Équipe de France

Ambiances et stades

Un petit tour d’Europe, ça vous dit ?

ALLEMAGNE
Total football
Le paquet cadeau brille et à l’intérieur, les piles sont fournies avec le jouet. En Allemagne, le rendez-vous est en diurne et l’après-midi est souvent chaud, le samedi. Sacré, même, le samedi après-midi. La Bundesliga, un pré carré et sanctuarisé. Même s’il n’occupe toujours pas, aussi bien dans les cœurs que dans les têtes, la place de leader dans le monde diplomatique du foot, même s’il est – à tort – placé sous la tutelle du Bayern Munich, le championnat allemand reste bel et bien le plus suivi et ambiancé en Europe. Il suffit de regarder les chiffres : parmi les dix plus grosses affluences moyennes du Vieux Continent, on en trouvait, la saison dernière, cinq rien qu’en Allemagne. Le Borussia Dortmund, bien sûr (plus de 80 000 personnes à chaque match !), et le somptueux, l’unique mur jaune du Signal Iduna Park. Le Bayern, évidemment (75 000 spectateurs à l’Allianz Arena en moyenne), mais aussi Schalke, Hambourg et… Stuttgart, alors que le VfB a été relégué la saison dernière après 43 saisons parmi l’élite ! Des stades pleins, en majorité récents ou rénovés, des pelouses nickel et des frappes de trente mètres. La Bundesliga, l’autre pays du football. Total football. Quelques semaines après son arrivée à Dortmund, les premières impressions d’Ousmane Dembélé en disaient long sur le niveau requis de l’autre côté du Rhin. « Très vite, j’ai progressé sur le physique et la tactique. C’est une question d’entraînement au quotidien. Ici, c’est très physique, c’est box to box. On attaque, on défend. Le coach nous demande toujours de presser pendant cinq ou six secondes à la perte du ballon. Ça me plaît même si parfois, à la fin, j’ai des crampes ! » Cela plaît aussi à cet incomparable public.

ANGLETERRE
My Premier League is rich !
Championnat le plus riche du monde, la Premier League possède tous les défauts de ses qualités. Bien sûr, les stades sont souvent « sold out » et il n’est pas question, ici, de remettre en cause la passion des English boys pour leur club de cœur. Mais en dehors d’Old Trafford et, à un degré moindre, Anfield (pour très peu de temps encore), toutes les grosses enceintes (Emirates, Etihad) sont des cocons neufs qui ont pris la place de leurs illustres prédécesseurs. Highbury, Upton Park, maintenant White Hart Lane, bientôt Goodison, Anfield et tellement d’autres… Dans les vaisseaux neufs, où le prix des places flambe comme grossit une pluie fine sur Londres, les ambiances s’aseptisent. L’Etihad ressemble à un lounge privé d’aéroport. A Londres, au stade olympique, on devine de très loin, aujourd’hui, les silhouettes des joueurs de West Ham quand on avait l’impression de toucher du Hammer, hier, à Upton Park. Les pelouses sont toujours impeccables, le sentiment d’appartenance aussi. Mais ce n’est pas l’Allemagne.

ESPAGNE
A l’ombre des deux géants
Au pays de l’aficion, la Liga occupe une place prépondérante dans la logistique du week-end familial. En Andalousie, en Castille ou dans les Asturies, on sait à l’avance où joue le Betis, Eibar, Elche ou le Rayo. Mais on ne peut pas occulter, surtout vu de chez nous, l’omnipotence du Barça et du Real sur ce championnat qui ressemble chaque jour, chaque saison un peu plus à un mano a mano. OK, l’Atlético Madrid de Diego Simeone vient mettre son grain de sel depuis quelque temps mais la surmédiatisation des deux géants, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, jette une ombre portée sur le reste du territoire. Les ambiances sont chaudes et colorées, dans des stades souvent vieillots et sur la pente déclinante. La cathédrale de Mestalla à Valence en est un parfait exemple : les Valencians devaient déménager depuis plusieurs mois déjà mais la crise économique et la situation financière exsangue du club en ont décidé autrement, le chantier ayant été mis en suspens du jour au lendemain. Révélateur.

FRANCE
A la traîne
Les dirigeants l’avaient répété au moment de défendre la candidature de la France à l’organisation de l’Euro 2016. C’était une chance pour nos stades, donc pour nos clubs, donc pour notre championnat. Oui, si l’on ferme les yeux et les oreilles sur certains naming plutôt disgracieux, pour ne pas dire bordelais, les stades sont plutôt réussis, modernes et flambant neufs. Mais Bordeaux, restons-y. Avec une moyenne de 23 000 spectateurs, les Girondins pointaient au 6e rang des affluences de Ligue 1 à la mi-saison. Et comme les sièges sont blancs, on ne voient que les vides. La Ligue 1 ? Un championnat où les supporters sont régulièrement interdits de déplacement. Où Bastia a fini sa saison à Parsemain, à Fos-sur-mer, dans un silence d’agneaux. A huis clos. Il y a encore du chemin. Mais des places fortes aussi, comme à « Sainté ».

ITALIE
A l’ancienne
Le Calcio est à l’image de l’Italie : il fait du bruit, il parle fort mais ça s’arrête là. Pour le reste, comprenez cette éternelle mise en opposition entre la richesse industrielle du Nord et le désert économique du Sud, il faudra repasser. Car quand on parle ballon dans la Botte, du talon à la pointe de la fermeture éclair, c’est la même chose. Du cœur, de la passion et plus, si affinités. De Turin jusqu’à la Sicile, de Naples à Milan, les curvas se répondent dans une réplique identitaire qui dépasse souvent l’entendement et parfois les bornes. Bergame-Milan, par exemple, ça ne vous dit rien ? Entre les deux villes lombardes, distantes d’une cinquantaine de kilomètres seulement, les groupes de supporters se vouent une haine féroce et les hélicoptères des carabinieri survolent souvent les stades et leurs abords quand les groupes de tifosi viennent à se croiser. Un exemple parmi d’autres. Ajoutez-y quelques relents nationalistes, à la Lazio et ailleurs. Mais bon, il y a de sacrés peuples de foot, quand même.

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top