Étranger

Corée du Sud : Guerriers en ordre dispersé

Les Guerriers Taeguk s’apprêtent à disputer leur dixième phase finale de Coupe du monde. Ce qui commence à faire. Avec autant d’interrogations que de certitudes. Ce qui finit par inquiéter.

Matin calme et nuits câlines ? La Corée du Sud est le pays d’Asie qui a obtenu le meilleur résultat à la Coupe du monde avec une qualification héroïque pour les demi-finales et une 4e place au final en 2002. Pour qui se souvient des rues de Séoul, les soirs de juin et de juillet durant cet été-là, de cette incroyable fièvre populaire, joyeuse, dire que la péninsule (côté sud, hein) est un vrai pays de foot n’est pas mentir. Les Guerriers Taeguk, qui portaient tellement bien leur surnom quand Guus Hiddink les a menés si haut, sont toujours dans les cœurs depuis.
D’Itaewon à Ulsan, on se prend à rêver chaque fois qu’ils avancent vers un carré de pelouse. Mais 2002, c’était il y a quinze ans déjà. Et s’ils sont toujours là depuis, quelque part autour de la table du banquet, ils la quittent dès le hors-d’œuvre. Ils ont bien franchi la phase de poules pour la première fois de leur histoire en terre étrangère – c’était en Afrique du Sud, en 2010 – mais ils n’ont pas confirmé au Brésil, il y a quatre ans, avec un petit nul accroché contre la Russie pour seul fait d’armes. Et on ne peut pas dire qu’ils regardent aujourd’hui vers Moscou les yeux remplis de confiance.
Uli Stielike a été remplacé au mois de juillet par Shin Tae-yong, à quelques encablures du sprint final. L’ancien international, qui fut le sélectionneur des U20 au pays et qui avait mené Seongnam à la victoire en Ligue des champions asiatique, se retrouve – dans l’urgence – devant le plus gros défi de sa vie de coach. Son credo ? S’appuyer sur les fondamentaux et ses hommes forts. Parmi eux, il peut compter sur Koo Jae-cheol et Son Heung-min, deux vrais joueurs majeurs dans leurs clubs respectifs, le premier à Augsbourg, en Bundesliga, le second chez les Spurs de Tottenham, en Premier League. Ils sont les deux fers de lance de l’équipe, les deux seuls à s’imposer pour de bon en Europe en ce moment. Il y a Ki Sung-yong, aussi, mais le milieu de Swansea a été freiné trois mois au début de la saison, blessé.
Ça peut faire un peu léger au moment de partir à l’aventure mais c’est aussi un beau symbole de la force du football sud-coréen : la vitesse et l’enchaînement des courses à haute intensité. Sinon, la grande force défensive, développée sous l’ère Hiddink et qui est restée très à la mode depuis, au pays, pâtit quand même du manque de vitesse de la charnière centrale. Verront-ils les huitièmes ? Matin calme ou nuit câline ? Ça vaut une tisane.

Classement FIFA : 62

1er tour
Le 18 juin à 14h, Stade de Nijni-Novgorod : Corée du Sud-Suède
Le 23 juin à 17h, Stade de Rostov : Corée du Sud-Mexique
Le 27 juin à 16h, Stade de Kazan : Corée du Sud-Allemagne

Visa mondial
• Superficie : 99 313 km2
• Population : 50 millions d’habitants
• Capitale : Séoul
• Fédération : Korea Football Association
• Année de fondation : 1933
• Affiliation FIFA : 1948
• Couleurs : maillot rouge, short bleu, bas rouges
• Equipementier : Nike

L’homme à suivre : Heung-min Son
Spur et fier de l’être. Le meilleur joueur sud-coréen a trouvé chaussure à son pied dans la capitale londonienne après quelques saisons bien pleines en Bundesliga (il fut formé à Hambourg mais explosa au Bayer Leverkusen). A Tottenham, il se fait sa place depuis deux saisons maintenant, profitant notamment de l’absence prolongée d’Eric Lamela. Il évolue plutôt à gauche d’Harry Kane chez les Spurs mais c’est un attaquant polyvalent, le leader d’attaque et le leader tout court des Guerriers Taeguk, encore auteur d’un doublé lors de la probante victoire 2-1 en amical, en novembre, contre la Colombie. Il n’avait pas besoin de ça pour confirmer qu’il faudra l’avoir à l’œil en Russie, en juin.

Le chiffre : 9
Leur dixième phase finale de Coupe du monde sera aussi leur neuvième consécutive. La Corée du Sud est le pays d’Asie qui compte le plus de participations à la phase finale du Mondial !

Comment ils jouent
L’arrivée toute récente de Shin Tae-yong à la tête de l’équipe rebat forcément les cartes mais les premiers essais effectués avec une défense à 3 contre la Russie (défaite 4-2) ont sûrement convaincu le nouveau coach de ne pas tout chambouler. On devrait rester à quatre derrière, avec Jang Hyun-soo en pilier de la défense et Ki Sung-yong, blessé en début de saison mais qui revient bien à Swansea depuis la mi-octobre, en poutre du milieu. Sinon, il y a Son, évidemment, mais ça paraît un peu léger quand même.

Leurs éliminatoires
Zone Asie
Tour final – 2e du groupe A
15 pts, 4 v, 3 n, 3 d, 11 bp-10 bc
1.09.2016 : Corée du Sud-Chine 3-2 (Zhi Zheng, Lee Chung-yong, Koo Ja-cheol)
6.09.2016 : Syrie-Corée du Sud 0-0
6.10.2016 : Corée du Sud-Qatar 3-2 (Ki Sung-yueng, Ji Dong-won, Son Heung-min)
11.10.2016 : Iran-Corée du Sud 1-0
15.11.2016 : Corée du Sud-Ouzbékistan 2-1 (Nam Tae-hee, Koo Ja-cheol)
23.03.2017 : Chine-Corée du Sud 1-0
28.03.2017 : Corée du Sud-Syrie 1-0 (Jeong-ho Hong)
13.06.2017 : Qatar-Corée du Sud 3-2 (Ki Sung-yueng, Hwang Hee-chan)
31.08.2017 : Corée du Sud-Iran 0-0
5.09.2017 : Ouzbékistan-Corée du Sud 0-0

Le coach
Shin Tae-yong
47 ans
Sud-coréen
En poste depuis juillet 2017
« Houla ! L’Allemagne ? C’est un redoutable concurrent. Je ne suis pas très confiant pour ce match mais par chance, on les rencontre en dernier. A nous de prendre des points avant. »

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