Étranger

Colombie : Comme des grands

José Pékerman, le sélectionneur argentin de la Colombie depuis 2012, avait remis les Cafeteros au centre de la carte du foot en AmSud. Voilà maintenant qu’il la renforce, pour faire des gringos un vrai poids lourd à la pesée. Et sur le ring russe ?

C’était sous haute tension. Un final nul (1-1) mais un nul de rêve, qui envoya la Colombie directement en Russie et le Pérou en barrage. Déjà une victoire pour la Bicolor, qui allait disputer le premier barrage intercontinental de son histoire.
Alors que l’Argentine a tremblé jusqu’au bout et que le Chili a, au bout, pleuré toutes les larmes de son corps, la Colombie a confirmé sa solidité pour mieux assumer son statut de nouveau poids lourd du foot sud-américain. Pourtant, on les avait perdus de vue. Surtout que, pour dernière image, on avait juste en tête la blessure de Neymar en quarts de finale du Mondial 2014 et le visage de la star en pleurs sur la pelouse de Fortaleza, le dos broyé par Juan Camilo Zuniga, le défenseur colombien. Qui était venu faire connaissance le genou bien en avant et bien par derrière. Pas terrible, comme clap de fin. Sauf que ce n’était pas un clap de fin.
Depuis quatre ans, dans les pas de José Pékerman, la sélection a poursuivi sa progression. Avec un James Rodriguez toujours aussi dépositaire du jeu quand il revêt le maillot jaune. Et le retour en grâce du félin carnassier des surfaces. Radamel Falcao a retrouvé son brassard et Pékerman son leader naturel, sur les pelouses comme dans le vestiaire. On a coutume de souligner, dans l’intimité de la Turbie, le centre d’entraînement de l’AS Monaco, l’influence positive que Falcao peut avoir sur le groupe. C’est la même chose avec la sélection.
Entre Davinson Sanchez (pour parler des plus jeunes) qui explose tous les compteurs avec Tottenham et Juan Cuadrado (pour parler des têtes d’affiche), le onze colombien est à la fois équilibré, puissant et techniquement largement au-dessus de la moyenne. Et ça peut faire mal, au sens figuré aussi.

L’homme à suivre : Radamel Falcao
« J’ai raté la Coupe du monde au Brésil et passé ensuite deux années horribles. Aujourd’hui, je peux aller en Russie. Dieu m’a donné la confiance et je sais que je peux continuer à gagner. » Falcao a été l’un des grands absents du dernier raout au Brésil. Croisés rompus un soir de janvier, dans l’anonymat d’un trente-deuxième de finale de Coupe de France. Puis deux ans de travail acharné, en rééducation d’abord. D’errances surtout, sur les pelouses d’Angleterre, où c’était son cousin qui vagabondait mais pas lui. Zombie à Manchester United comme à Chelsea, le Tigre est redevenu le Tigre à Monac’. Dans le gotha mondial des 9.

1er tour
Le 19 juin à 14h, Stade de Mordovie à Saransk : Colombie-Japon
Le 24 juin à 20h, Stade de Kazan : Colombie-Pologne
Le 28 juin à 16h, Stade de Samara : Colombie-Sénégal

Visa mondial
• Superficie : 1 138 910 km2
• 48,7 millions d’habitants
• Capitale : Bogota
• Fédération : Federacion Colombiana de Futbol
• Année de fondation : 1924
• Affiliation FIFA : 1936
• Couleurs : maillot jaune, short bleu et bas blancs
• Equipementier : Adidas

Le chiffre : 6
Russie 2018 sera la sixième participation de la Colombie à la Coupe du monde. Ce qui classe les Cafeteros au cinquième rang en la matière en AmSud, derrière le Brésil (20), l’Argentine (16), l’Uruguay (12) et le Paraguay (8).

Comment ils jouent
Avec Pékerman, une seule certitude : celle de voir la Colombie évoluer à 4 derrière. Pour le reste, c’est en constante évolution. Parfois en 4-3-3, parfois en 4-2-3-1, parfois à deux numéros 6 ou même deux lignes de quatre joueurs à plat, dans un 4-4-1-1 que l’on voit plus souvent en Amérique du Sud que par chez nous, c’est vrai. La charnière Duvan Zapata-Davinson Sanchez est un gage très sûr, James Rodriguez est à la baguette avec Juan Cuadrado en piston. Et avec le Tigre, brassard autour du bras. Du beau linge quand même.

Leurs éliminatoires
Zone Amérique du Sud
4e du groupe
27 pts, 7 v, 6 n, 5 d, 21 bp-19 bc
8.10.2015 : Colombie-Pérou 2-0 (Teofilo Gutierrez, Edwin Cardona)
13.10.2015 : Uruguay-Colombie 3-0
12.11.2015 : Chili-Colombie 1-1 (James Rodriguez)
17.11.2015 : Colombie-Argentine 0-1
24.03.2016 : Bolivie-Colombie 2-3 (James Rodriguez, Carlos Bacca, Edwin Cardona)
29.03.2016 : Colombie-Equateur 3-1 (Carlos Bacca 2, Sebastian Pérez)
1.09.2016 : Colombie-Venezuela 2-0 (James Rodriguez, Macnelly Torres)
6.09.2016 : Brésil-Colombie 2-1 (Marquinhos c.s.c.)
6.10.2016 : Paraguay-Colombie 0-1 (Edwin Cardona)
11.10.2016 : Colombie-Uruguay 2-2 (Abel Aguilar, Yerry Mina)
10.11.2016 : Colombie-Chili 0-0
15.11.2016 : Argentine-Colombie 3-0
23.03.2017 : Colombie-Bolivie 1-0 (James Rodriguez)
28.03.2017 : Equateur-Colombie 0-2 (James Rodriguez, Juan Cuadrado)
31.08.2017 : Venezuela-Colombie 0-0
5.09.2017 : Colombie-Brésil 1-1 (Radamel Falcao)
5.10.2017 : Colombie-Paraguay 1-2 (Radamel Falcao)
10.10.2017 : Pérou-Colombie 1-1 (James Rodriguez)

Le coach : José Pekerman
68 ans – Argentin
En poste depuis janvier 2012
« Je sais ce qu’est un Mondial. La Pologne compte des joueurs très importants. 
Le Japon, c’est solide et le Sénégal est très rapide dans les couloirs. Nous allons beaucoup travailler et prendre les matches comme ils viennent. »

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