Équipe de France

André-Pierre Gignac, l’homme qui tombe à pic

Il était improbable pour l’Euro. Il y a gagné sa place avec un peu de chance et surtout, beaucoup d’envie et de persévérance. Et franchement, c’est mérité.

Juste avant le match contre la Russie, à la toute fin du mois de mars, Didier Deschamps a adressé un message aux éventuels postulants de la dernière heure : « Allez-y sans complexes, leur a-t-il lancé. Vous avez tout à y gagner et rien à perdre. Soyez-vous mêmes. »
La dédicace s’adressait plus particulièrement à Ngolo Kanté et André-Pierre Gignac. Le premier, formidable pour son arrivée en bleu, a capté l’information cinq sur cinq. Le second s’est montré tout aussi crédible et performant, avec un but dans sa besace et une activité aussi incessante qu’appréciée par le staff.
Pourtant, « APG » partait de si loin. Il le confiait, sans forfanterie, après le succès russe (4-2) : « Il y a quelques mois, j’avais peut-être 5% de chances de participer à l’Euro. J’en suis conscient. Et puis il y a eu des événements… Mais bon, j’ai été appelé pour les deux derniers stages (en novembre et en mars) et j’ai inscrit deux buts. Il ne s’agit pas d’une finalité, c’est sûr. Maintenant, quand je suis revenu, ce n’était non plus pour admirer les fleurs de Clairefontaine. »
Il ne s’agit clairement pas de son style. Quand il est réapparu dans le ciel bleu, c’était d’abord pour compenser l’absence, que les instances espéraient provisoire à l’époque, de Karim Benzema (la fameuse affaire de la sextape). OK, Gignac est revenu un peu par effraction. N’empêche, depuis, il a justifié sa position dans le groupe France.
Le mec qu’on imaginait se perdre au fin fond du Mexique, comme il a toujours été depuis le début de sa carrière, où les points d’embûche n’ont jamais manqué (depuis ses débuts dans le monde pro jusqu’à l’OM, où il traversé des périodes sacrément délicates, en passant par son dernier choix de carrière). Mais rien ne l’a finalement empêché de rebondir. Jamais. Souvent « out », il s’est constamment remis « in ». A Lorient, à Marseille, aujourd’hui en équipe de France. Parce que sous la carapace épaisse, il a tant à donner et à offrir. Tellement généreux.
Il pourrait, mine de rien, s’avérer important dans la vie sociale du groupe France. Didier Deschamps, qui a pourtant eu maille à partir avec lui quand il entraînait Marseille, l’estime à juste titre comme un élément fédérateur aujourd’hui. Et en plus, le « Tex-Mex » a démontré qu’il n’avait pas perdu, de l’autre côté de l’Atlantique, son sens du but. Ses stats mexicaines le placent parmi ceux que l’on respecte, forcément (41 matches, 30 buts toutes compétitions confondues). Sa grinta interpelle tout autant.
Nous avons affaire là à un guerrier dont les Bleus auront probablement besoin pour exaucer leurs rêves de grandeur. Le sélectionneur le sait, tout le monde le sait. Et Gignac se sent prêt pour tenir le rôle. « C’est une fierté d’être le premier joueur évoluant hors du continent européen à être appelé et c’est aussi un symbole, parce que ça veut dire que j’ai réussi mon pari. Je ne lâcherai jamais rien », annonce-t-il.
Concernant le cas Benzema, dont il a repris le n°10, normal, il ne se mouille pas trop (« Je me préoccupe de mon cas, d’abord. Après, c’est difficile, la justice fait son travail. Je dirais juste que l’équipe de France a les moyens de surmonter ses problèmes… »). Pour les chances tricolores à cet Euro, le bonhomme est beaucoup plus explicite : « Chez les Bleus, il y a de l’expérience et de la jeunesse fougueuse. Il s’agit d’un mélange détonnant que j’imagine capable de faire très mal. Il est clair que nous avons tout pour réaliser un très beau tournoi. » Ce n’est pas de l’auto-persuasion, il en est intimement convaincu.

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PROFIL
Attaquant
Né le 5 décembre 1985 à Martigues
30 ans
1,87 m, 84 kg
Club : Tigres UANL (Mexique)

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VISA
25 sélections, 7 buts
Première sélection : le 1er avril 2009 à Saint-Denis, France-Lituanie 1-0
(qualifications pour la Coupe du monde 2010)
Sélectionneur : Raymond Domenech
Expérience à l’Euro : 0 match
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 4 matches, 174 minutes jouées, 2 buts
SITUATION PERSONNELLE
Sous contrat jusqu’en 2018. « APG » est comme un poisson dans l’eau chez les Tigres de Monterrey où les supporters l’adorent. Buteur prolifique et adulé par les foules, il a refusé une offre très lucrative venue de Chine cet hiver. A moins d’une super opportunité dans un club de standing européen, il devrait poursuivre son aventure mexicaine.

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