Équipe de France

Brésil : La tête à l’endroit (1)

Si la Seleçao a mis du temps pour digérer son incroyable élimination en demi-finales 2014 à Belo Horizonte contre l’Allemagne, l’arrivée de Tite, l’an dernier, a fait souffler un vrai vent nouveau. Assez pour dégager l’horizon.

La trace restera. Indélébile, comme les images qui vont avec. Les longues minutes dans la salle de presse du stade de Belo Horizonte passées à guetter Luiz Felipe Scolari, comme le peuple attendait sur la place du village l’exécution du soir, au temps où la terreur s’écrivait avec un grand « T », à des époques révolutionnaires. A bien y repenser, c’est la seule fois où sa moustache a laissé à ce point sa carapace d’artiste au vestiaire, lui qui avait toujours mis une dose non négligeable de théâtre dans ses relations avec la presse. L’heure n’était pas grave, c’était plus que ça.
Le Brésil giflé, puis corrigé, puis rossé. Le Brésil martyrisé et la Seleçao ridicule, défaite sept buts à un par l’Allemagne en demi-finales de la Coupe du monde. De « SA » Coupe du monde. 7-1 : même le score en dit plus que les causeries de Luiz, de Felipe et de tous les autres ce jour-là. Le séisme de Belo Horizonte. Il n’y avait pas de mot et il fallait qu’il en trouve. Il ne s’est pas dégonflé. Il se fait très discret depuis.
Il fallait que le Brésil tourne la page. Les stigmates seront là, pour longtemps encore. Les lendemains furent douloureux, avec le retour aux affaires de Dunga qui s’est vite transformé en triple saut en arrière, mais le temps a fait son affaire. Et le Brésil est redevenu le Brésil : premier pays qualifié officiellement pour la Coupe du monde. Domination outrancière dans le championnat éliminatoire de la zone Amérique du Sud, validation du billet dès le mois de mars 2017. Plus d’un an avant avec, en guise de cadeau symbole, une victoire 3-0 contre le Paraguay qui fut sa huitième consécutive dans une phase de qualification pour la Coupe du monde, une première dans son histoire (la série s’est étirée jusqu’à neuf grâce à une victoire contre l’Equateur quatre jours plus tard).
En fait, la parenthèse Dunga aura duré deux ans. Un tunnel sans fin. D’abord une élimination en quarts de finale de la Copa America 2015, face au Paraguay, puis un affront ultime : une élimination au 1er tour de l’édition 2016 après une défaite contre… le Pérou. Des répliques sismiques, sans doute, mais c’en était trop et c’était réglé. Après l’exécution Scolari, le peuple avait de nouveau rendez-vous sur la place centrale du village pour dire au revoir – pour de bon – à l’un des seuls entraîneurs brésiliens de football qui donnent envie de jouer au rugby. Un « Ciao » à Dunga sans « l’Obrigado ». C’est là que le changement s’est vraiment opéré. Comme un nouveau lavage de cerveau, deux ans après l’infection contagieuse.
Pour prendre le relais, le témoin a été donné à une main innocente. Quasiment inconnue. Adenor Leonardo Bachi, plus réputé sous le nom de Tite, a succédé à Dunga à la tête de la Seleçao et après la Terreur, nous avons eu droit à la Renaissance. Comme un nouvel ordre des choses. Après onze saisons professionnelles dans l’anonymat du poste de milieu défensif qui ne fait pas de bruit, Tite avait entamé sa carrière d’entraîneur en 1989, juste après avoir raccroché ses crampons. C’est surtout à la tête des Corinthians qu’il s’est fait connaître au Brésil, avec deux titres de champion et, au-delà de ça, une Copa Libertadores (l’équivalent de la Ligue des champions en AmSud). Ajoutez un Mondial des clubs. Ça le fait bien mais c’était avec les Corinthians et on se demandait quand même, à voix haute comme en murmures, ce que cela allait donner à la tête d’une telle sélection avec de telles superstars…
Pour le moment, c’est le coup parfait avec le retour de Thiago Silva aux affaires, l’incorporation d’Alex Sandro à gauche, en plus de Marcelo et Filipe Luis (il n’y a pas la même densité ni la même concurrence au même poste en équipe de France), sans oublier la sentinelle Casemiro au « pivote » devant la défense. Il y a eu, aussi, l’avènement programmé de Gabriel Jesus en pointe, un garçon qui parvient à se faire une place aux côtés de Neymar et Coutinho.
S’il est trop tôt pour dire que la page est vraiment tournée, le parcours de l’équipe de France en 2006, après la désillusion de 2002, est là pour rappeler certaines évidences. On peut quand même s’avancer un peu et écrire que le Brésil se pose d’entrée comme un candidat crédible au titre suprême. Comme à chaque fois ? Oui puisqu’ils sont les seuls à ne jamais avoir manqué une édition. Comme d’habitude ? Aussi, surtout avec une phase finale loin de chez eux, dans un pays qui n’a encore jamais accueilli la Coupe du monde. Remember la Suède 1958, les Etats-Unis 1994 ou le Japon 2002.

1er tour
Le 17 juin à 20h00, Stade de Rostov : Brésil-Suisse
Le 22 juin à 14h00, Stade de Saint-Pétersbourg : Brésil-Costa Rica
Le 27 juin à 20h00, Stade du Spartak à Moscou : Brésil-Serbie

Classement FIFA : 2

Visa mondial
• Superficie : 8 547 877 km2
• 207 millions d’habitants
• Capitale : Brasilia
• Fédération : Confederaçao Brasileira de Futebol
• Année de fondation : 1914
• Affiliation FIFA : 1923
• Couleurs : maillot jaune, short bleu, bas blancs
• Equipementier : Nike

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