Équipe de France

André-Pierre Gignac, le phénix renaît de ses cendres

A la rue depuis son arrivée à Marseille, Gignac est redevenu Gignac cette saison. Une mutation qui demande confirmation mais déjà une « recrue » premier choix pour l’OM.

Au moins, il a une qualité qu’on ne peut pas lui enlever. André-Pierre Gignac est têtu, obstiné et il possède au fond du short une sacrée dose de confiance en lui. Les ingrédients indispensables au plus haut niveau, a fortiori au poste d’attaquant. Et encore plus quand on se sent l’âme d’un buteur. Mais, quand même, il en a vécu tellement depuis son arrivée à l’OM…
« APG » a le but dans la peau. Il en est convaincu depuis son premier ballon. Tout le monde le sait depuis qu’il a terminé meilleur buteur du championnat de France. C’était avec Toulouse en 2009. Mais tout le monde avait fini par l’oublier, aussi, durant ses deux dernières saisons. Sauf lui. A son arrivée à Marseille, il avait prévenu : « J’ai le sang bleu. C’est mon club. Je réussirai ici, ce n’est pas possible autrement. »
Tout au long de son calvaire, son discours n’a pas varié d’un iota. Blessé, handicapé, obligé d’aller souffrir en cure d’amaigrissement à Merano pendant que ses coéquipiers préparaient la saison 2011-12, invité à se trouver un club le 31 août avant d’être prié de rentrer, à 23h13, au moment de signer… Puis encore et encore gêné aux adducteurs. Deux années de galère symbolisées, de loin, par un but. Son seul but marqué en L1 lors de cet exercice, contre Auxerre, au mois de mai… La misère. Résumée par sa marionnette aux « Guignols » de Canal+ et le tube de la saison dernière dans les kops, pas toujours très fûtés, de L1 mais au diapason pour le coup sur le refrain : « Un Big Mac pour Gignac ! »

Elie Baup : « Il n’a plus de joker, il faut qu’il réussisse »
Et c’est au moment où l’OM se lance, à son tour, dans une cure d’amaigrissement qu’il se retrouve en première ligne. Sur le terrain ce coup-ci. Une différence majeure. Les symboles s’entrecroisent. Il laisse ce n°10 qu’il supportait comme un fardeau depuis deux ans et reprend le 9. Bien sûr, il est affuté. Il a effectué une vraie préparation, dans son intégralité, ce qui ne lui était plus arrivé depuis quatre ans.
On peut dire ce qu’on veut, le 9 lui va mieux. Loïc Rémy blessé, Elie Baup, qui l’avait coaché à Toulouse, l’a relancé à la pointe de l’attaque phocéenne. Plein axe. « Ce qui est essentiel, explique l’ancien expert de « Planète Foot », c’est qu’il ait fait une vraie avant-saison complète. Il n’a pas été blessé. Avec Christophe Manouvrier (ndlr : le préparateur physique) et tout le staff médical, ce qu’il n’avait pas pu avoir depuis longtemps, il l’a eu cet été. C’est important, à son poste, d’être bien physiquement. Après, s’il commence à mettre des buts, le mental suit et tout s’enchaîne. »
« APG » a commencé à mettre des buts et tout s’est enchaîné. « Pour être sincère, poursuit Baup, c’est le premier joueur que j’ai eu en entretien individuel quand je suis arrivé. Nous avons parlé de notre projet en commun et de notre projection sur la saison. J’ai senti chez lui cette volonté de changer le cours des choses. » Comme au premier jour. « Il sait qu’il doit confirmer, qu’il n’aura plus la possibilité de se manquer. Il n’a plus de joker, il faut qu’il réussisse, il a bien conscience de tout cela. » Comme il a conscience que l’OM, 3e de L1 à égalité de points avec le Paris SG et Lyon (35), ne résistera peut-être pas à l’usure du temps, effectif limité en quantité oblige.
Mais lui est prêt à s’accrocher, à grimacer, à courber l’échine. Parce qu’il est passé par tous les états depuis qu’il est arrivé sur les bords de la Méditerranée. Parce qu’il en a vu d’autres. Parce que marcher la tête droite fait partie de sa nature. « Le gamin a compris, explique Olivier Rouyer à son sujet. L’an passé, il allait faire la fête à Saint-Tropez. Il me l’a dit, il a changé de comportement. » Et ça change tout. C’est lui qui a planté à Toulouse (1-0) ce week-end. Avec son 9 tout neuf, l’OM peut s’appuyer sur un buteur qui tente sa chance dans toutes les positions, tous les angles, toujours. Il est le joueur qui frappe et qui cadre le plus depuis le début de la saison. Marseille a retrouvé un 9 à trois initiales, « APG », qui en rappelle furieusement un autre, avec un « J » et deux « P ».

Capitaine à Bonal
C’était la dernière journée du dernier championnat. L’OM y bouclait la boucle au terme d’une saison boulet. Une énième défaite, pour la route, et une 10e place finale au classement. La petite histoire retiendra quand même un sourire. Lors d’un gala de charité pour l’association d’Omar Sy, « Cékedubonheur », l’attaquant marseillais avait acheté un maillot de l’équipe de France porté par Didier Deschamps lors de la Coupe du monde 1998. Chose promise, pari perdu : « la Dèche » avait mis le brassard contre Sochaux dans la balance. Et Gignac signa la feuille de match à Bonal.

Un avenir en Bleu ?
Dire que les relations entre Didier Deschamps et André-Pierre Gignac ont été tendues à Marseille est un euphémisme. L’arrivée du premier à la tête de l’équipe de France assombrit-elle pour autant l’avenir du second en Bleu ? Pas forcément car « DD » a toujours placé l’efficacité et le pragmatisme au-dessus de tout. Aussi, si « APG » (6 buts en 11 matches de L1) retrouve son efficacité toulousaine, celle d’un Olivier Giroud la saison passée par exemple, et conserve le même impact physique, tout est possible… Gignac, qui se trouvait dans le bus à Knysna, présente des stats plus qu’honorables avec 4 buts en 16 sélections.

André-Pierre Gignac en short
■ Né le 5 décembre 1985 à Martigues
■ 1,87 m, 90 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Lorient (2004-05), Pau (2005-06), Lorient (2006-07), Toulouse (2007-10), Marseille (depuis 2010).

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