Cyclisme

Cyclisme : un siècle de passion, d’émotions et de drames (30)

L’histoire du cyclisme a débuté au XIXe siècle. Les révolutions technologiques coïncident avec la création des premières épreuves. A Saint-Cloud, le 31 mai 1868, l’histoire est en marche. L’année suivante, le 7 novembre, les coureurs vont de Paris à Rouen. Le Britannique James Moore restera comme le premier vainqueur de l’histoire. Cette période voit naître Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris, Paris-Nantes, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, sans oublier les premières épreuves sur piste. Le premier Tour de France n’est pas loin. Le premier Tour d’Italie suivra de près. Voici l’histoire de plus de 100 ans d’émotions, d’amours et de drames.

Les lieux mythiques qui ont fait les champions

Bernard Hinault qualifiait le Koppenberg de « vrai cirque ». Il hurlait de la même manière sur Paris-Roubaix et l’enfer du Nord en disant que « (c’était) une connerie » ! Ces lieux et ces courses ont façonné les hommes sur des pentes ou des boyaux de route qui ont toute leur singularité. Plus fort que les Grands Tours, ces lieux collés à une classique ont mis en scène les meilleurs. Comme Roger De Vlaeminck dans la fameuse tranchée d’Arenberg ou Francesco Moser à l’attaque du Poggio, pour terminer seul sur la Via Roma à Milan en 1984. Lieux mythiques qui reviennent, au fil des saisons, comme le refrain d’une chanson. L’Alpe-d’Huez est un spot rare qui entre dans la catégorie, alors que son image est collée à celle du Tour de France. L’Alpe est surtout festive, avec le clan des Néerlandais. Ses 21 virages ont marqué un tournant dans l’histoire du Tour, à tel point qu’une édition sans L’Alpe-d’Huez n’a pas la même saveur.
Le mythe de l’Angliru, situé dans la Sierra Del Aramo au cœur des Asturies, a le même profil sur la Vuelta. A la base, un chemin de muletier qui révéla José Maria Jimenez sur le Tour d’Espagne 1999 avant que Gilberto Simoni ne le dompte l’année suivante et que Roberto Heras et Alberto Contador n’en sortent vainqueurs en 2002 et 2008. L’histoire reste un peu courte par rapport à des hauts lieux comme le Stelvio, en Italie, pour le Giro ou la côte de la Redoute en Belgique. Sans parler du Bosberg, la Côte de Saint-Nicolas ou la côte d’Alsemberg au menu d’une semi-classique, la Flèche Brabançonne. Les supporteurs en Belgique n’ont aucune peine à trouver, chez eux, une dizaine de lieux qui font l’histoire de ce sport. Des lieux cultes qui font la renommée de ses classiques à travers Flandres et Wallonie.

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La tranchée d’Arenberg
2,4 km de traversée au cœur des forêts de Raismes-Saint-Amand-Wallers pour ce qui est un grand spectacle depuis 1968. Jean Stablinski et Edouard Delberghe avaint découvert cet enfer de Paris-Roubaix. Dangereux mais les fans en sont friands, même si la Drève des Boules d’Hénin (de son vrai nom) a disparu du trajet entre 1974 et 83. En 1972, une cinquantaine de coureurs sont projetés au sol dans cette trouée alors qu’Eddy Merckx y heurte un chêne ! En 1998, Johan Museeuw faillit y laisser une jambe après une chute mal soignée. La gangrène s’était propagée jusqu’au genou. En 1998, le Lion des Flandres s’imposa de nouveau, trois ans après son sacre de 1995.

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Le Mur de Grammont
On l’appelle aussi le mur de la Chapelle car on y trouve un lieu saint au sommet de la colline. Le Mur est utilisé à toutes les sauces des courses en Belgique. Son apothéose tient du Tour des Flandres car il est assez proche de l’arrivée à Meerbeke. La pente atteint jusqu’à 20%, des talus immenses bordent son passage sur 1 km de long.

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Le Stelvio
Plus haut col de montagne d’Italie, le Passo dello Stelvio (2758 m) ne fait pas que célébrer la mémoire de Fausto Coppi. C’est un haut lieu du Giro. Dans les Dolomites, on y a vu de belles bagarres comme celle du duo Bernard Hinault-Jean-René Bernaudeau (1980), à la conquête du maillot rose, ou les duels Francesco Moser-Giuseppe Saronni.

