Étranger

Bayern Munich, le géant qui ne dort jamais (1/2)

Le géant de Bavière porte bien son nom. Parce qu’à l’échelle du monde, c’est Shrek, le plus gros des ogres, et parce qu’il porte fièrement les couleurs de sa région, jusque dans son nom. Bayern… Six lettres et tout est dit. Enfin, presque. Voici le reste.

Deux Coupes Intercontinentales, un Mondial des clubs. Cinq Ligues des champions, les trois Coupes européennes dans la vitrine (C1+C2+C3 ; ils ne sont que quatre dans le monde avec la Juventus Turin, Chelsea et l’Ajax Amsterdam), des titres à la pelle… Le Bayern Munich se sent presque seul dans son royaume de Bundesliga, où le Borussia Dortmund, le Borussia Mönchengladbach, le Werder Brême ou Hambourg, par exemple, sont des noms qui résonnent mais qui ne pèsent pas bien lourd à côté du monstre de Bavière. Des papillons, des éphémères, comparés à l’ogre. A Munich, il y a la Pils et des chopes lourdes à porter, même vides, et il y a le Bayern. Attention, vous approchez un domaine réservé. Entrée autorisée, à la condition impérative de supporter la pression.

Les origines
Drôle d’endroit pour une rencontre. La création du Bayern Munich, en 1900, rappelle les origines du foot en Allemagne. A la fin du XIXe siècle, la gymnastique domine toutes les disciplines sportives en Allemagne. Les gymnastes, souvent nationalistes quand il n’étaient pas militaires, observaient les footballeurs du coin de l’œil : pour eux, le foot, cette invention anglaise, n’était qu’un phénomène de mode. Un jeu brutal, un truc malsain, en opposition avec l’idée que l’on se faisait du corps et de la culture physique au pays. Et puis la chose était importée de l’étranger, il fallait la combattre.
C’est donc dans un gymnase que les pionniers pratiquèrent leur nouvelle discipline, sous le regard pour le moins sceptique, pour rester poli, des athlètes à la barre fixe et aux pectoraux surdéveloppés, jusqu’à ce 27 février 1900, quand onze « rebelles » rédigèrent les statuts d’un nouveau club entre les murs du restaurant Gisela, en plein centre-ville. Le Bayern Munich était né. Le Café Gisela : l’adresse est toujours assidûment fréquentée par les joueurs et les membres du club aujourd’hui. Un vrai QG, même.

La première auberge espagnole se trouvait en Bavière
Le Bayern s’implante à Schwabing, quartier bohème et populaire de Munich. Schwabing, le fief des artistes et des étudiants où l’on trouve, hasard ou pas, l’un des plus grands jardins publics du monde : l’Englischer Garten (le jardin anglais). Le club y développe, au cours de ses premières années, une culture à la fois élitiste et cosmopolite. Il n’est pas rare de voir des joueurs avec la cravate nouée autour du cou sur le terrain…
Les membres du Bayern sont catalogués « bourgeois ». Très vite, le FCB devient la première adresse pour les étudiants allemands qui débarquent des quatre coins du pays, voire de l’étranger. Le Bayern : la première auberge espagnole… C’est cette ouverture sur l’extérieur qui en fera le plus grand club de Munich et de Munich, une plus grande ville de football. Car le ballon commence à s’implanter dans la culture sportive allemande.

Une carte Vitale full options
Dans le cercle fermé des clubs qui ont remporté toutes les Coupes d’Europe, le Bayern Munich est un peu la tangente, la circonférence et l’épicentre. En gros, le Bayern prend beaucoup de place. Les Bavarois ont patienté longtemps, très longtemps. Plus de cinquante ans, avant de remporter leur premier trophée. Depuis, ils rattrapent le temps perdu. La victoire en Coupe d’Allemagne 1957 restera à jamais la première. Les plus anciens ne l’oublieront jamais, mais…
Vingt-cinq titres de champion d’Allemagne (le premier championnat professionnel d’outre-Rhin fut créé en 1963, le Bayern y accéda en 1965 et le remporta pour la première fois en 1969), 18 Coupes, 10 Supercoupes, 6 Coupes de la Ligue. Au niveau national, personne n’ose lever les yeux face à l’ogre. Mais le Bayern, c’est aussi 5 Ligues des champions, 1 Coupe des Coupes, 1 Coupe de l’UEFA, 1 Supercoupe d’Europe, 1 Mondial des clubs et 2 Coupes Intercontinentales. C’est monstrueux et ça va continuer. A chaque fin de saison, la liste s’étire.

Une encyclopédie, trois heures de gloire : La dynastie des seventies
Ah, les années 70… La décennie laissera son empreinte un peu partout et partout dans le monde du football. Les seventies, c’est le premier âge d’or du Bayern, qui fit la loi en Allemagne avec trois titres consécutifs de champion (1972, 1973, 1974) et trois victoires d’affilée dans la plus prestigieuse des Coupes européennes, celle des clubs champions (1974, 1975, 1976). Il s’agit de l’équipe à battre mais personne n’y parvient. Les Certs auraient pu, en finale, en 1976 à Glasgow, mais tout ne tournait pas rond, surtout pas les poteaux.
Gloire à Franz Beckenbauer, l’icône, qui intégra la section Espoirs du club à 13 ans et dont Pelé dira que « sur le terrain, il se distinguait davantage par son intelligence que par sa puissance. Son style de jeu était plus brésilien qu’allemand. » Gloire aussi à Gerd Müller, le Bombardier, sept fois meilleur buteur du championnat allemand, et à Sepp Maier, élu meilleur footballeur allemand des années 1975, 1977 et 1978, un comble pour un gardien de but. Les symboles et la colonne vertébrale d’une véritable machine de guerre qui reste encore perçue, aujourd’hui, comme l’une des plus grosses équipes de tous les temps.

A suivre…

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