Équipe de France

Benoît Costil, gant de velours et main de fer

A tout juste 30 ans, il est l’une des références de la Ligue 1 au poste de gardien. Dernier rempart rennais depuis six ans, un club avec lequel il a connu l’Europe mais aussi une finale de Coupe de la Ligue et une de Coupe de France, l’actuel numéro 2 des Bleus Benoît Costil vient de s’engager pour quatre saisons à Bordeaux. Comme un nouveau départ.

L’histoire entre le Stade Rennais et les gardiens de but ne date pas d’hier. Patrick Hiard, Bernard Lama – au bon souvenir des anciens – et Petr Cech ont porté les couleurs du club breton au cours des dernières décennies avec le résultat que l’on sait. Au milieu de ses illustres aînés, Benoît Costil ne fait pas tâche, lui qui vient d’achever une sixième saison pleine en tant que gardien titulaire des Rouges et Noirs, en disputant toutes les rencontres de l’édition 2016-17 du championnat (même si cette année, il n’a arrêté « que » 66,1% de tirs cadrés, ce qui le situe dans la moyenne des gardiens de L1).
S’il est indéboulonnable depuis son arrivée, tout n’a pas toujours été simple pour le natif de Caen qui a commencé sa carrière professionnelle en 2005 sous les couleurs du club du Calvados. Onze petits matches seulement en trois ans, entre Ligue 1 et Ligue 2, avant d’être prêté à Vannes en 2008. C’est finalement dans les Ardennes, du côté de Sedan, où il signe en 2009, que Costil se révèle. Il est élu meilleur gardien de L2 en 2011 et il n’en faut pas davantage pour convaincre le Stade Rennais de l’engager afin d’assurer la relève de Nicolas Douchez.

Il donne l’impression de surnager
« J’avais une vraie pression en arrivant à Rennes. C’est un club qui m’a fait grandir, avec qui j’ai pu devenir un gardien de Ligue 1 », se remémore-t-il. Et pas des moindres puisqu’il est aujourd’hui l’une des références du poste dans le football français, réputé pour la qualité de ses joueurs aux mains gantées. Lui, on a toujours l’impression qu’il surnage, quelles que soient les circonstances. Il est celui qui fait gagner des points, celui qui sait se rendre indispensable. Les supporters bretons l’ont adoré durant toutes ces années. En atteste l’hommage que lui ont réservé les tribunes à l’occasion de son « jubilé » face à Monaco (défaite 3-2), lors de la dernière journée de championnat.
Entre 2011 et 2017, « Ben » a su conquérir le cœur des fans locaux et laisser une trace au moins aussi marquée que celle tirée entre les poteaux de ses buts. « Le Roazhon Park, c’est mon jardin. Je m’y sens chez moi, j’ai mes marques. Les gens que je croisais au quotidien vont me manquer. » Elégant sur le terrain, Benoît Costil l’était tout autant au moment de tirer sa révérence : « Je suis très fier d’être allé à l’Euro en étant joueur du Stade Rennais. Il s’agissait aussi d’une récompense pour le club. »
Bien sûr, tout n’a pas été parfait tout au long de ces années. La campagne européenne de 2011-12 – la seule fois où il a goûté à la compétition continentale – s’était arrêtée lors des phases de poules, laissant comme un goût d’inachevé chez les Rennais. Et puis il y a eu cette finale de Coupe de la Ligue perdue en 2013 contre les Verts de l’A.S. Saint-Etienne. Cette fois, les Bretons l’avaient carrément amère. Ra­­geant ! Et rebelote avec ce relent indigeste après, suprême affront, une finale de Coupe de France perdue face au rival régional guingampais, un an plus tard tout juste…

La référence Cédric Carrasso
Aujourd’hui, c’est à Bordeaux que s’inscrit l’avenir du portier trentenaire. Là encore, il s’apprête à prendre la relève d’une pointure en la personne de Cédric Carrasso. Cette fois, ce n’est plus avec l’étiquette de meilleur gardien de Ligue 2 collée sur son maillot mais bien avec celle de portier numéro deux de l’équipe de France. Et dans une formation qualifiée en Ligue Europa.
« Une nouvelle aventure commence, c’est une nouvelle étape dans ma carrière avec un club qui se veut très ambitieux et qui est sur la pente ascendante. Si je suis performant avec les Girondins, ça me donnera peut-être plus de possibilités d’être dans le groupe pour la prochaine Coupe du monde. Mais c’est encore loin », analysait-il, lucide. Lors de la présentation du joueur, son nouvel entraîneur, Jocelyn Gourvennec, expliquait clairement son choix : « C’était une priorité pour nous. Pour ce que Benoît représente, parce qu’il a de l’expérience et parce qu’il connaît bien le championnat. »
Auréolé d’une excellente prestation en bleu face à la Côte d’Ivoire, contre qui il a honoré sa première sélection dans le groupe France (deux belles parades face à Jonathan Kodjia et Nicolas Pepe), Costil va pouvoir apprécier à nouveau, avec Bordeaux, le goût suave des soirées européennes du jeudi soir. Attention toutefois car les Girondins vont devoir passer, dans un parcours marathon, par le troisième tour préliminaire pour valider leur participation à la compétition. Dès le mois de juillet, Benoît Costil – qui totalisait 255 matches sous les couleurs rennaises – aura des rencontres décisives à négocier. Il se sent prêt. Prêt pour le grand saut. Prêt à franchir le mur de l’Atlantique sous ses toutes nouvelles couleurs. On n’en doute vraiment pas.

Jonathan Nenich / PLANETE FOOT

Tatouages en tout genre
L’ex-portier rennais fait partie des nombreux joueurs de foot à avoir cédé à la mode du tatouage. « Ben » en est même recouvert ! Rien que sur son bras droit, on trouve pêle-mêle des étoiles mais également une couronne, des dés de jeu, une clé ainsi que des inscriptions (« Love » et « Family »). Et encore un diamant et une rose sur son épaule droite. L’intéressé n’a pas donné d’explications sur ces ancrages. De là à dire qu’on peut lire sur lui comme dans un livre ouvert, il n’y a qu’un tatouage à franchir !

Profil
• Né le 3 juillet 1987 à Caen
• 1,88 m, 86 kg
• Roadbook : Caen (2005-08), Vannes (p. 2008-09), Sedan (2009-11), Rennes (2011-17)
International A

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