Équipe de France

Blaise Matuidi : « Mon pied droit ? Il ne faut pas s’y habituer !  » 

Le milieu parisien n’a pas du tout aimé les deux défaites contre la Belgique et l’Albanie pour tirer un trait final sur la saison 2014-15 mais il a savouré le Grand Chelem du Paris SG. Paroles de Blaise !

PLANETE FOOT : Dans quel état as-tu terminé la saison passée ? 

Blaise MATUIDI : Elle a été longue et très belle. Remporter tous ces trophées avec le Paris SG, cela ne s’était jamais fait et c’est quelque chose d’extraordinaire. On en avait parlé avant, le réussir nous a donné un sentiment de fierté assez fort. On a réalisé quelque chose de grand. Gagner quatre titres (ndlr : Trophée des champions, Coupe de la Ligue, Coupe de France et championnat de France) dans une saison, c’est fantastique. Personne ne l’avait réussi avant nous, peut-être qu’on le refera un jour… Ou peut-être qu’on fera encore mieux !

PF : Tu n’avais jamais soulevé la Coupe de France. Alors ?

B.M. : Cela m’a procuré une joie intense. Au-delà du fait que je ne l’avais jamais gagnée, j’avais toujours considéré que c’était une compétition un peu à part. Après, d’un point de vue émotionnel, c’est toujours le titre de champion qui, pour moi, reste le plus fort. Il représente une saison dans toute sa durée. Et d’ailleurs, tout n’a pas été simple pour nous durant cette saison. Il y a eu de la concurrence en championnat et des critiques à la fois collectives et individuelles qui, à mon sens, n’étaient pas toujours justifiées.

PF : Parce que Paris… 

B.M. : Je ne sais pas. Mais je trouve que parfois, cela a été un peu excessif. On a connu des moments où l’équipe jouait moins bien, je ne le conteste pas, mais nos points forts, notre potentiel et nos qualités, nous les connaissions. Après la trêve hivernale, nous avons enchaîné. Laurent Blanc a été régulièrement attaqué. Edinson Cavani aussi et pourtant, il a été souvent décisif, comme contre Auxerre en finale de la Coupe de France.

PF : N’est-ce pas aussi la rançon de la gloire ? 

B.M. : Quand tu joues dans un club comme le PSG, tu as des objectifs élevés et tu disputes toutes les compétitions pour les gagner. Est-ce que cela donne le droit aux autres de toujours critiquer ? Je ne sais pas. Maintenant, on veut faire mieux en Ligue des champions. L’année passée, nous sommes tombés contre le futur champion. Les gens peuvent dire qu’on n’a pas passé le cap en C1 mais nous avons été éliminés par la meilleure équipe d’Europe et nous avons sorti le champion d’Angleterre, Chelsea. Donc, oui, on peut dire qu’on a progressé. Et oui, au final, on réussit une très belle saison.

PF : Quel crédit accordes-tu à Laurent Blanc ?

B.M. : Il a une grande part de responsabilité dans nos résultats et nos résultats ont été très positifs. C’est tout à son honneur. Il est resté le même quand il a été critiqué. Il a conservé sa philosophie. Le stage à Marrakech nous a fait beaucoup de bien et il y est aussi pour quelque chose. On a pu discuter entre nous. Le coach a trouvé les mots justes pour nous remettre sur le droit chemin.

PF : A titre plus personnel, comment juges-tu ta saison ?

B.M. : Assez difficile au début. Je n’ai pas très bien commencé et je me suis bien repris après la trêve, un peu à l’image de l’équipe. C’est peut-être dû à la préparation tronquée après la Coupe du monde. Après, on peut toujours faire mieux. Je sais que je peux encore m’améliorer dans l’aspect offensif, être plus décisif. Mais j’ai déjà progressé et dans mon jeu de passes aussi.

PF : Toi qui cours tout le temps, qui joues tout le temps, as-tu pris le temps de fêter un peu ça ?

B.M. : Ah oui ! J’ai savouré avec l’équipe mais aussi avec mes proches. Même si je savais dans un coin de ma tête que j’allais enchaîner assez vite avec l’équipe de France. Je me suis vite remis dans le bain.