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La côte de la Redoute
On la retrouve sur le parcours de Liège-Bastogne-Liège où elle permet aux meilleurs de faire la décision. Sur 2,3 km d’ascension, les costauds peuvent partir, comme Frank Vandenbroucke en 1999. Philippe Gilbert la connaît par cœur mais il n’a toujours pas gagné à Ans. En 1985, il y eut un embouteillage de motos, alors que les caïds allaient passer à l’attaque. Phil Anderson se retrouva au sol comme Sean Kelly, ce qui profita à l’Italien Moreno Argentin. Il s’en alla avec Claude Criquielion et Stephen Roche. Kelly, Phil Anderson et Laurent Fignon durent chasser pour mourir à 200 m des échappés.

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Le Koppenberg
Un des joyaux de la couronne du Tour des Flandres. Il fut retiré de l’épreuve en 1988 : le Danois Jesper Skibby, tombé au sol et incapable de se dégager de ses cale-pieds, faillit être broyé par les voitures des commissaires de course. Après avoir été bitumé, le Koppenberg fut de nouveau admis sur le parcours en 2002. Ce boyau pavé de 400 m se situe à la sortie de Melden. Lors de son apparition sur le Ronde en 1976, Eddy Merckx dut mettre pied à terre pour le passer. On doit rappeler que Freddy Maertens fut disqualifié pour avoir changé de vélo en dehors de la zone autorisée sur ce Koppenberg.

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Le Poggio
Le Poggio est apparu sur Milan-San Remo en 1960. Il ne constitue pas une difficulté insurmontable pour les coureurs (3,7 km à 3,7%) mais c’est quelque chose de particulier sur la Primavera, première classique de la saison. Surtout, il intervient après 300 km de course et par le passé, c’était un sacré casse-tête pour des coureurs qui n’avaient repris que depuis un mois. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec le World Tour qui les oblige à reprendre dès le mois de janvier. Le Poggio a souvent été un juge de paix avant la plongée sur San Remo et l’arrivée sur la Via Roma au Lungomare. Il se montre rapidement, pour faire l’écrémage derrière et permettre aux plus costauds de faire la descente en tête. Un endroit stratégique de la Primavera.

L’Alpe-d’Huez
En 1997, Marco Pantani monta l’Alpe en 37’35’’ (photo de Une) ! Un record. L’Alpe fut escaladée sur le Tour pour la première fois en 1952 avec un gregario de Fausto Coppi, Andrea Carrea, porteur du maillot jaune qui pleurait car il aurait préféré que son leader endosse la tunique ! Festive, la montée de L’Alpe est un spectacle tout au long de ses 21 virages. En 1984, le Colombien Luis Herrera remporta la première victoire pour son pays sur le Tour au sommet de L’Alpe-d’Huez. Depuis 1986, on conserve aussi l’image de Bernard Hinault et Greg LeMond qui finissent main dans la main l’étape du jour, après une superbe journée au départ de Briançon.

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Le Cauberg
Voici une côte extrêmement difficile. Elle figurait sur le parcours des championnats du monde sur route en 1938, 48, 79 et 98, avec la victoire du Suisse Oscar Camenzind. C’est évidemment sur l’Amstel Gold Race que le Cauberg a fait sa réputation. La classique hollandaise n’a pas la réputation des autres grandes classiques du calendrier car elle n’a pas autant d’histoires (elle est née en 1966). Mais l’arrivée sur le Cauberg depuis 2003 lui a donné un nouvel essor.

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Le Mur de Huy
On l’appelle le chemin des Chapelles sur 1,3 km d’ascension. On assiste à des défaillances terribles, que l’un des virages offrant un pourcentage de 26 % ! La Flèche Wallonne n’a pas le prestige d’un Liège-Bastogne-Liège. Aussi, le Mur de Huy, qui sanctionne pourtant une arrivée sublime, descend d’un cran dans la hiérarchie des lieux mythiques. Aussi difficile soit-il.

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