Équipe de France

Anthony Réveillère : « Mes débuts en bleu »

11 octobre 2003. L’équipe de France, déjà qualifiée pour l’Euro 2004, clôt ses éliminatoires face à Israël au Stade de France. Jacques Santini, privé de nombreux titulaires, recentre Lilian Thuram en charnière centrale. C’est une première. A droite, Anthony Réveillère. Une première aussi.

« Ma première sélection ? Je crois que c’est France-Israël, non ? » Quand on lui pose la question, Anthony Réveillère n’est pas tout de suite au marquage. Mais il rectifie vite le tir. « C’était sous l’ère Jacques Santini, il y avait pas mal de blessés. Je joue à droite, aux côtés de Lilian Thuram et Jean-Alain Boumsong. Il y avait Bixente Lizarazu à gauche si je me souviens bien. »
Exact. Et quelques pelletées de sélections à ses côtés. Derrière Anthony, dans les buts, Fabien Barthez honore sa 63e cape. Thuram (93e) et Liza (89e) gonflent la colonne expérience à 245 sélections. Cela vous classe une défense. Et encore, Marcel Desailly, le recordman, est blessé à la hanche. Pas en mesure de porter son record d’alors à 112 sélections.
A cette époque, la balance de l’expérience n’a pas de concurrence en équipe de France. « Antho », comme on le surnomme déjà à Lyon, est un vrai Bleu pour le coup. William Gallas, touché à la tête du péroné avec Chelsea, n’est pas là non plus pour cette dernière levée éliminatoire sur la route de l’Euro portugais de 2004. Jacques Santini, qui a pris la succession de Roger Lemerre après le fiasco sud-coréen, veut terminer la thérapie de groupe par une victoire. Ce sera chose faite face à une très faible équipe d’Israël. Huitième victoire d’affilée et grand chelem en qualifs.
Dire que le groupe (Chypre, Malte, Israël, Slovénie) était peu relevé est un doux euphémisme. N’empêche, il n’y a pas de petits profits. Et quand bien même, hein, l’histoire récente est là pour rappeler la portée de la performance. La preuve, ce sans-faute en éliminatoires assure alors les Bleus une série de 12 victoires, record égalé – et battu un mois plus tard en amical en Allemagne, un soir de match parfait ou presque (0-3).
Mais revenons à notre mouton. Antho, donc. A mi-chemin entre le souvenir et la rétro, celui qui était déjà à l’Olympique Lyonnais (!) retrouve vite le fil de l’histoire. « Je me souviens d’un bon match. Les premiers ballons m’ont un peu brûlé les pieds. C’est sûrement toujours un peu comme ça, une première sélection, on veut bien faire, en faire trop. Mais ça s’est bien passé. Il y a la victoire au bout. Juste avant la mi-temps, j’obtiens un coup franc, Zizou dépose le ballon et Boum (Boumsong) marque de la tête. » 3-0, fermez le ban.
Jacques Santini devait faire face à une cascade de blessures. Après les forfaits de Mikaël Silvestre et Marcel Desailly, le capitaine, c’est William Gallas qui renonce le matin du match. Pour la première fois depuis sa prise de fonctions, le sélectionneur décide de décaler Lilian Thuram en charnière centrale. « Je savais que j’avais Thuram à ma gauche, se souvient Anthony. Il me parlait beaucoup, c’était un vrai guide sur le terrain. Au fur et à mesure que le match avançait, je me suis libéré. En jouant simple, le plus simplement possible. En donnant le ballon à Zidane ! »
Et avant ? Les entraînements, Clairefontaine, tout ça ? « Justement, il y avait de tels joueurs… Des champions du monde. Thuram, Zidane, Barthez, Lizarazu… Pires qui revenait aussi, Henry, Trezeguet. Quand j’arrive, j’observe, j’écoute les champions du monde et champions d’Europe. C’était surtout un plaisir de les côtoyer, de s’entraîner et de jouer avec eux. Oui, c’était une fierté de me retrouver à leurs côtés. Il y avait Olivier Dacourt aussi. Une sacrée équipe ! Le château, le premier entraînement, c’est un tout. Clairefontaine, je connaissais, j’y étais venu régulièrement avec les sélections de jeunes, les Espoirs. Mais là, c’était les A. »
Et une première victoire. « Ah oui, je me souviens que je portais le n°2. Mais je ne crois pas qu’il y avait nos noms sur les maillots. » Euh… si, quand même.

La fiche du match
■ Le 11 octobre 2003 à Saint-Denis, France-Israël 3-0 (3-0)
Buts : Henry (9e), Trezeguet (24e), Boumsong (43e).
■ France : Barthez – Réveillère, Thuram, Boumsong, Lizarazu – Pedretti, Dacourt, Pires (Giuly, 86e), Zidane – Henry (Cissé, 77e), Trezeguet (Marlet, 86e).
Sélectionneur : Jacques Santini.
■ Israël : Davidovitch – Harazi, Gershon, Banado, Keisi – Benayoun, Badir (Udi, 76e), Zitoni (Balali, 89e), Tal – Zandberg (Aboukasis, 46e), Revivo.
Sélectionneur : Avram Grant.

Populaires

To Top