Équipe de France

Benoît Costil, à crédit et en stéréo

Le Rennais Benoît Costil n’est jamais entré en jeu avec l’équipe de France mais il fait maintenant partie de la maison. C’est le statut si particulier du numéro trois.

En concurrence avec Alphonse Aréola (« Je ne lui souhaite que le meilleur, je pense qu’il va aller très loin »), 23 ans, qui réussit une très belle saison avec Villarreal en Liga, le dernier rempart du Stade Rennais, Benoît Costil, n’a pour lui ni l’exotisme du championnat étranger, ni l’apanage de la jeunesse. Mais même à bientôt 29 ans (il les fêtera pendant l’Euro), le portier breton possède une longueur d’avance pour le poste de troisième gardien. Le poste à part.
Celui qui est promis au ramassage des chasubles les matins d’entraînement, au banc de touche les soirs de match. Celui qui est sûr de ne jamais jouer mais qui doit s’y préparer à tout moment. Celui qui doit pousser le groupe. Le faire avancer. Le faire mieux jouer mais en ne jouant pas.
« Bien sûr que me savoir numéro trois me chiffonne. Je ne suis pas le mec le plus sympa, je peux même être con mais si Didier Deschamps me sélectionne, c’est qu’il a constaté que j’avais des qualités. En club comme en sélection, le rôle de troisième gardien est le même. Il faut des porteurs d’eau, des besogneux. Maintenant, je ne vais pas en sélection avec mon appareil photo et des étoiles dans les yeux. J’y vais pour montrer que je mérite d’y être. Je ne suis pas le G.O. de service, je veux être performant si on fait appel à moi. A Rennes, Rolland Courbis a un discours très flatteur à mon égard. Il est très exigeant avec moi, c’est parfait pour progresser. »
Lui, le Rennais normand (il est né à Caen), a pour habitude d’en faire plus que moins, même lors de la plus légère des séances. Il s’était blessé à l’entraînement avec les Bleus en septembre. Pas d’opération mais une rupture du ligament latéral interne du genou droit. Bilan : deux mois passés loin des terrains. « J’ai très bien bossé tout en respectant à la lettre le protocole. » De retour dès novembre, il a toujours été dans le groupe depuis.
« Avec Hugo (Lloris) et Steve (Mandanda), nous sommes quasiment de la même génération. Steve est de 1985, Hugo de 1986, moi de 1987, on ne se connaissait pas directement mais on se suivait à travers les sélections de jeunes et les connaissances que nous avions en commun. J’ai eu quelques rassemblements avec Hugo en Espoirs, Steve est du Havre, pas très loin de Caen. Nous ne sommes pas amis, c’est un bien grand mot, mais ce sont des personnes pour qui j’ai beaucoup de respect. Et ça se passe super bien entre nous. »
Et ce rôle de numéro trois, alors ? « Mais les gens se font des idées ! Moi, je suis là pour bosser, être à la disposition du sélectionneur, des joueurs, de Hugo, de Steve, être le plus performant possible. Quand j’arrive, je connais ma mission. Je dois la remplir parfaitement pour que tout le monde soit satisfait. Je ne débarque pas avec mon nez rouge et un chapeau sur la tête. »
Bon, sa place dans le groupe, alors ? « Franchement, j’ai découvert des personnes remarquables. Des gens bien avec qui on a envie de rire et de passer du bon temps. Je me suis rendu compte, en l’intégrant, pourquoi l’équipe de France redorait son blason depuis quelque temps. C’est un groupe qui mérite d’être soutenu et aimé. »

PROFIL
Gardien de but
Né le 3 juillet 1987 à Caen
28 ans
1,88 m, 86 kg
Club : Rennes

VISA
0 sélection
Expérience à l’Euro : 0 match
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 0 match
Il s’est blessé avec les Bleus à l’entraînement en septembre. De retour dans le groupe depuis France-Allemagne, le 13 novembre 2015.
SITUATION PERSONNELLE
A Rennes depuis cinq saisons, il a prolongé (en 2013) son contrat jusqu’en 2017. « C’est une suite logique. Je suis bien au club, heureux de vivre dans cette ville et de défendre les couleurs du Stade Rennais. Je me vois dans le nouveau projet, l’intérêt était commun », se justifiait-il alors. Dans six mois, il sera libre de signer où il veut. Plusieurs clubs sont à l’affût mais la formation bretonne, où il fait partie des cadres, a des arguments à faire valoir elle aussi.

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