Étranger

Dario Cvitanich, very Nice

Arrivé l’été dernier avec un statut de deuxième couteau, l’attaquant argentin de l’OGCN a tout balayé sur son passage (22 buts en 32 matches). Retour sur la story la plus inattendue du championnat.

Bon, soyons honnêtes : quand Dario Cvitanich a débarqué sur la Côte d’Azur l’été dernier, la nouvelle n’avait pas créé de tsunami sur les bords de la Méditerranée ni ému plus que ça la planète foot. Il faut dire que l’Argentin – il doit son nom à un arrière-grand-père croate – avait déjà 28 ans et pas forcément un CV à tomber par terre. Formé au Club Atletico Banfield, dans la banlieue de Buenos Aires, Dario traverse une première fois l’Atlantique en 2008 pour signer à l’Ajax Amsterdam où il ne parvient pas vraiment à s’imposer. Le petit (1,74 m) attaquant est alors prêté aux Mexicains de Pachuca pour se refaire une santé autant morale que physique.
De retour aux Pays-Bas, Cvitanich ne connaît pas davantage la réussite. Nouveau prêt à Boca Juniors et sa célèbre Bombonera. Il remporte le championnat d’ouverture argentin. Nouveau come-back à l’Ajax qui ne sera qu’un transit. Pour 400 000 euros, il est transféré à l’OGCN en juillet 2012. On ne peut pas dire que l’info fait le buzz sur le moment. Le président Jean-Pierre Rivère paraît pourtant sûr de son coup. « Cela faisait plus d’un an qu’on le suivait. Nous avons été très vigilants dans notre recrutement, on a regardé autant la tête que les pieds. On voulait s’assurer qu’il entrait dans notre projet et le style de jeu qu’on souhaitait mettre en place. Claude Puel a validé notre choix après s’être renseigné auprès d’une de ses connaissances en Argentine. »
Ses début en Ligue 1 ? Cvitanich doit d’abord patienter. Il faut attendre l’officialisation du transfert de Fabian Monzon à Lyon qui libère une place d’extra-communautaire. Le 2 septembre, il effectue ses premiers pas en championnat à Bordeaux. Et se fait surtout remarquer en obtenant l’expulsion du défenseur girondin Ludovic Sané. Trois semaines plus tard, bis repetita à Lorient. Cette fois, il s’accroche avec Grégory Bourillon qui prend un rouge. A peine arrivé et voilà qu’on commence à lui coller une étiquette d’embrouilleur en chef. Ça démarre fort ! Ça pourrait vite sentir le roussi et le gros fiasco (enfin, pas si gros que ça vu le prix). Et là, miracle, le bonhomme réussit un doublé en Coupe de la Ligue face à Brest (4-2). C’est le déclic.

Meilleur buteur argentin d’Europe derrière Messi !
Dans la foulée, Dario plante son premier pion en Ligue 1 contre Bastia. Il n’a pas arrêté d’enchaîner depuis (à l’arrivée, 19 buts en 29 matches de Ligue 1, dont 5 penalties). Finissant dauphin de Zlatan Ibrahimovic au royaume des goleadors, ex aequo avec le Stéphanois Pierre-Emerick Aubameyang. Des stats ? Quand il cadrait une frappe, elle avait plus de 70% de chances de faire mouche ! « Dès qu’il tire, il plante, se marrait son partenaire Renato Civelli qui l’avait côtoyé à Banfield de 2003 à 2006. Ce n’est pas un phénomène mais il est doué avec le ballon. Il sait le garder et le rendre proprement. Il ne s’agit pas uniquement d’un buteur, il travaille beaucoup pour le collectif. »
Vrai. Un sacré bosseur qui attaque, défend, pèse, harcèle l’adversaire avec cette grinta toute sud-américaine. Sans jamais avoir peur d’aller au duel. « On peut dire qu’il s’agit d’un attaquant atypique, résume son coach, Claude Puel. ll est petit, pas trop rapide mais généreux et disponible. C’est un joueur de ballon qui sent le foot. » Et visiblement un mec bien qui a vite mis tout le monde dans sa poche au Gym. Valentin Eysseric, arrivé en même temps au club, témoignait : « Il est simple, discret, sociable, c’est vraiment un bon gars. Question jeu, il a une protection de balle tout simplement exceptionnelle et un sang-froid incroyable dans la surface. »
Dario Cvitanich se retrouvait meilleur buteur argentin d’Europe derrière Lionel Messi ! Celui que les fans du Ray ont rebaptisé « Super Dario » se sent comme un poisson dans l’eau dans son nouvel environnement. « Avant, je jouais plutôt deuxième attaquant. Ici, c’est moi le 9 et j’aime cette responsabilité, surtout qu’il y a des joueurs de qualité pour me donner de bons ballons. Et puis l’ambiance au stade est fantastique, la ferveur exceptionnelle. Quand j’entre sur le terrain et que je vois l’enthousiasme des supporters, je me dis qu’on n’a pas le droit de perdre. Ça me rappelle l’atmosphère des stades en Argentine. »
Comme un poisson dans l’eau, on vous disait. La seule différence : la Méditerranée a remplacé l’Atlantique dans le décor.

Big bisous
Ils nous ont fait la même qu’Iker Casillas et Sara Carbonero à la Coupe du monde 2010. Après la victoire de Boca Juniors lors du tournoi d’ouverture argentin 2011, Cecilia Bonelli, mannequin devenue journaliste sportive à la télé, va interviewer son chéri de Dario. Tout ça se termine par un baiser en direct devant les caméras. La scène a fait un carton en Argentine. Et l’affaire ne s’est pas arrêtée là puisque les tourtereaux attendaient un heureux événement…

Le transfert offensif le plus rentable d’Europe
Avec une moyenne de 0,65 but par match pour un transfert d’environ 400 000 euros, Dario était la recrue offensive la plus rentable d’Europe cette saison. Il devance Aritz Aduriz, revenu dans son club formateur de l’Athletic Bilbao, et Michu, passé du Rayo Vallecano à Swansea avec la réussite que l’on sait. Bon, OK, Robin Van Persie et Zlatan Ibrahimovic ont marqué un peu plus que Cvitanich mais ils ont aussi coûté beaucoup plus cher. Au rapport buts/prix, c’était bien le Niçois le meilleur.

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Profil
■ Né le 16 mai 1984 à Baradero (Argentine)
■ 1,74 m, 72 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Banfield (ARG, 2003-2008), Ajax Amsterdam (P.-B., 2008-déc. 2009), Pachuca (MEX, jan. 2010-juin 2010), Ajax Amsterdam (P.-B., juil. 2010-déc. 2010), Boca Juniors (ARG, jan. 2011-2012), Nice (depuis 2012)
■ Palmarès :
• Vainqueur du championnat d’ouverture argentin 2011 avec Boca Juniors
• Champion des Pays-Bas 2011 avec l’Ajax Amsterdam
• Vainqueur de la Ligue des champions de la CONCACAF 2010 avec Pachuca

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