Étranger

Autriche : La Wunderteam est de retour (1)

On exagère un peu. Il n’empêche que la sélection autrichienne, après des décennies de disette, vient d’effectuer un come-back assez remarquable au premier plan. Gare à l’outsider !

Il s’agit d’une équipe qui n’a pas d’histoire. Ou plutôt si, mais tellement lointaine que la plupart d’entre nous ne l’a pas connue. C’est tellement ancien, il s’agissait des années 30, d’une certaine idée du jeu et de quelques magiciens du ballon avec l’incomparable Matthias Sindelar à la baguette. C’était un orchestre majestueux. On l’appelait la « Wunderteam » (l’équipe merveilleuse), ce qui voulait tout dire.
Depuis, la sélection autrichienne traînait son âme sur des vagues de jeu incertaines. Elle avait obtenu une qualification plus que borderline au 2e tour du Mondial 1982, face à l’Allemagne (un 1-1 qui arrangeait les deux formations et blackboulait l’Algérie du tournoi), et n’avait rien montré depuis, si ce n’est une élimination dès la phase de poules lors de la Coupe du monde 1998 en France.
Au niveau de l’Euro, les comptes étaient encore plus secs. Aucune qualification directe et une seule participation quand, avec la Suisse, elle avait co-organisé le tournoi en 2008. Pour un résultat misérable : un nul, deux défaites, un petit but pour, trois contre. Et hop, éjectée de la compétition dès son entrée en lice. Auf wiedersehen ! Dès lors, comment, seulement huit ans plus tard, expliquer la renaissance d’une formation qui a traversé les éliminatoires de manière stratosphérique (un nul pour commencer puis neuf victoires de rang) ? En grillant la politesse, s’il vous plaît, à la Russie et à la Suède de Zlatan Ibrahimovic, entre autres (avec une flamboyante victoire 4-1 au pays d’Ikea) ?
On ne parlera pas là de génération spontanée puisque, si l’on excepte le cas David Alaba, ce groupe très réduit – 20 joueurs seulement utilisés pendant les qualifs – ne dispose pas franchement de têtes de pont au CV long comme un manche. Mais le très discret Marcel Koller, sélectionneur débarqué avec deux titres de champion de Suisse (Saint-Gall puis les Grasshoppers Zurich en 2000 et 2003, ce qui commence à dater), a réussi à créer un amalgame aussi étonnant que détonnant.
Cette Autriche, qui a été tout schuss sur la route des éliminatoires, a même le droit de rêver plus grand aujourd’hui. « On essaie de tracer notre route, d’avancer sur le chemin que l’on s’est fixé, assure Koller, sans se prendre pour ce et ceux qu’on n’est pas. » Serait-ce alors ça, l’histoire improbable de cette formation venue de nulle part et qui risque d’en faire souffrir plus d’un en juin prochain ? Alaba appuie : « On ne se présentera surtout pas en victime. Nous avons la volonté de montrer le meilleur de nous-mêmes. » Et à vrai dire, personne n’en doute. Parce que oui, cette équipe a une vraie bonne tête d’outsider capable de brouiller la donne.

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