Équipe de France

Christophe Jallet, le parfait complément

Au poste de latéral droit toujours aussi peu fourni en France, le Lyonnais Christophe Jallet doit probablement sa présence à l’Euro à la blessure de dernière minute de Mathieu Debuchy. A lui d’en profiter.

Il faisait partie des trois, voire quatre interrogations de la liste de Didier Deschamps. Il faut dire qu’arrière latéral, dans le grand monde du foot français, est un poste qui possède ses paradoxes. Ça fourmille de talents à gauche (Lucas Digne, Layvin Kurzawa, Benoît Trémoulinas, Benjamin Mendy, pour parler de la relève de Patrice Evra), quand c’est toujours le grand désert à droite.
Mathieu Debuchy, qui était le titulaire lors de la dernière Coupe du monde au Brésil, a eu l’énorme malchance de se blesser sérieusement la veille de l’annonce de la liste, lors d’un match en retard du championnat entre Bordeaux et le Paris Saint-Germain. Un coup dur même si, à son niveau, plutôt très bon d’ailleurs depuis le début de la saison, Bacary Sagna est revenu aux affaires. Et donc numéro un. Christophe Jallet, malgré sa présence dans cette liste des convoqués pour la grande aventure, n’était jamais monté plus haut que la troisième marche dans la hiérarchie. Mais les éléments ont fait que…
Le Lyonnais escorte lui aussi quelques certitudes. La première, fondamentale pour expliquer sa présence à l’Euro, réside sûrement dans cet état d’esprit partageur, rieur. « Bon camarade » ont sans doute écrit ses profs de collège. Jallet, c’est le sourire chaque matin, le garçon heureux de ce qu’il a, de ce qu’il vit. Il le dit, à chaque détour qu’il fait devant la presse, quand il se pose à Clairefontaine, répétant le privilège qu’ils ont, lui et tous ses « camarades », de porter le maillot bleu. C’était encore le cas en mars dernier, juste avant de partir pour Amsterdam afin d’y affronter les Pays-Bas, où il était titulaire.
« Je me sens très bien, je me sens toujours très bien quand je suis ici. Je le prends comme une chance. J’essaie de le montrer à chaque fois, de me donner à 200%. Aucune place n’est garantie pour personne. Certains ont plus d’avance que d’autres, c’est évident, mais pas moi. Ce n’est pas mon cas. Quand on a l’opportunité de porter le maillot bleu, on se doit de bien se préparer, on n’a pas le droit à l’erreur. La gagne, prendre du plaisir, voilà les deux choses qu’on entend le plus quand on se retrouve. On a cet objectif commun d’aller le plus loin possible. »
Pour Didier Deschamps, Jallet, c’est l’assurance de la bonne humeur. La parfaite doublure. Il connaît très bien plusieurs joueurs dont il est proche, dont certains (comme Blaise Matuidi) ont une réelle influence à l’intérieur du groupe. Il ne fera jamais d’esclandre au moment d’une causerie, fâché de ne pas être titulaire, ce sera un bon remplaçant et un parfait complément. Et c’est une option claire prise par Didier Deschamps.
En faisant son choix par obligation, on le répète, après le forfait de toute dernière minute de Mathieu Debuchy, le sélectionneur a renforcé la position de Bacary Sagna, le titulaire indiscutable au poste d’arrière droit dans cette liste. Sagna, c’est aussi l’un des plus anciens du groupe. L’une des bouteilles les plus pleines. Jallet, c’est un peu le troisième gardien des défenseurs. Pas forcément le deuxième meilleur arrière droit mais le meilleur deuxième. Surtout, on insiste, vu les circonstances.

PROFIL
Latéral droit
Né le 31 octobre 1983 à Cognac
32 ans
1,78 m, 70 kg
Club : Lyon

VISA
11 sélections, 1 but
Première sélection : Le 15 août 2012 au Havre, France-Uruguay 0-0 (amical)
Expérience à l’Euro : 0 match
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 2 matches, 180 minutes jouées
SITUATION PERSONNELLE
Sous contrat jusqu’en 2018 avec l’OL. Même s’il n’est pas un titulaire indiscutable avec la forte concurrence de Rafael da Silva, pas sûr qu’il ait des envies de départ.

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