Équipe de France

Belgique : Une belle histoire à écrire (1)

Quatre ans après l’expérience inachevée du Brésil et deux ans après le crash de l’Euro en France, les Diables Rouges paraissent plus sereins et mieux armés que jamais. Evidemment, ça peut faire très mal.

Médoc. Ils étaient hébergés à l’hôtel du Golf, au Pian-Médoc, et leur Euro a tourné vinaigre. Eliminés dès les quarts de finale par le Pays de Galles (3-1) après une défaite face à l’Italie qui avait laissé des traces, déjà, au 1er tour (0-2). La Belgique a eu du mal à s’en remettre. D’abord parce que les supporters en ont voulu à leurs joueurs, dont le talent et le pedigree, c’est vrai, les obligent à voir haut. Surtout parce que l’affaire a fait grand bruit de l’autre côté de la frontière, quand les journalistes et les suiveurs ont révélé que des membres du staff s’étaient laissés aller pendant la phase finale, dans l’intimité de leur hôtel.
Après une victoire sans accroc contre la Hongrie, certains auraient eu le lever de coude facile, à tel point que quelques-uns auraient dû être portés jusqu’à leur chambre à l’issue d’un barbecue organisé en présence de leur famille… Diablement drôle ou carrément grave suivant le degré de lecture. C’est surtout les dommages collatéraux au sein du groupe qui ont fait vaciller l’équipe. Comme le symbole d’une fracture entre les joueurs et le staff. Entre les joueurs et Marc Wilmots.
Après l’élimination face aux Gallois de Gareth Bale, le ton est monté – fort – entre le sélectionneur et le gardien Thibaut Courtois, en plein milieu du vestiaire. Les deux hommes sont sortis pour s’expliquer et les murs ont tremblé. Car si les supporters ont peu goûté le parcours raté de leurs héros à l’Euro, c’est peu dire que les joueurs en ont eu gros sur la patate eux aussi. La fracture était trop grande. Il fallait opérer. Consciente des enjeux et de l’urgence de la situation, la royale Fédération a taillé dans le vif.
Après les échecs Georges Leekens et Marc Wilmots, le choix s’est porté sur un entraîneur étranger. Jeune, voire très jeune (retraité des terrains en 2007), habitué à la pression et tourné vers le jeu offensif. Roberto Martinez a été l’Elu. Espagnol élevé à la sauce Premier League, l’ancien coach d’Everton a repris le flambeau dès le mois d’août 2016. Objectif : Coupe du monde 2018. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune premier n’a pas traîné. Avec très vite un premier choix fort qui a lui aussi dépassé les frontières du ring de Bruxelles : l’embauche de Thierry Henry pour chapeauter les attaquants. Le ton était donné. Ambitieux, osé, sans peur ni reproche.
Quinze matches et quinze mois plus tard, le bilan est éloquent. Les Belges ont caracolé en tête de leur groupe de qualification avec, au bilan personnel de Martinez en comptant les amicaux, 11 victoires et 3 nuls en 15 matches. Et Henry, notre Titi national ? Avec 43 buts marqués en dix matches de qualification dans leur groupe H, les Belges ont terminé meilleure attaque d’Europe, ex aequo avec l’Allemagne. Pas mal comme premier bulletin de notes. Mais le plus dur se profile maintenant. Certes, ils ont caracolé mais avec Gibraltar, Chypre, l’Estonie, la Grèce et la Bosnie-Herzégovine dans leur groupe. Même si l’on connaît la densité et le resserrement au plus haut niveau – ce ne sont pas les Bleus et les Luxembourgeois qui oseront prétendre le contraire -, ce n’était quand même pas le pire des tirages. Il n’en reste pas moins que la Belgique joue dans une autre catégorie. Plus le choix.
Les Diables ont été 1ers au classement FIFA. Ils sont des abonnés du Top 8 depuis maintenant plusieurs années (5es au dernier pointage). Ils sont têtes de série. Ils font partie des grands et c’est peut-être là que se niche le plus gros du travail de Martinez et de son staff. Car on se souvient très bien du quart de finale contre l’Argentine à Brasilia il y a bientôt quatre ans. L’ouverture du score de Gonzalo Higuain très tôt dans le match, presque sur une anomalie, une frappe à l’entrée de la surface où l’Argentin jouait, pendant que les défenseurs belges regardaient. Et puis plus rien. L’expérience avec un grand « E » de l’Albiceleste qui fait le reste.
Quatre ans plus tard, la génération en or menée par Eden Hazard n’a plus le passe-droit (et l’excuse) de la jeunesse. Les Belges n’avancent plus masqués. Ils le savent mais tous les autres également. Et c’est bien là que se situe le défi de Roberto Martinez. Et de notre Titi, aussi, un peu. Après, il sera toujours temps d’ouvrir un grand cru. Même du Médoc.

1er tour
Le 18 juin à 17h, Stade Ficht à Sotchi : Belgique-Panama
Le 23 juin à 14h, Stade du Spartak à Moscou : Belgique-Tunisie
Le 28 juin à 20h, Stade de Kaliningrad : Belgique-Angleterre

Visa mondial
• Superficie : 30 528 km2
• 11,35 millions d’habitants
• Capitale : Bruxelles
• Fédération : Union Royale Belge des Sociétés de Football Association
• Année de fondation : 1895
• Affiliation FIFA : 1904
• Couleurs : maillot rouge, short noit et bas rouges
• Equipementier : Adidas

Classement FIFA : 5

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