Cyclisme

Cyclisme : un siècle de passion, d’émotions et de drames (15)

L’histoire du cyclisme a débuté au XIXe siècle. Les révolutions technologiques coïncident avec la création des premières épreuves. A Saint-Cloud, le 31 mai 1868, l’histoire est en marche. L’année suivante, le 7 novembre, les coureurs vont de Paris à Rouen. Le Britannique James Moore restera comme le premier vainqueur de l’histoire. Cette période voit naître Bordeaux-Paris, Paris-Brest-Paris, Paris-Nantes, Milan-Turin, Liège-Bastogne-Liège, sans oublier les premières épreuves sur piste. Le premier Tour de France n’est pas loin. Le premier Tour d’Italie suivra de près. Voici l’histoire de plus de 100 ans d’émotions, d’amours et de drames.

1959-66, ANQUETIL ET L’ERE MODERNE

Un événement : Eddy Merckx champion du monde… amateurs
Ce 5 septembre 1964 à Sallanches, lieu du championnat du monde amateur, un jeune espoir belge de 19 ans du nom d’Eddy Merckx s’aligne au départ. Il n’apparaît pas forcément comme le favori de l’épreuve. Les spécialistes miseraient plutôt sur le très fin Italien Felice Gimondi, voire sur le formidable descendeur français Lucien Aimar. Quelques semaines plus tôt, ils ont terminé respectivement 1er et 2e du Tour de l’Avenir. Gare tout de même à ce Bruxellois qui a déjà semé quelques cailloux dans son plat pays et récolté de jolis succès, dont le titre de champion de Belgique des débutants à 17 ans. C’est que le môme a du style. Et du caractère aussi. Il va le montrer sur ce parcours piégeux. Constamment aux avant-postes, à l’affût de la moindre échappée, il réussit à accrocher le bon wagon dans l’envolée décisive. Celui qui n’est pas encore « le Cannibale » remonte un à un ses adversaires avant de les submerger et de partir vers le plus grand succès de sa carrière chez les amateurs, qui s’achève. Trois ans plus tard aux Pays-Bas, il deviendra champion du monde, chez les pros cette fois. Le début d’un règne sans partage.

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Un drame : La dernière échappée du Campionissimo
Il restera pour toujours le « Campionissimo ». Le premier à réaliser le doublé Giro-Tour en 1949 puis en 52. L’homme du record de l’heure en 1942 (il tiendra 14 ans). Le multiple vainqueur du Tour de Lombardie, de Milan-San Remo et de tant d’autres courses. En décembre 1959, à plus de 39 ans, Fausto Coppi devine l’inexorable fin de sa carrière. Il veut faire encore quelques piges. Quand son grand ami Raphaël Géminiani lui propose de remplacer Louison Bobet, forfait, lors d’une exhibition en Haute-Volta (devenue le Burkina Faso) à l’occasion du premier anniversaire de l’autonomie du pays, l’Italien n’hésite pas. Il prend part au rendez-vous. Les retours – en France pour Gem’ et en Italie pour Coppi – sont agités. Les deux hommes sont pris de tremblements et de fortes fièvres. Les médecins découvrent que le « Grand fusil », hospitalisé à Clermont-Ferrand, est victime de la malaria. Ils lui sauvent la vie avec de fortes injections de quinine. Sa carrière de coureur est terminée, celle de directeur sportif va commencer. De l’autre côté des Alpes, on patauge. Finalement, le 2 janvier 1960 au matin, le grand Fausto s’éteint. Il aura droit à des obsèques nationales, entouré de ses coéquipiers italiens, en présence des plus grands champions français. Son frère Serse décéda des suites d’une chute à l’arrivée du Tour du Piémont 1951. Moins de dix ans après, les deux frangins sont réunis dans l’au-delà.

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Une image : Un sacré triplé amateurs
Il s’agit d’un jour béni des dieux. Aux championnats du monde amateurs sur route, début septembre 1961 à Berne (Suisse), nos représentants réalisent un incroyable exploit. Echappés à moins de cinquante bornes de l’arrivée, ils sont trois en tête de la course. Et ne seront jamais rejoints. C’est au sprint que se réglera cette affaire franco-française. Le jeune Briochin Jean Jourden, 19 ans, formé en Normandie, à Sotteville-lès-Rouen, s’impose devant Henri Belena, né à Madrid et naturalisé un an plus tôt, et le Nordiste Jacques Gestraud. Un triple cocorico retentit dans le ciel d’Helvétie. Raymond Poulidor, médaillé de bronze de la course en ligne professionnelle, vient compléter cette moisson exceptionnelle.

A retenir…
– Il n’est jamais trop tard ! Quintuple vainqueur du Tour, également victorieux au Giro et à la Vuelta, invaincu en neuf participations au GP des Nations, Jacques Anquetil comble une lacune ce 2 mai 1966 en s’imposant dans une grande classique, Liège-Bastogne-Liège, qu’il remporte en solitaire.
– Bien joué ! Le 14 juillet 1966, après trois semaines de course, Lucien Aimar profite de la guerre des chefs pour remporter le Tour avec l’aide de son leader, Jacques Anquetil, transformé pour l’occasion en équipier modèle.

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