Étranger

Costa Rica : Le retour des Fantas… Ticos

Les époustouflants Ticos, qui s’étaient révélés au monde il y a quatre ans, veulent maintenant battre la campagne de Russie. Avec eux, on n’ose plus rien prédire…

Pour leur première participation à une phase finale de Coupe du monde, en 1990, le Costa Rica avait stupéfié la planète foot, se hissant jusqu’en huitièmes de finale du tournoi. Pour leur dernière apparition, il y a quatre ans au Brésil, les Ticos, comme on les surnomme, ont carrément épaté la galerie de leur culot, de leur enthousiasme et de leur réussite. Placés dans le « groupe de la mort », au 1er tour, avec l’Italie, l’Angleterre et l’Uruguay – que des anciens champions du monde ! –, ils avaient tout à craindre. Il fallait vraiment être né du côté de San José (la capitale) pour oser parier quelques colons (la monnaie locale) sur la qualification des partenaires de Bryan Ruiz.
Et non seulement ils l’ont fait mais ils ont aussi terminé, s’il vous plaît, premiers de leur poule, en laissant sur le bas-côté de la route, à pied et humiliés, les monstres italiens et anglais ! Puis ils ont blackboulé les Grecs en huitièmes de finale. Enfin, au cours d’un quart qu’ils ont étiré jusqu’au bout de la nuit, toujours emmenés par un super Keylor Navas dans les buts, ils ont poussé les Pays-Bas et des Bataves au bord de la crise de nerfs jusqu’à la séance des tirs au but. Et se sont construit des souvenirs pour toute une vie. C’était les Fantas Ticos !
Aujourd’hui ? Pas grand-chose n’a vraiment changé. Navas garde toujours les cages, Bryan Ruiz est toujours capitaine et si Oscar Ramirez a succédé à Jorge Luis Pinto comme sélectionneur, il s’appuie, comme son prédécesseur, sur une défense à cinq. Pour le jeu, pareil. C’est passes courtes et redoublements, dépassement de soi et de sa fonction pour aider le copain. Et ça marche toujours.
Dans le sillage du Mexique, les Ticos ont assuré avec une relative aisance leur qualification et, surtout, donné la leçon au grand frère américain, qu’on imaginait s’inviter sans problème en Russie mais qui regardera le show à la télé. En s’imposant 4-0 dans son Estadio Nacional face aux US puis 2-0 dans la Red Bull Arena de New York, le Costa Rica a été pour beaucoup dans cet état de fait.
Eux regardent devant. « Après notre parcours au Brésil, rappelle Keylor Navas, j’avais donné rendez-vous en 2018 en Russie. J’étais sûr que nos performances ne resteraient pas sans lendemain. Parce qu’il y a quatre ans, quelque chose est né. Et voilà… L’histoire n’est pas finie. » Cette fois, les adversaires sont prévenus.

Classement FIFA : 22

1er tour
Le 17 juin à 14h, Stade de Samara : Costa Rica-Serbie
Le 22 juin à 14h, Stade de Saint-Pétersbourg : Costa Rica-Brésil
Le 27 juin à 20h, Stade de Nijni-Novgorod : Costa Rica-Suisse

Visa mondial
• Superficie : 51 100 km2
• 4,95 millions d’habitants
• Capitale : San José
• Fédération : Federacion Costarricense de Futbol
• Année de fondation : 1921
• Affiliation FIFA : 1929
• Couleurs : maillot rouge, short bleu, bas rouges
• Equipementier : New Balance

L’homme à suivre : Bryan Ruiz
On l’imaginait monter encore plus haut quand il a débarqué en Europe – La Gantoise puis Twente, Fulham et aujourd’hui le Sporting Lisbonne -, tant le talent de Bryan Ruiz, à l’élégance raffinée et au pied gauche soyeux, semblait le prédestiner au meilleur. Mais à 32 ans, il n’est pas non plus passé à côté de sa carrière. Il a fait admirer sa technique dans tous les clubs où il s’est posé, où on a toujours loué ses services. Il a surtout connu le grand frisson avec les Ticos au Brésil, en atteignant les quarts de finale de la Coupe du monde (simplement éliminés aux tirs au but par les Pays-Bas), sorte d’Everest pour les Costariciens. Capitaine de la sélection depuis 2011, il fonce vers ce nouveau rendez-vous mondial, probablement le dernier pour lui, avec le même appétit vorace. On ne devrait pas manquer d’y remarquer cette patte gauche un brin magique.

Le chiffre : 8
Si les Etats-Unis, à la surprise générale, ne seront pas en Russie l’été prochain, le Costa Rica, qui les a nettement dominés deux fois (4-0, 2-0) n’y est pas étranger. Et dire que huit des vingt-trois joueurs costariciens qui ont participé aux éliminatoires évoluent en Major League Soccer, la ligue nord-américaine de football ! Les Ticos n’auraient pas la reconnaissance du ventre ?

Comment ils jouent
Oscar Ramirez déroge rarement à ses habitudes. Grand fan du 4-5-1 à plat, il aligne les centimètres en défense centrale, devant l’indétrônable Keylor Navas. Cristian Gamboa, comme au Celtic Glasgow, et Bryan Oviedo, comme à Sunderland, sont chargés d’occuper les couloirs, où ils ne comptent pas les kilomètres parcourus. En principe, ce sont David Guzman et l’inusable Celso Borges qui se partagent le rôle de sentinelle. Devant, côté gauche, on compte beaucoup sur le talent du capitaine Bryan Ruiz pour faire des différences et sur l’efficacité de Marco Urena, qui s’est montré plutôt en réussite, au cours des éliminatoires, en septembre. Pour le reste, on connaît. Au programme : passes courtes qu’on n’hésite pas à redoubler et changements de rythme incessants pour étourdir l’adversaire.

Leurs éliminatoires
Zone Concacaf
Tournoi final : 2e du groupe
16 pts, 4 v, 4 n, 2 d, 14 bp-8 bc
11.11.2016 : Trinité-et-Tobago-Costa Rica 0-2 (Christian Bolanos, Ronald Matarrita)
15.11.2016 : Costa Rica-États-Unis 4-0 (Johan Venegas, Christian Bolanos, Joel Campbell 2)
24.03.2017 : Mexique-Costa Rica 2-0
28.03.2017 : Honduras-Costa Rica 1-1 (Kendall Waston)
8.06.2017 : Costa Rica-Panama 0-0
13.06.2017 : Costa Rica-Trinité-et-Tobago 2-1 (Francisco Calvo, Bryan Ruiz)
1.09.2017 : Etats-Unis-Costa Rica 0-2 (Marco Urena 2)
5.09.2017 : Costa Rica-Mexique 1-1 (Marco Urena)
7.10.2017 : Costa Rica-Honduras 1-1 (Kendall Waston)
10.10.2017 : Panama-Costa Rica 2-1 (Johan Venegas)

Le coach : Oscar Ramirez
57 ans
Costaricien
En poste depuis août 2015
« Evidemment, le Brésil s’impose comme le grand favori. Pour nous, il sera important de battre la Serbie lors de la première rencontre. Avec un bon résultat contre la Suisse en clôture, on pourra croire à la qualification. »

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