Étranger

David De Gea, surdoué… et myope

Le successeur annoncé d’Iker Casillas au sein de la Roja, passé de l’Atletico Madrid à Manchester United l’été dernier, a connu une ascension supersonique malgré des problèmes de vue. Tentons d’y voir plus clair…

Il y a encore deux ans, son nom était totalement inconnu du grand public. Seuls les gens s’intéressant aux sélections de jeunes espagnoles – qu’il a fréquentées depuis les moins de 16 ans – ou les aficionados de la cantera (centre de formation) de l’Atletico Madrid connaissaient David de Gea, recruté par Manchester United l’été dernier. Il y a deux ans, il constituait le troisième choix dans la hiérarchie des portiers du club. C’était clair, net et précis. Number one : le grand espoir Sergio Asenjo, recruté pour 5 millions d’euros au Real Valladolid. Suivi par Roberto, dans le rôle de la doublure, et donc De Gea en trois. Le gardien titulaire de l’équipe… B des Colchoneros. Soit la réserve de la réserve. Pour bouleverser cet ordre bien établi, il fallait bien quelques concours de circonstance.
Le 30 septembre 2009, l’Atletico se déplace à Porto dans le cadre de la Ligue des champions. Asenjo, parti disputer le Mondial des moins de 20 ans en Egypte avec la Seleccion, Roberto enfile logiquement les gants dans l’antre du Dragao tandis que David s’assoit sur le banc. Pas pour longtemps puisque le n°2 devenu n°1 par intérim doit rapidement céder sa place sur blessure. Et voilà comment un môme – pas encore 19 ans – se retrouve tout à coup, dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, sous les coups de feu nourris du Dragon. Même pas peur. Même pas impressionné. Si le néophyte ne peut empêcher la défaite, il dégage une incroyable sérénité, rassure par son placement et la sûreté de ses prises de balle et intervient avec à-propos sur quelques actions brûlantes. On appelle ça un baptême du feu réussi.
La semaine suivante, le Castillan profite d’un match de Liga à Saragosse pour marquer un peu mieux encore son territoire. Il est décisif en stoppant un penalty qui met son équipe sur orbite (victoire 2-1) et commence, mine de rien, à redessiner les contours de la hiérarchie. Roberto, prêté lors du mercato d’hiver, sera le premier à lâcher. Avant qu’Asenjo, fébrile depuis son retour de la campagne d’Egypte, ne lui abandonne, faute d’être convaincant, le leadership.

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En à peine six mois, De Gea, arrivé au club à 13 ans, a tout chamboulé, obligeant Quique Sanchez Flores à complètement revoir sa stratégie à un poste où les entraîneurs aiment s’appuyer sur un minimum de certitudes. Il ne l’a pas regretté. Le gardien novice, flamboyant dans la deuxième partie de saison, fut un élément déterminant, côté « Matelassiers », dans la conquête de la Ligue Europa (2-1 face à Fulham en finale après avoir sorti Valence et Liverpool). Quelques mois plus tard, en détournant le penalty de Diego Milito en Supercoupe d’Europe, il permit aux Madrilènes d’ajouter un nouveau trophée dans leur vitrine (succès 2-0 contre l’Inter). Enorme, comme toujours depuis sa prise de pouvoir.
L’inconnu devint ainsi, pour les aficionados, « Rey David » (le Roi David) ou « Van de Gea », du fait de son incroyable ressemblance avec Erwin Van der Sar, dont on dirait le clone avec 20 ans de moins. Ses adversaires, notamment les attaquants les plus prestigieux, louent ses qualités. « Il est spectaculaire, lâche Cristiano Ronaldo. On dirait une saucisse mais il s’agit d’un très grand gardien, vraiment impressionnant. Derrière Iker, il fait partie des tout meilleurs. »
Iker, c’est bien sûr Casillas, indéboulonnable n°1 de la Roja sur les traces duquel marche De Gea, présenté comme son successeur à plus ou moins long terme (le titulaire n’a que 30 ans) en équipe nationale. Vicente Del Bosque l’avait retenu dans sa liste des 30 pour la Coupe du monde 2010. Si le portier de l’Atletico n’a finalement pas pris l’avion pour l’Afrique du Sud et s’il est sagement retourné chez les Espoirs, le sélectionneur ibérique se voulait protecteur et bienvaillant. « C’est un top gardien, déjà très grand, avec un avenir encore plus grand devant lui. »
L’intéressé n’hésitait pas à annoncer la couleur : « Je ferai tout pour participer au prochain Mondial ». Il clamait aussi son amour pour l’Atletico, malgré la cour empressée que lui faisait Manchester United, à la recherche d’un successeur à Van der Sar. « C’est flatteur qu’un club aussi prestigieux s’intéresse à moi. Mais ici, on m’a tout donné. Je m’y sens bien. Pourquoi aller voir ailleurs quand tu es à l’aise quelque part ? J’ai la vie devant moi. »
Longtemps, son discours ne variera pas d’un iota. Pas question d’évoquer son avenir avec la fin du championnat d’Europe des U21. Dans les jours suivant le succès de l’Espagne, David est à Manchester pour passer la visite médicale et parapher son contrat… Son amour pour l’Atletico n’était pas feint. Mais difficile de dire non aux « Red Devils », l’une des trois meilleures équipes du continent avec le Barça et le Real.
Heureux sur le terrain, le roi David l’est aussi dans la vie. Depuis l’hiver dernier, il roucoule avec la très sexy Edurne, une ancienne candidate de « Operacion Triunfo », la Star Ac’ version espagnole. Oui, tout roule pour lui. A un petit détail près, un peu embêtant pour un gardien. Le keeper madrilène est… myope. Après avoir évolué avec des verres de contact, il s’était décidé à subir une opération au laser pour définitivement régler le problème. Et continuer à nous en mettre plein la vue !

David De Gea en short
■ Né le 7 novembre 1990 à Madrid (Espagne)
■ 1,92 m, 82 kg
■ Gardien de but
■ Roadbook : Atletico Madrid (formé au club), Manchester UTD (2011-)
■ International Espoirs (Espagne)
■ Palmarès
• Community Shield 2011
• Supercoupe d’Europe 2010
• Ligue Europa 2010
• Euro 2011 des moins de 21 ans
• Euro 2007 des moins de 17 ans

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