Étranger

Angleterre : God Save the Kane

L’ex-sélectionneur intérimaire Gareth Southgate est devenu le permanent qui a conduit les Three Lions à la qualification. Pour cela, il a pu compter sur un certain Harry Kane. Et ça change beaucoup de choses.

Quand Wayne Rooney a annoncé, cet été, sa retraite internationale, après quinze années au service du Royaume, il a évoqué son attachement, non feint, à la sélection et sa tristesse de ne jamais avoir remporté le moindre trophée avec elle. « Mais, a-t-il conclu, j’ai estimé qu’il était temps pour moi de passer la main et de laisser la place à des plus jeunes. » On ne sait pas s’il avait le nom de son successeur en tête. La seule chose dont on soit certain, c’est que le teenager formé à Everton qu’il a été (Everton où il termine aujourd’hui sa carrière ; un teenager qui, au milieu, a porté – pendant treize saisons – les couleurs de Manchester United) ne pouvait décemment pas souhaiter qu’un joueur de Liverpool, club honni par ses deux équipes de cœur, reprenne le flambeau. Il peut être rassuré. Dans le rôle du nouveau dynamiteur des surfaces, le perforateur new wave made in England, voici Harry Kane, attaquant propre sur lui de Tottenham.
Rooney avait disputé les quatre premiers matches des éliminatoires sans marquer le moindre but, Kane a disputé les six suivants et planté à cinq reprises, dans la continuité d’une saison qui l’a vu voler avec les Spurs (meilleur buteur de Premier League avec 29 pions en 30 matches, reparti sur des bases aussi vertigineuses pour l’exercice 2017-18). Surtout, il a inscrit des buts qui valaient cher et qui ont délivré une sélection pas forcément bien embarquée dans sa partie, comme cette égalisation à la dernière seconde du temps additionnel en Ecosse. Ou la victoire, encore dans le temps additionnel, arrachée contre la Slovénie. Harry, l’ami qui veut du bien aux Three Lions, ne lâche jamais rien.
L’homme providentiel de Gareth Southgate, boss des Espoirs devenu sélectionneur par intérim en septembre 2016 – après les ennuis de Sam Allardyce, le titulaire, pris par la patrouille les mains dans le pot de confiture – puis confirmé deux mois plus tard pour mener le team national jusqu’en Russie. Mission accomplie, sans trop de sueurs froides, grâce – un peu, beaucoup – au canonnier des Spurs. En attendant la suite des aventures, où les Anglais tenteront de passer le cut des quarts de finale qui a souvent constitué une barrière infranchissable par le passé, avec six éliminations à ce stade de la compétition en quatorze participations. Encore un effet Kane pour chasser les vieux démons ?

L’homme à suivre : Dele Alli
Dele Alli n’a que 21 ans mais il a déjà posé son empreinte, de manière indélébile, sur le jeu de Tottenham et sur celui de l’équipe nationale. Dans les deux cas, il forme un duo de feu avec l’ami Kane. Sa taille – 1,88 m quand même – n’est pas un problème pour lui et ne l’empêche pas d’afficher une technique haut de gamme, dans un style à l’élégance raffinée. Milieu axial ou côté gauche, c’est un faux pied à la patte droite subtile, passeur souvent inspiré qui est aussi capable de se transformer en buteur. Il est le porte-drapeau de la nouvelle génération anglaise – dont les équipes de jeunes se montrent particulièrement brillantes sur la scène internationale depuis quelque temps -, celui qui redonne des couleurs aux Three Lions et ravive des espoirs depuis trop longtemps en sommeil. On avait déjà commencé à le remarquer à l’Euro. En Russie, il aura deux ans de plus et autant d’expérience emmagasinée. A suivre de très près.

1er tour
Le 18 juin à 20h, Stade de Volgograd : Angleterre-Tunisie
Le 24 juin à 14h, Stade de Nijni-Novgorod : Angleterre-Panama
Le 28 juin à 20h, Stade de Kaliningrad : Angleterre-Belgique

Visa mondial
• Superficie : 130 400 km2
• 55 millions d’habitants
• Capitale : Londres
• Fédération : The Football Association
• Année de fondation : 1863
• Affiliation FIFA : 1905
• Couleurs : maillot, short et bas blancs
• Equipementier : Nike

Le chiffre : 0
Parmi les 31 joueurs qui ont disputé au moins un match de la phase éliminatoire, aucun n’évolue à l’étranger. Ce sont tous des pensionnaires de la Premier League. Home sweet home.

Classement FIFA : 12

Comment ils jouent
Si Gareth Southgate n’est pas du genre à s’enfermer dans un système – il a tenté pas mal d’expériences durant les qualifications -, le 4-2-3-1 garde sa préférence. Sinon, l’Angleterre n’a toujours pas trouvé de successeur à Joe Hart mais la charnière centrale, où peuvent aussi se glisser Phil Jones ou Chris Smalling, est solide et les joueurs de couloir intéressants. Mais c’est surtout devant que les talents se bousculent. C’est jeune, ça va vite et c’est explosif avec Marcus Rashford, Delle Alli, Raheem Sterling et Harry Kane, le plus vieux de la bande à… 24 ans.

Leurs éliminatoires
Zone Europe – 1er du groupe F
26 pts, 8 v, 2 n, 18 bp-3 bc
4.09.2016 : Slovaquie-Angleterre 0-1 (Adam Lallana)
8.10.2016 : Angleterre-Malte 2-0 (Daniel Sturridge, Delle Alli)
11.10.2016 : Slovénie-Angleterre 0-0
11.11.2016 : Angleterre-Ecosse 3-0 (Daniel Sturridge, Adam Lallana, Gary Cahill)
26.03.2017 : Angleterre-Lituanie 2-0 (Jermain Defoe, Jamie Vardy)
10.06.2017 : Ecosse-Angleterre 2-2 (Alex Oxlade-Chamberlain, Harry Kane)
1.09.2017 : Malte-Angleterre 0-4 (Harry Kane 2, Ryan Bertrand, Danny Welbeck)
4.09.2017 : Angleterre-Slovaquie 2-1 (Eric Dier, Marcus Rashford)
5.10.2017 : Angleterre-Slovénie 1-0 (Harry Kane)
8.10.2017 : Lituanie-Angleterre 0-1 (Harry Kane s.p.)

Le coach : Gareth Southgate
47 ans
Anglais
En poste depuis septembre 2016
« Par le passé, on a trop souvent déconsidéré certaines formations avant qu’elles ne nous battent. Il faudra être prêt pour chacun de ces matches. Si les Belges ne sont pas des inconnus, nous allons bien étudier le Panama et la Tunisie. »

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