Basket

Bill Russell, Lord of the rings

Le Bill Russell Trophy récompense le meilleur joueur des Finales NBA. Un award que le pivot emblématique du Boston des années 60 n’a jamais remporté : il fut créé lors de sa dernière année d’activité (1969). Avec onze titres NBA, cinq titres de meilleur joueur de la Ligue et une médaille d’or olympique, le sage à la barbe blanche est un livre d’histoire à lui tout seul.

Il y a plusieurs années, lors d’un tournoi de golf réservé à des célébrités, le Hall of Famer Bill Russell fut apostrophé par un « people » qui lui demanda ce qu’il pensait des titres en cascade obtenus par les Bulls de Michael Jordan. Russell le regarda fixement avant de répondre : « Pas grand-chose… » Six titres, cela ne pouvait pas impressionner celui qui en a remporté onze durant sa carrière avec Boston, à l’époque où les hommes de Red Auerbach écrasaient la Ligue.
Après quatre ans de college à San Francisco, William Felton Russell est drafté en 3e position par les Hawks de Saint-Louis. Nous sommes en 1956. Une autre époque. Le basket américain se résume à une opposition entre deux divisions. Avec seulement huit équipes – dont Syracuse, Fort Wayne, Saint-Louis et Rochester -, la concurrence est nécessairement faible. Dans la plupart de ces villes, le basket n’existe quasiment plus aujourd’hui, excepté au niveau universitaire. « Cela n’enlève rien aux succès de Bill, corrige John Havlicek qui décrocha huit titres avec Boston entre 1963 et 76. Il a révolutionné le poste de pivot comme le fit à nouveau plus tard Hakeem Olajuwon. »

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Dans la foulée de la draft, le natif de Monroe (Louisiane) est expédié à Boston. Dans le Massachusetts, Red Auerbach va façonner un intérieur exceptionnel. Avec Bob Cousy et Bill Russell, Boston tient une paire magique. Le second disputera douze Finales entre 1957 et 1969 et empilera les titres avec une réussite insolente. Ses partenaires successifs – Bill Sharman, Sam Jones, K.C. Jones, John Havlicek… – sont passés à la postérité. Lorsqu’on interroge les figures qui ont affronté Russell dans les sixties, comme Jerry West ou Paul Seymour, le coach de Syracuse, les commentaires sont toujours dithyrambiques. « Il n’y avait pas plus grand, plus fort, plus rapide, plus intelligent et plus compétitif que Bill. »
En 1957, lors d’une série de playoffs, Paul Seymour renonce à aligner son pivot titulaire face à la star des Celtics : Johnny Kerr a été trop ridicule en saison régulière… Jerry West garde un faible pour Russell auquel il joua un drôle de tour en 1969 : battu par les Celtics pour le titre, l’arrière des Lakers remporta le premier trophée de MVP des Finales décerné par la Ligue. Cela ne s’est jamais reproduit (l’équipe championne a toujours fourni le MVP). Le grand Bill n’a jamais obtenu cette récompense puisqu’il tira sa révérence après l’obtention de sa onzième bague de champion.

Monsieur Intensité
Consolation : depuis juin 2009, le trophée porte son nom. David Stern prit cette décision lors du All-Star Game à Phoenix. « Qui d’autre pouvait donner son nom à un trophée aussi prestigieux ? Bill a été l’un des plus grands joueurs de NBA, l’un des plus grands champions de l’histoire du basket ». Russell, 75 ans (78 aujourd’hui), eut les larmes aux yeux en déclarant : « C’est une fierté de savoir que mon nom sera associé à ce trophée pour longtemps. »

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Le vieux sage passa du temps en Arizona pour raconter ses Finales NBA. Les photos ont jauni, évidemment, mais ces confrontations épiques appartiennent désormais aux livres d’histoire. Bob Cousy, partenaire de luxe pour les six premiers titres, se souvient : « Bill était plus qu’un joueur exceptionnel. Il n’avait pas les fondamentaux d’un Wilt Chamberlain ou d’un Kareem Abdul-Jabbar mais il jouait avec une telle intensité que c’en devenait contagieux. »
En 1959, les Lakers sont sweepés par les Celtics en Finales. Bob Cousy se souvient du cauchemar vécu par les hommes de John Kundla : « C’était le show permanent autour de Bill qui passait, prenait des rebonds et scorait comme il le voulait. Tout paraissait facile pour nous. » Quelques années plus tard, contre ces mêmes Lakers, Russell capte 38 rebonds dans le Game 3 des Finales… Des performances de cet acabit, il en signa chaque année. Quelle que soit l’opposition.

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Wilt Chamberlain, qui dominait Bill Russell de 8 cm et une bonne vingtaine de kilos, dut attendre son heure avec Philadelphie (1967). En 1965, Bill gagna le surnom « The good Lord » après un match titanesque contre les Sixers en finale de Conférence Est (28 rbds, 10 cts, 6 ints, 7 pds). Il évoluait tout simplement dans une autre dimension. Le 5 mai 1969, lorsque Russell met un terme à une carrière de 13 ans, son palmarès compte cinq titres de Meilleur joueur de la Ligue et onze bagues de champion, sans oublier une médaille d’or aux Jeux Olympiques de 1956 à Melbourne, alors qu’il était encore universitaire.

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