Équipe de France

Allemagne : L’évolution de velours (2)

Les tenants du titre, également demi-finalistes du dernier Euro, avancent avec leurs certitudes. Une base toujours aussi solide et sûre de son jeu sur laquelle sont venus se greffer, sans complexe, quelques nouveaux déjà dans le moule. Cela risque de faire encore très mal…

L’homme à suivre : Joshua Kimmich
Le mot « star » n’est sans doute pas le terme qui paraît le mieux accolé à son nom. Joshua Kimmich évolue au poste d’arrière droit – il peut aussi passer en défense centrale dans un système en 3-5-2 comme monter d’un cran au milieu, où il a effectué sa formation -, qui n’est certainement pas le poste le plus glamour au foot. Pas celui qui attire le regard des fans au premier coup d’œil ou fait se pâmer les groupies qui rêvent d’arabesques folles et de buts insensés. N’empêche, celui qui a découvert la Bundesliga en signant au Bayern Munich – il avait auparavant joué au RB Leipzig, en Liga 3 puis en Bundesliga 2 – a réussi l’improbable prouesse de permettre à la sélection de faire le deuil de son emblématique capitaine, Philipp Lahm, retraité de la Mannschaft après le titre mondial de 2014. C’est à l’Euro 2016, pendant la phase de poules, que Joshua a gagné ses galons de titulaire dans le team. Il en est, depuis, devenu un élément incontournable. Appliqué dans les phases défensives, il sait, avec aisance, se transformer en redoutable contre-attaquant, avaleur d’espaces et dévoreur de ces pelouses qu’il arpente sans relâche et à un rythme effréné. Le digne successeur de Lahm, oui. Et dire qu’il n’a que 22 ans !

Le chiffre : 39
Les joueurs de Joachim Löw n’ont pas fait de quartier durant la phase éliminatoire : un 10 sur 10 sans la moindre faute de goût a sanctionné leur parcours avec dix victoires en dix matches et, en prime, le meilleur goal-average de toutes les équipes présentes lors de ces qualifications dans la zone Europe, avec un +39 au final. Meilleure attaque, tous groupes confondus, à égalité avec la Belgique (43 buts) et deuxième défense ex-aequo (4 buts encaissés), juste derrière l’Espagne. Kolossale Allemagne.

Leurs éliminatoires
Zone Europe
1er du groupe C
30 pts, 10 v, 43 bp-4 bc
4.09.2016 : Norvège-Allemagne 0-3 (Thomas Müller 2, Joshua Kimmich)
8.10.2016 : Allemagne-République Tchèque 3-0 (Thomas Müller 2, Toni Kroos)
11.10.2016 : Allemagne-Irlande du Nord 2-0 (Julian Draxler, Sami Khedira)
11.11.2016 : Saint-Marin-Allemagne 0-8 (Sami Khedira, Serge Gnabry 3, Jonas Hector 2, Mattia Stefanelli c.s.c., Kevin Volland)
26.03.2017 : Azerbaïdjan-Allemagne 1-4 (André Schürrle 2, Thomas Müller, Mario Gomez)
10.06.2017 : Allemagne-Saint-Marin 7-0 (Julian Draxler, Sandro Wagner 3, Amin Younes, Shkodran Mustafi, Julian Brandt)
1.09.2017 : République Tchèque-Allemagne 1-2 (Timo Werner, Mats Hummels)
4.09.2017 : Allemagne-Norvège 6-0 (Mesut Özil, Julian Draxler, Timo Werner 2, Leon Goretzka, Mario Gomez)
5.10.2017 : Irlande du Nord-Allemagne 1-3 (Sebastian Rudy, Sandro Wagner, Joshua Kimmich)
8.10.2017 : Allemagne-Azerbaïdjan 5-1 (Leon Goretzka 2, Sandro Wagner, Antonio Rüdiger, Emre Can)

Comment ils jouent
Dans son 4-2-3-1 préférentiel ou dans un 3-5-2 qu’il n’hésite pas, non plus, à utiliser, Joachim Löw aime s’appuyer sur la défense du Bayern Munich. Surtout quand Manuel Neuer est pourri par les blessures, qui n’arrêtent pas de lui enquiquiner la vie (deux fractures du pied quasiment consécutives) depuis un an. Une exception avec Jonas Hector en latéral gauche, voire Antonio Rüdiger qui peut suppléer Jérôme Boateng. Au milieu, Toni Kroos la classe et Sebastian Rudy le bosseur font mieux qu’assurer le job. Devant, Thomas Müller, si souvent invisible mais tellement essentiel, est toujours bien là, tandis que les jeunes Leon Goretzka et Timo Werner, comme Joshua Kimmich derrière, ont su gagner la confiance du sélectionneur. Un point d’interrogation ? Il concerne Julian Draxler, souvent utilisé en éliminatoires mais de plus en plus habitué du banc au Paris SG. Gare à lui, la concurrence est rude au sein de la Mannschaft. Avec Sami Khedira, Mario Götze, Mesut Özil, voire le blessé longue durée Marco Reus, il y a du beau monde au portillon.

Le coach : Joachim Löw
57 ans
Allemand
En poste depuis juillet 2006
« Sportivement, on va rencontrer trois adversaires très intéressants, aux qualités différentes. L’objectif sera de poser les fondations de la défense de notre titre. J’attends de mon groupe qu’il se montre à la hauteur de ses ambitions. »

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