Équipe de France

Blaise Matuidi, football maniaque

Le milieu de terrain parisien vit son métier à 200%. Il mange foot, il boit foot, il dort foot. Et pense depuis longtemps déjà à l’Euro.

Tout, dans la vie bien rangée de Blaise Matuidi, s’articule autour du ballon. Quand il part (tôt) vers le Camp des Loges, quand il rentre pour le déjeuner, quand il s’occupe des enfants. Partout, tout le temps, le foot est une petite musique qui trotte dans un coin de sa tête. Une musique douce, parce qu’il adore le ballon rond. Il y a quelques morceaux plus brut de décoffrage, parce qu’il va au mastic aussi. Parce qu’il aime, comme il dit, « aller au bout de (lui-même), se sentir vidé à la fin d’une séance d’entraînement » ou encore « compter les cicatrices sur (son) corps. J’aime les duels. J’aime récupérer le ballon. » Mais pas que.
Milieu à tout faire, celui que l’on surnomme aussi « l’homme élastique » (pour son volume de jeu) a pris ses habitudes de top player depuis son arrivée au Paris SG. Dans un club où tout (sauf le jet privé les jours de repos) est mis en œuvre pour tirer chaque joueur vers la performance, Blaise se tient à carreau. Il n’a pas pris part à la petite surboum de Las Vegas. Pas son genre. Il s’éclate dans sa vie de sportif de (très) haut niveau, sauf les soirs de défaite. Il n’en a pas connu beaucoup cette saison mais il en a suffi d’une pour le mettre d’humeur franchement chafouine. « C’est dur. Oui, c’est dur… », disait-il trois jours après l’élimination à Manchester City, même si le PSG venait de corriger Caen 6-0 au Parc, dans une sorte de thérapie de groupe du samedi après-midi. « On a vécu une énorme déception parce qu’on voulait aller dans le dernier carré de la Ligue des champions. Mais voilà, c’est le foot, il faut savoir perdre. Même si cela reste difficile à accepter. » On le connaît et on peut affirmer qu’il a pris sur lui, pour rester poli.
Paris champion, Matuidi peut se concentrer presque exclusivement sur l’Euro depuis la mi-avril. Mais il y pense depuis bien plus longtemps que ça. En septembre, quand il volait sur les pelouses et qu’il marquait presque un but par match (voire deux, contre la Serbie à Bordeaux), on lui avait demandé s’il ne craignait pas le coup de pompe physique, plus tard dans la saison. « Non, avait-il répondu. Je tâche de faire du mieux possible, point. L’Euro est là, bien calé dans un coin de ma tête. C’est encore loin mais j’y pense tous les jours. »
C’est tout près maintenant, c’est là, c’est demain et Blaise a des fourmis dans les jambes. « On va vivre des moments magiques. Ce n’est pas donné à tout le monde de recevoir dans une grande compétition comme celle-là. On va essayer d’en profiter un maximum. Mais il ne faudra pas jouer cet Euro avant, on devra être prêt le jour J. » Le 10 juin, face à la Roumanie. On connaît l’importance du premier match. Et le 10 juillet ? Pour la finale ? « J’espère, oui. On veut aller le plus loin possible, en étant sûrs de deux choses. D’abord, chaque match sera un combat très difficile. Ensuite, nous avons toutes les cartes en main et nous avons toutes les qualités nécessaires dans ce groupe pour faire quelque chose de grand. » C’est un bon constat de départ. Surtout que ses souvenirs de championnat d’Europe ne sont pas les plus joyeux.
Il y a quatre ans, Blaise s’était blessé et n’avait pas disputé une seule minute en Ukraine. C’est du banc de touche qu’il avait constaté la supériorité de l’Espagne. Ou peut-être le trop grand respect des Bleus à l’égard de la Roja, en quarts de finale. « Je ne veux pas trop y repenser, c’était très frustrant de ne pas pouvoir être sur le terrain avec mes coéquipiers. Moi, mon souvenir d’Euro, c’est 2000, Rotterdam, France-Italie en finale. Ce retournement de situation incroyable et cette volée de David Trezeguet qui marque le but en or et nous donne la victoire. Je me souviens exactement de l’action sur le but, le centre de Robert Pires et le rebond. C’est un truc de fou, un rêve d’enfant qui se réalise. Là, je me dis que je vais en faire partie. C’est un réel bonheur. Ce sont les grands souvenirs de l’équipe de France. J’espère qu’on pourra rééditer cette performance. Pourquoi pas nous ? »
L’idée est assez bonne, c’est vrai. « Jouer pour son pays, c’est tellement énorme, extraordinaire… La compétition est chez nous, c’est quelque chose de magique, sur lequel il faut s’appuyer. On va jouer pour tout un peuple. On a une belle équipe mais il faudra être vigilant, encore une fois, faire attention à tout le monde. Après, 1984 et 1998 sont de bons signaux. Cet Euro me tient particulièrement à cœur. Profitons-en. Beaucoup de personnes aimeraient être à notre place. »
La sienne est assurée dans le trio du milieu, aux côtés de Paul Pogba et Lassana Diarra. Un homme élastique aux côtés d’une « Pioche » et d’un patron, ça paraît taillé pour la route.

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PROFIL
Milieu relayeur
Né le 9 avril 1987 à Toulouse
29 ans
1,75 m, 70 kg
Club : Paris SG

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VISA
42 sélections, 7 buts
Première sélection : le 7 septembre 2010 à Sarajevo, Bosnie-Herzégovine-France 0-2
(qualifications pour l’Euro 2012)
Sélectionneur : Laurent Blanc
Expérience à l’Euro : 0 match (dans le groupe à l’Euro 2012, il n’est pas entré en jeu)
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 7 matches, 510 minutes jouées, 3 buts, 2 passes décisives
SITUATION PERSONNELLE
Il lui reste deux ans de contrat à Paris. Toujours très demandé sur le marché. Ce n’est pas Mino Raiola,
qui gère sa carrière après l’avoir piqué à Jean-Pierre Bernès, qui dira le contraire. Mais Matuidi paraît très attaché au PSG. Une prolongation ne serait sans doute pas pour lui déplaire. Avant un dernier gros contrat à l’étranger ?

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