Équipe de France

AS Monaco, le foot en mode princier (1)

Même si la saison un peu dingue que viennent de nous livrer les Monégasques restera gravée pour longtemps dans les mémoires, il ne faudrait pas réduire l’histoire de l’ASM à cette folie douce. Le champion 2017 est aussi un mastodonte du foot français. On vous dit pourquoi.

Sur le Rocher, l’éperon n’est pas qu’un bout de caillou. Il y a le blason monégasque et tout le tintouin du protocole princier qui va avec. A l’heure de la relève de la garde sur la place du Palais, par exemple, les touristes affluent autant pour la fulgurance panoramique – quelle vue, quand même, de Fontvielle d’un côté jusqu’à l’Italie de l’autre – que pour les gros plans serrés sur les gardes de SAS Albert, comme on zoome un QPR à Buckingham Palace ou un garde suisse sur la place Saint-Pierre. Le blason compte, les couleurs rouges et blanches sont emmaillotées à chaque lampadaire et rappellent que nous ne sommes plus ou pas encore en France, suivant que l’on arrive par la route ou par la mer.
Monaco, c’est encore le bruit furieux des V12 qui crachent en pleine rue, du cheval cabré et du bolide de collection qui se touchent à tous les feux. Monaco, c’est la F1, évidemment, Sainte-Dévote, la Rascasse et quelques noms magiques, un country-club réputé, parmi les plus beaux du monde pour qui veut taper des balles sur terre battue. Le cœur du sport bat en Principauté mais le foot y tient une place à part. L’AS Monaco, quand même. Le seul maillot zébré dans sa diagonale, modèle mythique imaginé par la Princesse Grace en 1960. Une diagonale en rouge et blanc. Une institution.

LES ORIGINES

Saviez-vous que les champions de France 2017 sont aussi l’un des plus anciens clubs affiliés à la Fédération Française ? Il y a toujours, aujourd’hui, débat autour de la date réelle de création du club. L’Association Sportive de Monaco (section football) naît le 1er août 1919 d’une fusion de cinq groupes sportifs de la Principauté et de Beausoleil (une commune qui la touche, côté Fontvieille). On trouve parmi eux l’Herculis, créé en 1903 et dont le nom figure toujours au meeting international d’athlétisme, étape immanquable de la Ligue mondiale chaque année.
Affilié sous le numéro 91, le club reste donc l’un des plus anciens de la Fédération Française de Football. Suite à cette première fusion d’envergure, l’Association Sportive de Monaco omnisports est fondée en 1924. L’ASM – catégorie foot – est absorbée à son tour pour devenir la section football de cette nouvelle place forte du sport en Principauté. Car si on tapait déjà dans le ballon depuis le début du siècle, c’est surtout au lendemain de la Première Guerre mondiale qu’on y joue vraiment.

L’exception princière : La paix fiscale depuis janvier 2014
C’est en janvier 2014 que le bras de fer a pris fin. Juste avant la décision du Conseil d’Etat. Il était temps. La LFP et l’ASM ont réglé leur litige autour d’un gros chèque. Enfin, deux chèques. Cinquante millions d’euros réglés en deux fois et voilà Dmitri Rybolovlev, le milliardaire russe actionnaire majoritaire depuis 2011, qui s’offre la paix fiscale éternelle. Il faut rappeler que l’ASM, dont le siège est situé au stade Louis II et donc en Principauté, bénéficie de la fiscalité monégasque, qui lui octroie un avantage vu comme une injustice par les autres clubs français. Cinquante millions et la garantie de participer au championnat de France et aux compétitions relatives aux clubs français. Le fameux numéro 91 affilié à la FFF…

LES GRANDES HEURES

Les années 60 : Les premiers titres
Nouveau maillot, premier titre. C’est lors de la saison 1960-61 que l’ASM change de tunique. Un maillot à diagonale, imaginé par Grace Kelly, qui porte chance aux joueurs puisqu’ils remportent le premier titre de champion de France de l’histoire du club. Mais l’année, la référence, c’est 1963. L’AS Monaco réussit le doublé (le seul à ce jour) avec un coach illustre, Lucien Leduc, et des joueurs emblématiques comme Henri Biancheri, Georges Casolari, Théodore Szkudlapski ou Michel Hidalgo. L’équipe s’adjuge également le trophée Teresa-Herrera, l’un des plus grands tournois du monde à l’époque, en battant les Brésiliens de Vasco de Gama en finale. Feu d’artifice sur le Rocher.

Les années 70 : La magie Onnis
Alors que le club fait l’ascenseur entre la Première et la seconde division, un Argentin débarque sur le Rocher. Il est attaquant, trapu et râblé. Il vient de Reims et il va devenir l’un des joueurs les plus marquants de l’histoire du club. Son nom : Delio Onnis. Huit saisons et des buts à tire-larigot. Deux fois meilleur buteur du championnat (en 1975 et 1980), il remporte le titre de champion 1978 et la Coupe de France 1980. Reléguée en Deuxième division, l’ASM retrouve l’élite dès la saison suivante (vice-championne de D2) puis réussit l’exploit de décrocher le titre l’année d’après. Aux côtés d’Onnis le magicien, les hommes forts se nomment Christian Dalger, Rolland Courbis, Jean Petit ou encore Jean-Luc Ettori, le gardien à la moustache.

Les années Wenger : En mode européen
Les années 80 voient se succéder trois coaches de renom sur le banc : Gérard Banide, Lucien Muller et Stefan Kovacs. Mais c’est en 1987 que la roue tourne vraiment avec l’arrivée d’Arsène Wenger. Dès sa première saison, l’Alsacien mène les Rouges et Blancs à la conquête de leur cinquième titre. Glenn Hoddle et Mark Hateley donnent un accent très british au stade Louis II, qui a été inauguré dans sa nouvelle configuration en 1985, offrant une nouvelle impulsion au club.
Pour la première fois, l’ASM se hisse dans le grand huit européen : quart de finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions. Puis demi-finaliste de la Coupe des Coupes en 1990, éliminée par la Sampdoria Gênes. Le Rocher se fait une place dans la cour d’Europe. Et accroche, au passage, la Coupe de France en prenant sa revanche sur l’OM (1-0) en 1991.

A suivre…

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