Interview

Benjamin Fall : « Désormais, je bosse plus en qualité qu’en quantité »

Souvent blessé ces dernières années, Benjamin Fall a retrouvé de sacrées sensations à Montpellier. Il a changé son approche et le jeu lui convient beaucoup mieux. A tel point que l’ailier de 26 ans a été rappelé en équipe de France la saison dernière. Aile du désir, aile du plaisir…

UNIVERS DU RUGBY : Après quatre années au Racing Métro, tu as relancé ta carrière à Montpellier. Comment s’est passée l’adaptation ?

Benjamin FALL : Je suis arrivé à Montpellier l’été dernier. J’avais envie de me relancer, de retrouver du plaisir et de regagner ma place dans le groupe France. Montpellier est une équipe avec un gros volume de jeu. On a réalisé une grosse préparation physique, la plus dure de ma carrière ! Sur le début de saison, je suis relati­vement content de l’équipe et de moi. J’ai retrouvé du plaisir et des sensations.

UDR : Montpellier pratiquait un jeu qui te convenait mieux ?

B.F. : La prise d’initiatives est plus marquée. Le système de jeu fait qu’on est obligé d’écarter le ballon. Fabien Galthié (ndlr : remercié dans le courant de l’année) aimait qu’on se passe la balle après contact. En défense aussi, il faut prendre des risques. Je pense m’identifier davantage à ce jeu, surtout par rapport au Racing. Même si cette année, les Franciliens jouaient plus que quand j’y étais.

UDR : Toi qui as souvent été blessé ces dernières années, as-tu travaillé différemment ton physique ?

B.F. : Avant, j’avais tendance à en faire trop, je me pétais souvent. Je n’avais pas le même rendement au Racing qu’à mes débuts à Bayonne. J’avais tendance à vouloir me rassurer par le travail. Je bossais la vitesse et je faisais du physique en plus, en étant dirigé un peu mal et en étant un peu maladroit. Au final, ça m’a plus porté préjudice qu’autre chose. Je n’arrivais pas à enchaîner les matches et je me blessais. A Montpellier, c’est différent, on arrive à me canaliser. Le staff me dit : « Tu t’es bien entraîné aujourd’hui, tu n’as pas besoin d’en faire plus. » Il y a beaucoup d’échanges. Fabien (Galthié) gérait cela de façon à ce que je puisse jouer les rencontres. J’ai pas mal changé, j’ai modifié mon approche. Désormais, je bosse plus en qualité qu’en quantité.

UDR : Psychologiquement, y a-t-il également du changement ?

B.F. : Le climat et la ville font que nous avons la tête aérée. La vie ici est beaucoup moins stressante qu’à Paris, les gens sont super. Dans ma tête, tout est différent. Je ne réfléchis plus à certaines choses auxquelles j’aurais pensé par le passé.

UDR : Le Top 14 est-il plus ouvert, selon toi ?

B.F. : Ça va être assez ouvert, oui. Toulon et Clermont ont un peu creusé l’écart. Il y a aussi les Coupes d’Europe à gérer. Nous, on va donner le maximum. On reste en embuscade.

UDR : A ton poste, il y a beaucoup d’étrangers en Top 14. Est-il encore plus dur de s’imposer ?

B.F. : C’est dur de s’imposer mais ça permet de se jauger par rapport aux meilleurs. Cette concurrence te force à te dépasser et à travailler encore et toujours. C’est un vrai plus.

UDR : Tu as été appelé pour un rassemblement des Bleus, comment as-tu vécu ce retour ?

B.F. : Je suis très heureux car c’était l’un de mes objectifs. Je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite. C’est la récompense de beaucoup de travail et de sacrifices. Je la partage avec mes coé­quipiers qui m’offrent de bons ballons à exploiter.

UDR : Penses-tu que le groupe France soit lui aussi ouvert à l’heure actuelle ?

B.F. : Oui. Les cartes ont été redistribuées. Le sélectionneur joue sur la concurrence pour apporter du piment, régénérer l’équipe. On a besoin de sang neuf en permanence. Le stage est intense, les tests sont difficiles, les organismes sont fatigués mais ça permet de mieux se connaître, de réapprendre les bases, les systèmes de jeu. C’est toujours bénéfique de participer aux stages de Marcoussis.

UDR : As-tu discuté avec Serge Blanco qui a rejoint le staff des Bleus ?

B.F. : Oui, on a eu des discussions. Il est là pour faire le lien entre le staff et les joueurs et apporter un plus. Sa présence est béné­fique. Il aime déconner mais il est très sérieux quand il le faut. Il nous conseille, nous rassure, prend la température et des nouvelles de tout le monde. L’équipe de France a obtenu des résultats délicats ces derniers mois mais l’objectif, c’est la Coupe du monde 2015 en Angleterre. Quand on voit jouer les équipes de l’hémisphère Sud, on comprend qu’elles sont un niveau au-dessus. Le XV de France est en train de se construire, ça va venir. Maintenant, nous sommes dans l’obligation de décrocher de bons résultats.

UDR : Que t’a dit ton coach Fabien Galthié quand il a appris ta sélec­tion ?

B.F. : (Rires) Il m’a dit : « C’est bien, c’est arrivé rapidement ! Profite, donne le maximum. »

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