Équipe de France

Benoît Costil : « Bordeaux, c’était comme une évidence »

A 30 ans et après six saisons à Rennes, le nouveau gardien des Girondins voit grand. Il n’oublie pas les Bleus, où il n’est pas seulement le jumeau non officiel d’Olivier Giroud. Entretien sans les gants !

PLANETE FOOT : Comment juges-tu tes premières semaines en Gironde ?
Benoît COSTIL :
Bien. Ce sont de bons débuts parce que les résultats sont encourageants. Il faut forcément un temps d’adaptation quand on a passé six ans dans un club, même à mon âge. Ce n’est jamais évident. J’ai été très bien accueilli. Petit à petit, tout se met en place.

PF : Pourquoi Bordeaux ? Tu avais le choix en fin de saison, non ?
B.C. :
Bordeaux, c’est un club qui a une histoire. Je l’ai ressenti en arrivant. C’est un nom qui résonne dans le foot français et en Europe. On voit bien qu’on met les pieds dans une maison qui représente quelque chose. Les structures, le centre d’entraînement, toutes les conditions sont réunies, et puis il y a un projet très intéressant avec un coach, Jocelyn Gourvennec, qui a joué un rôle primordial dans mon choix. Il a prolongé son contrat en fin de saison dernière. Pour moi, c’était un signe de plus.

PF : Tu as privilégié la France plutôt qu’un départ à l’étranger. Pourquoi ?
B.C. :
Il y a eu des approches de plusieurs clubs qui s’intéressaient à moi, italiens, allemands et même espagnols. Mais rester en France me donne des certitudes. Il y a des objectifs à atteindre avec le club et j’en ai d’autres plus personnels. A la fin de la saison se disputera la Coupe du monde, j’en ai tenu compte dans ma réflexion avec mon entourage. Même si c’est encore loin, je me dis que j’ai plus de possibilités en étant performant à Bordeaux. J’ai été très déçu de ne pas être dans la liste au mois de septembre. Et je ne suis pas négatif en disant cela. Hugo (Lloris), Steve (Mandanda) et Alphonse (Areola) sont de très bons gardiens et je respecte les choix du coach. C’est une chance qu’il y ait des portiers de ce niveau en France. Quand j’entends dire que le troisième gardien est là pour ramasser les ballons, c’est pour moi soit de la pure méchanceté gratuite, soit de l’incompétence. Je crois que les gens ne se rendent pas compte du travail qu’il faut accumuler pour rejoindre la sélection. Tous les gamins en rêvent. J’ai eu la chance et le privilège d’en être. Je continue à bosser pour faire en sorte d’y revenir. Si on fait appel à moi, je ferai en sorte de répondre présent et je sais que j’aurai des arguments en jouant le haut de tableau à Bordeaux. C’est là, présent dans ma tête. A moi d’être performant.

PF : Est-ce que signer à Bordeaux est pour toi un signe d’évolution dans ta carrière ?
B.C. :
C’est exactement ça. Avec tout le respect que j’ai pour le Stade Rennais, c’est une nouvelle aventure qui commence pour moi. Une nouvelle étape dans ma vie de joueur professionnel, avec un club qui a connu le succès, il n’y a pas si longtemps, et qui se veut très ambitieux. Je découvre une nouvelle structure, de nouvelles personnes, de nouveaux collègues. C’est un tout. Mais il s’agit d’une évolution progressive à mes yeux. C’est aussi pour cela que Bordeaux était comme une évidence : cette étape représente une remise en question en même temps qu’une progression.

PF : Comment as-tu appréhendé le fait de succéder à Cédric Carrasso qui représentait beaucoup, aussi bien au niveau du club que des supporters ? N’était-ce pas une pression supplémentaire ?
B.C. :
Certaines choses n’ont pas été évidentes, c’est vrai. J’ai eu, par moments, l’impression d’être attendu au tournant. Mais je n’étais pour rien dans cette situation. Moi ou un autre gardien, cela aurait été pareil de toute façon. J’ai énormément de respect pour tout ce qu’a accompli Cédric aux Girondins et j’irai même jusqu’à Ulrich Ramé. Dans ma carrière, je suis passé par des endroits où des gardiens étaient restés longtemps avant moi. C’est maintenant à mon tour de m’inscrire dans la durée en prenant exemple sur des garçons comme Cédric ou Ulrich pour avancer. Je suis honoré d’être dans la continuité de ceux qui ont marqué l’histoire des Girondins de Bordeaux.

PF : Mais il y a eu quelques mots, quand même, avec certains supporters. Comment l’as-tu vécu ?
B.C. :
Concernant les supporters, je sais que beaucoup ont été déçus du départ de Cédric. Il y a eu un petit incident à la fin du match contre Troyes mais plusieurs d’entre eux sont directement venus me voir pour me dire qu’ils n’avaient rien contre moi, que j’étais le bienvenu. On remplace toujours quelqu’un, on est toujours remplacé par quelqu’un…

PF : Bordeaux réalise un début de saison prometteur en championnat malgré l’élimination en préliminaires de la Ligue Europa. Quels sont tes objectifs ?
B.C. :
C’est toujours difficile à évaluer, il y a une concurrence très forte et dense. Disons que c’est à nous de jouer les trouble-fêtes. On est cohérent dans le jeu, on a de la qualité un peu partout. On est ambitieux, on regarde vers le haut et je suis intimement convaincu qu’on peut embêter les équipes de tête.

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