Étranger

Dans les pas de l’Atletico Madrid

A Madrid, il n’y a pas que le Real. Surtout cette saison puisque l’Atletico et son matador Falcao ont pris la roue du Barça. Gros plan sur l’autre ogre de la capitale espagnole.

Avec 15 victoires, 2 nuls et 4 défaites, les hommes de Diego Simeone sont solidement accrochés à la 2e place du championnat espagnol. Le Barça s’est envolé (58 points contre 47 pour l’Atletico Madrid) mais les Matelassiers – leur surnom – ont pris rendez-vous avec la Ligue des champions.

L’impact de Diego Simeone
Leader charismatique de l’Atletico de 1994 à 97, l’Argentin Diego Simeone était revenu y finir sa carrière de joueur de 2003 à 2005. L’ancien milieu de terrain de l’Albiceleste est réapparu en décembre 2011, cette fois en tant que coach. Il est sous contrat jusqu’en 2014 et ses dirigeants font des pieds et des mains pour qu’il prolonge son bail. On les comprend. L’ancien aboyeur argentin, vu sur le banc d’Estudiantes et sur celui de River Plate, présente, en Espagne, un bilan qui peut rendre jaloux : 44 victoires, 11 nuls, 11 défaites.
En responsabilisant ses troupes au maximum et en cherchant à faire briller la pépite Falcao, Simeone a bâti une équipe à l’image du joueur qu’il était. Dure au mal, pragmatique, avec un zeste de supplément d’âme et une obsession : l’efficacité. Vicente Calderon, où personne ne l’avait vraiment oublié, est un peu devenu San Diego. Le début de la saison 2012-13 a tourné à la démonstration. Un nul sur la pelouse de Levante (1-1), en lever de rideau, puis ce fut le parcours idéal. Sept victoires consécutives. Forcément, ils n’étaient pas nombreux à pouvoir suivre.
Le Barça fut le seul à soutenir la comparaison. Il a, depuis, pris le large. Le Real de José Mourinho et Cristiano Ronaldo, le frère ennemi, le riche de la Castillana, a laissé des plumes et se traîne actuellement à la 3e place, à 4 points de l’Atletico (43 contre 47).

Vicente Calderon, citadelle imprenable
Les Colchoneros ne font pas dans la dentelle. Ils sont les seuls, en Espagne, à avoir fait le carton plein chez eux (11 matches, 11 victoires). Faut pas les déranger dans leur antre de Vicente Calderon, là où les Bleus sont allés cueillir la Roja dans une ambiance certes assez chaude mais loin, finalement, de la furia redoutée. Excepté à deux reprises. La première à la 50e minute du match quand Arbeloa, blessé, fit signe à son banc pour indiquer qu’il ne pouvait plus continuer. Vicente Calderon a tout de suite compris. Il a vrombi. Juanfran, seul représentant de l’Atletico sélectionné par Vicente del Bosque, allait faire son entrée. Ç’a fait du bruit.
Mais rien à voir avec l’ébullition de la 76e minute. Elle a rappelé à chaque personne physique présente dans le stade qu’un supplément d’âme ne s’achète pas. Quand Fernando Torres, un ancien de la maison, est entré en jeu à la place d’Andres Iniesta, la bouilloire a tremblé. Un aperçu de la fièvre qui embrase les lieux quand les Rouges et Blancs sont dans la place. Là, ça chauffe. La deux fois deux voies, sorte de périph’ intra-muros qui chemine sous la tribune latérale, est vraiment fermée. On ne rigole pas.
L’Atletico à domicile, c’est la victoire assurée, au tableau d’affichage comme autour. La cathédrale de Calderon est un vrai stade à l’espagnole, à ciel ouvert mais bouillant. Les tribunes, très proches des lignes de touche, peuvent vite devenir oppressantes pour l’adversaire. Et cette saison, les Matelassiers ont décidé d’oppresser. Trente-trois points pris sur trente-trois possibles. Un rythme parfait qu’ils étaient, après 21 journées, les seuls à tenir. Même le Barça a perdu deux points dans son Camp Nou.

Falcao, l’arme fatale
Transféré de Porto à l’Atletico, en 2011, pour 40 millions d’euros, Falcao était il y a encore peu le transfert le plus cher de l’histoire du football portugais (il a été dépassé par Hulk, cédé au Zénith Saint-Pétersbourg contre 60 millions d’euros l’été dernier). Le Colombien devait compenser le départ de Kun Agüero à Manchester City. Mission accomplie : il est très vite devenu le chouchou de Calderon en même temps que la nouvelle machine à marquer des Matelassiers. Première saison : 36 buts en 52 matches, dont 24 en 34 rencontres de championnat et 12 en 15 rencontres de Ligue Europa.
Falcao a continué sur sa lancée depuis le début de la saison en cours (18 pions en 18 matches de Liga). Il en est à 58 buts en 71 apparitions, avec notamment son fameux triplé en Supercoupe d’Europe face à Chelsea. Falcao ? Une machine à frapper, à cadrer, à marquer. Il serait l’une des priorités de recrutement du Bayern Munich après l’engagement de Pep Guardiola comme coach pour la saison prochaine.

L’Atletico Madrid en short
■ Fondé en 1903
Président : Enrique Cerezo Torres
Entraîneur : Diego Simeone (ARG)
Couleurs : maillot rayé rouge et blanc, short bleu, bas rouges
Siège : Paseo Virgen del Puerto 67, 28005 Madrid
Stade : Vicente Calderon (même adresse que le siège, 54 851 places)
Site Internet : www.clubatleticomadrid.com
■ Palmarès
1 Coupe Intercontinentale (1974)
2 Supercoupes d’Europe (2010, 12)
1 Coupe des vainqueurs de Coupe (1962)
2 Coupes de l’UEFA / Ligue Europa (2010, 12)
9 championnats d’Espagne (1940, 41, 50, 51, 66, 70, 73, 77, 96)
9 Coupes du Roi (1960, 61, 65, 72, 76, 85, 91, 92, 96)
2 Supercoupes d’Espagne (1951, 85)
48 639 socios

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