PF : Un bain d’eau glacée avec les deux défaites contre la Belgique et l’Albanie (3-4 et 0-1), ce n’est pas la meilleure façon de baisser le rideau…

B.M. : On a vécu une soirée compliquée contre la Belgique. Nous sommes passés à côté du match. Il a manqué beaucoup de choses. Nous sommes tombés sur une équipe belge concentrée, qui voulait se qualifier pour l’Euro. Le score aurait pu être plus lourd encore. Il y a eu une réaction tardive, les entrants ont apporté mais globalement, ce n’était pas assez bon. On voulait réagir en Albanie, cela n’a pas été le cas. Il faut vite remettre les choses en ordre parce que l’Euro arrivera vite.

PF : Certains ont pointé le manque d’envie des Bleus avec ces deux matches placés en queue de saison…

B.M. : On savait que les rencontres de juin, il y a deux ans, en Uruguay et au Brésil ne s’étaient pas bien déroulées (ndlr : défaites 0-1 et 0-3). On était prévenu et malgré tout, nous n’avons pas su répondre sur le terrain. Comme le dit le sélectionneur, le maillot bleu est au-dessus de tout. C’est tout à fait vrai, je le rejoins sur ce point. On joue pour un peuple. C’est quelque chose d’exceptionnel et on a tous envie de représenter le pays du mieux possible. Disputer un Euro ou une Coupe du monde, représenter son équipe nationale, c’est plus fort que tout. Et tout est là. Parce que le niveau, aussi, est plus fort. Il n’y a rien à rajouter.

PF : N’as-tu pas l’impression que le jeu de l’équipe de France s’est délité depuis la Coupe du monde ? N’est-ce pas inquiétant à moins d’un an de l’Euro ?

B.M. : Ça va venir vite, on le sait, on en a conscience et on se prépare du mieux possible pour l’événement. Il peut se passer beaucoup de choses d’ici là. On s’est dit les choses dans le vestiaire après la défaite contre la Belgique et même après celle en Albanie. On connaît le potentiel de ce groupe mais il faut que ça se traduise sur le terrain. Et à chaque match. Il nous reste, bien sûr, des réglages à effectuer. L’essentiel sera d’arriver à l’Euro en pleine confiance. Des résultats positifs nous aideraient à l’approche de la compétition. On veut réussir quelque chose de grand. On va peaufiner tout ça.

PF : Un petit mot sur ton pied doit. Ta nouvelle arme secrète, comme sur ton but à Marseille début avril (victoire 3-2 des Parisiens au Vélodrome), un but qui a compté ?

B.M. : Je l’ai dit et redit plusieurs fois à mes amis : mon pied droit, il ne faut pas s’y habituer ! Je reste gaucher, même si ça fait toujours plaisir d’avoir de la réussite avec son mauvais pied. Je travaille cet aspect au quotidien et voir que cela porte ses fruits fait toujours plaisir. J’en suis heureux. Maintenant, mon rôle, ce n’est pas de marquer. Après, si je peux aider l’équipe, même du droit… (Il sourit)

PF : Paris ?

B.M. : Je resterai parisien. A moins que les dirigeants ne viennent me voir et me disent qu’ils ne veulent plus de moi. Je me sens bien, je suis apprécié, j’adore cette ville, j’ai grandi ici, tout va bien. Cette saison, je vais essayer de faire encore mieux, avec l’Euro dans un coin de ma tête.

Mathieu DELATTRE / PLANETE FOOT

Quand Blaise fait du lobbying pour Paul Pogba

Il y a le fair-play financier, d’une part. Et le cœur qui parle de l’autre. Quand on parle de Paul Pogba à Blaise Matuidi, le Francilien n’y va pas par quatre chemins : « Tous les grands joueurs sont les bienvenus au PSG. Et Paul en est un. C’est même un très grand joueur. Il est jeune mais mature. Je ne suis pas dirigeant mais s’il devait arriver, nous serions tous très heureux. »

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