Équipe de France

Croatie : Techniquement vôtre (1)

Une fois encore, les « Brésiliens de l’Est » seront redoutables et redoutés à l’Euro, emmenés par un Luka Modric toujours aussi précieux.

Il était arrivé en octobre 2013, dans une sorte de rôle de pompier, plus fédérateur que de service. Les Croates devaient préparer leur barrage pour la Coupe du monde contre l’Islande et Igor Stimac, alors au poste de sélectionneur, cristallisait les rancœurs. Il a plutôt bien géré l’histoire, emmenant les hommes au damier au Brésil puis réussissant un parcours qualificatif plutôt honorable sur le chemin de l’Euro.
Et puis patatras… Deux contre-performances faisant tache (0-0 en Azerbaïdjan, défaite en Norvège) ont plombé l’histoire, reléguant la Croatie à la 3e place du classement. C’en était trop pour Davor Suker, le président de la Fédération, et les Croates ont une nouvelle fois changé de coach à l’entame du dernier virage. Cette fois, c’est un véritable inconnu de la scène internationale qui a repris le manche. Mais le manche, encore une fois, a bien tenu. Et les Croates sont à l’Euro.
On ne vous en voudra pas si vous ne connaissez pas Ante Cacic. Le nouvel homme fort de la sélection, formateur réputé au Dinamo Zagreb, a réussi son entrée avec deux victoires en forme de validation du billet pour la France, contre la Bulgarie et à Malte. Aussi, les Croates vont retrouver les terres de leurs premiers exploits, quand ils avaient lâché en demi-finale de la Coupe du monde, le soir où Lilian Thuram s’était découvert des talents de buteur.
Dix-huit ans après, c’est le même label qui va débarquer en France. Comme une marque déposée. En clair, un taux de technicité largement au-dessus de la moyenne, avec des joueurs aussi bons manieurs de ballon que bons élèves quand il s’agit de faire monter la sauce, l’adrénaline et tout ce qui va avec. Alors oui, ils sont capables de tout, ils peuvent laisser filer un match ou seulement le traverser comme on s’engagerait à Vincennes sans le sulky, au départ du tiercé. Un peu à poil, quoi.
Mais Cacic dispose aussi d’une sacrée bande d’artistes, à tous les étages. Déjà, il y a Danijel Subasic, peut-être le meilleur gardien de Ligue 1 et sans conteste le plus sous-estimé sur la scène internationale. Voilà l’Euro qui se profile et une bonne occasion de s’affirmer aux yeux de tous. Remarquez, les dirigeants monégasques se frottent les mains plus qu’ils ne tremblent puisqu’en Principauté, on fait du trading avec des footballeurs, plus que du football avec l’ASM.
La Croatie, c’est aussi un milieu de terrain qui peut faire peur. Un trio Luka Modric-Mateo Kovacic-Ivan Rakitic que les coaches de l’Europe entière rêveraient d’avoir. Une justesse technique, un volume de jeu (surtout pour Modric et Rakitic) et une force de percussion (pour Kovacic) qui peuvent éreinter puis faire exploser n’importe quelle équipe en face. Oui, n’importe laquelle. Ces gars-là sont capables, sur un match, de battre tout le monde.
Il faudra que le petit père Cacic (62 ans, soit une génération de plus que les Slaven Bilic, Igor Stimac et Niko Kovac, derniers sélectionneurs en poste) trouve les bons mots. A moins que Suker ne sorte encore un lapin du chapeau. Sur le papier, le nouvel homme fort est sous contrat jusqu’en 2018. Et avec eux, sur le papier, c’est comme quand ils mettent le pied sur le ballon : tout est possible.

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