secondes du gong. Le panier qui tue définitivement Pau. L’éclat des rires antibois et la beauté de la joie azuréenne attisent les applaudissements d’un public pourtant acquis à la cause béarnaise. Heureux OAJLP. Les locataires de l’Espace Piscine peuvent faire couler le champagne à flot.
« J’avais dit à Micheal au temps mort : « Tu prends le tir, tu nous fais gagner. Démerde-toi », raconta Jacques Monclar. Si tu mets un système en place avec des gars comme ça, la défense peut les piéger. Je ne renie pas le basket de Limoges mais je suis content d’être champion avec un style de jeu rarement pratiqué. Nous sommes restés fidèles à nos principes. Ce n’est pas par rapport aux autres que je dis ça mais par rapport à nous. Ma conception du jeu est simple : on a la balle, on attaque le plus vite possible. On est en défense, on va chercher l’adversaire le plus haut possible. Tout dans la simplicité. Avec Rivers en 1 et Richardson en 3, on retrouve un peu ce que le CSP a fait avec Jurij Zdvoc et Michael Young. Il faut, pour cela, un jeu intérieur performant. Ce fut possible avec Redden et Ostrowski, joueurs de calibre international. On a complété avec Jean-Philippe Méthélie et Frédéric Domon. Mon meilleur souvenir de la saison ? La victoire à Limoges de 20 points. On restait sur neuf défaites consécutives contre eux. Ç’a décomplexé les joueurs et le club tout entier. Finalement, même si cette image de plagistes a profondément gonflé les joueurs, elle a fait du bien à tout le groupe. »

La consécration internationale en Grèce
David Rivers est donc champion de France. Et on n’a pas encore vu le meilleur. Attiré par les sirènes grecques, il pose ses valises au Pirée la même année, après avoir disputé un match pour l’OAJLP en 1995-96. Il ne voulait pas entendre parler de cette destination mais admit que l’offre « était difficile à refuser ». Et Antibes ne pouvait pas s’aligner. Placé entre les mains du coach serbe Dusan Ivkovic, l’Olympiacos s’offrira le titre 1996. Un an plus tard, l’équipe réalise le triplé impossible : championnat, Coupe de Grèce et Euroligue, une épreuve qu’elle n’avait jamais remportée. A Rome, l’Olympiacos domine l’Olimpija Ljubljana d’Ariel McDonald (74-65) en demi-finales avant de scalper le FC Barcelone de Sasha Djordjevic (73-58). Rivers signe 28 puis 26 points, assortis de 6 rebonds, 3 passes et 3 steals. Il est élu MVP. Ses 54 pions représentent l’un des plus gros totaux du Final Four. David se sentait extrêmement détendu et calme en ralliant la Ville éternelle. Le plus dur était fait. Il sentait que rien ne pourrait plus l’arrêter. Il n’y avait « plus qu’à ».

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« Je suis heureux d’être allé en Grèce, explique celui qui fut également désigné MVP du championnat hellène et MVP de la finale de la Coupe cette saison-là. Ce que j’y ai vécu n’a rien à voir avec toutes les histoires qu’on m’avait racontées. On avait été mis K.-O. (ndlr : en Euroligue) la saison précédente, alors les médias nous avaient foutu une pression maximale. Mais j’ai continué de répéter à tout le monde ce que je ressentais au plus profond de moi : nous allions l’emporter. Pour moi, le plus dur fut d’atteindre ce Final Four. Une fois ce stade atteint, je me suis senti très calme, à l’aise. Je savais que le plus dur était fait. Je ne pensais pas que la victoire finale poserait problème. Très franchement, je n’ai pas gardé beaucoup de souvenirs marquants de cette soirée. On a réalisé un bon match, on s’est imposé, on a soulevé le trophée le plus convoité dans une compétition de clubs internationale. Je me souviens avoir regardé vers le banc et avoir vu le coach, Dusan Ivkovic, sans la moindre expression sur le visage. Lui, les assistants coaches et les remplaçants, c’est comme s’ils étaient eux-mêmes sur le parquet. C’était magnifique. »
Au lendemain du triplé historique, ce meneur à l’ancienne, magicien des parquets et playmaker dans l’âme, avec une conduite de balle d’école et un dribble étourdissant, plia à nouveau bagage, direction l’Italie. On le retrouve au Teamsystem Bologne aux côtés de Dominique Wilkins et Carlton Myers. A 33 ans, Rivers termine 3e meilleur marqueur de l’effectif (14.3 pts). L’équipe de Petar Skansi perd la finale de Lega (3-2) ou plutôt le derby explosif contre le Kinder Bologne d’Antoine Rigaudeau et Sasha Danilovic, encombrant voisin. L’année suivante, le Teamsystem atteint le Final Four de l’Euroligue à Munich et perd à nouveau le derby en demi-finales (62-57). Mais sans David, expatrié en Turquie, à Tofas, où il étoffe son palmarès.
En 2000, à 35 ans, Rivers s’offrit une tournée d’adieux au Pirée. On le revit également à Antibes, en compagnie de Stéphane Ostrowski. C’était en 2003-04, en Pro B. Par la suite, il devint entrepreneur.

Christophe DEROLLEZ / MONDIAL BASKET (avec Constant NEMALE)

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