Équipe de France

Camille Lopez, c’est le pied !

Titulaire indiscutable à Bordeaux Bègles, Camille Lopez confirme l’impression laissée l’an dernier. L’ouvreur de 23 ans s’est imposé comme l’une des révélations du championnat à son poste. Au point d’intégrer l’équipe de France ou de rejoindre un ténor du Top 14 ?

A 23 ans, Camille Lopez est plus qu’un espoir. Le Basque a signé un excellent début de saison à Bordeaux Bègles, confirmant les perfs réalisées l’an passé. Il avait alors relégué Gerard Fraser sur le banc. Les observateurs avancent le nom de l’ouvreur de l’UBB pour l’équipe de France et certains gros calibres, comme Clermont, commencent à lui faire les yeux doux. Une pression supplémentaire ? « Cela peut jouer dans les deux sens, explique Camille. Ça peut être positif, donner encore plus de gnac. On a envie de se défoncer pour répondre aux attentes. C’est vraiment ce que je souhaite. Je voulais évoluer en Top 14 car c’était mon rêve depuis tout petit. J’y suis arrivé. Maintenant, l’objectif est d’y rester et d’être le plus performant. Il faut faire attention à ne pas se voir trop beau avec tout ce qui peut être dit. J’essaie de faire abstraction de tout ça. Les personnes autour de moi m’aident à rester moi-même. »
Le jeune homme sait d’où il vient. Avant de rejoindre Bordeaux Bègles en 2009, le Basque évoluait à Mauléon, en Fédérale 1. Doté d’un solide gabarit en dépit de sa taille (1,75 m, 88 kg), il était alors utilisé au poste de trois-quarts centre. « A l’époque, il était déjà au-dessus du lot, se souvient son ancien entraîneur, Philippe Hontaas. Il avait un mental nettement supérieur à celui des jeunes de sa génération. » C’est ce qui fait la force de Camille Lopez. Son aplomb et son sang-froid à un poste aussi exposé surprennent à un âge aussi jeune. Mais il lui a fallu lutter contre sa nature pour se doter d’un physique de rugbyman de haut niveau. Le demi d’ouverture était rondouillard. Il a dû y remédier. « Je ne travaillais pas suffisamment cet aspect, je n’avais pas envie d’aller courir tout seul, avoue-t-il. Ma première préparation de saison avec l’UBB a été vraiment difficile. Pendant deux mois, les entraîneurs ne m’ont pas fait faire tous les exercices. Ils ne voulaient pas me broyer. »

Il travaille ses tirs au but deux à trois fois par semaine
Aujourd’hui, Camille Lopez tient sa place et son rôle. Véritable maître à jouer de l’UBB, il s’avère être un buteur fiable. L’ouvreur travaille ses tirs au but deux à trois fois par semaine pour gagner en régularité. Ce jeu au pied est un véritable atout. Le Basque progresse dans l’animation mais il ne veut pas se contenter de cela. « Je suis déçu par nos résultats. Cela veut dire qu’on ne fait pas ce qu’il faut. Je laisse ce qu’on dit sur moi de côté, j’essaie de me concentrer sur les efforts à réaliser. J’ai encore beaucoup à apprendre et je me remets en question après chaque match. »
Les supporters bordelais imaginent de plus en plus le jeune ouvreur chez les Bleus, à un poste où les certitudes ne sont pas légion. Rappelons que Lopez faisait partie des joueurs convoqués par Philippe Saint-André pour passer des tests physiques en mai dernier, en vue de la tournée estivale. « Pour tous les joueurs, le XV de France est le but ultime, glisse le prodige de Bordeaux Bègles. Quand on a été convoqué et qu’on est suivi, on a envie de faire de belles performances, de s’accrocher, de travailler pour évoluer un jour en sélection. Si l’opportunité se présente… » Début mars, avant d’aller affronter l’Irlande le quatrième match du Tournoi des VI Nations 2013, Philippe Saint-André est revenu sur son choix de ne pas faire appel au demi d’ouverture de Bordeaux Bègles. « On suit Camille. Après, on fait confiance à Frédéric Michalak et à François Trinh-Duc. Un demi d’ouverture qui ne connaît aucun des lancements, aucune chose au sujet de l’organisation et qui arrive après trois défaites… Est-ce que ça aurait été un cadeau pour lui ? »

Paul PERIE / UNIVERS DU RUGBY

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