Équipe de France

Angleterre : Roule, Britannia ! (1)

Malgré une cascade de blessures, les Three Lions ont mangé tout crus leurs adversaires au cours de la phase qualificative pour l’Euro. De quoi leur donner des idées ?

Si Roy Hodgson a utilisé trente-trois joueurs durant la campagne qualificative pour l’Euro, ce n’est pas dû à un goût effréné pour le turnover ou parce qu’il était à la recherche du groupe idoine. Non, ce sont bien les événements – contraires – qui ont dicté sa conduite, confronté qu’il a été à une invraisemblable cascade de blessures. Et pas des petit bobos.
Souvent, c’était du lourd. Parmi les plus notables, on peut signaler le cas de Daniel Sturridge qui, victime de blessures à répétition qui se sont terminées par une opération de la hanche, n’a pas joué une seule minute au cours de ces éliminatoires. Danny Welbeck, lui, les avait débutés et même plutôt très bien (cinq matches, six buts), avant d’être stoppé net en avril dernier, le genou en compote. Depuis, il n’a pas remis le maillot des Three Lions. Et il n’a carrément pas remis les pieds sur un terrain de foot.
Pour le jeune Luke Shaw, qui était en train de s’imposer au poste de latéral gauche, le déplacement de Manchester United au PSV Eindhoven, en Ligue des champions mi-septembre, aura été fatal : double fracture tibia-péroné et une indisponibilité évaluée à au moins six mois. Plus récemment, Jack Wilshere (cheville) en a pris pour trois mois. Pour Phil Jagielka (genou), ce sera deux mois. Et on pourrait poursuivre la litanie…
Et pourtant, paradoxe de la situation, malgré cette incroyable série de coups vraiment durs, l’Angleterre a été la première équipe à obtenir, sur le terrain, son billet pour l’Euro (dès le 5 septembre après une victoire 6-0 à Saint-Marin). Mieux, Wayne Rooney et les siens sont les seuls, au cours de la phase qualificative, à avoir réussi le carton plein : 10 matches, dix victoires, 31 buts marqués, 3 encaissés.
« Gagner tous nos matches éliminatoires n’était vraiment pas une chose facile, savoure Roy Hodgson, le patron du squad. On peut être fiers de notre parcours. On n’a jamais rien lâché jusqu’à la dernière rencontre en Lituanie (ndlr : succès 3 à 0) où il y avait pas mal de novices, par la force des choses, dans le groupe. Mais ces jeunes ont réalisé un travail extraordinaire et ils ont renforcé leurs chances d’être du voyage en France. »
Cette « new wave » est parvenue à s’engouffrer dans la brèche entrouverte pour creuser son propre sillon, à l’image du défenseur John Stones, du buteur Harry Kane, du délicieux milieu Ross Barkley ou de la dernière trouvaille, toujours au milieu, Dele Alli, étonnant de justesse technique à seulement 19 ans. Le sélectionneur a d’ailleurs annoncé la couleur : « Je ne prendrai, pour l’Euro, que des joueurs à 100% de leurs moyens. Pas question d’emmener un gars qui n’aura pratiquement pas joué, juste parce qu’il est talentueux, en espérant qu’il puisse miraculeusement retrouver toutes ses sensations. Non, ce ne serait pas sérieux. »
Surtout que si ce bon Roy ne confie pas ouvertement ses ambitions, le milieu de Swansea Jonjo Shelvey a lâché le morceau. « Le coach nous a dit que quel que soit l’adversaire, on devait rester nous-mêmes et continuer à gagner. Que nous pouvions encore élever notre niveau de performance et qu’avec cette équipe, il n’y avait aucune raison de ne pas viser la victoire finale. Il le veut et je suis sûr qu’on le peut. » Alors, roule, Britannia !

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