Équipe de France

Allemagne : L’évolution de velours (1)

Les tenants du titre, également demi-finalistes du dernier Euro, avancent avec leurs certitudes. Une base toujours aussi solide et sûre de son jeu sur laquelle sont venus se greffer, sans complexe, quelques nouveaux déjà dans le moule. Cela risque de faire encore très mal…

Depuis leur victoire à la Coupe du monde do Brazil, les hom­mes de Joachim Löw, en poste depuis 2006 – ce qui en fait le deuxième plus ancien sélectionneur en place derrière l’Uruguayen Oscar Tabarez, qui l’a précédé de… quatre mois -, ne sont jamais vraiment redescendus de leur nuage. S’ils ont été stoppés en demi-finale de l’Euro, par la suite et par les Bleus, on ne prétendra pas, non plus, que l’équipe de France a été malheureuse sur ce coup précis, tant la Mannschaft avait fait étalage de son emprise sur la partie et de sa maîtrise sur le jeu ce soir-là. D’ailleurs, les Teutons flingueurs ont vite fait de se remettre la tête à l’endroit, en même temps que leurs adversaires au pas.
Le parcours des Allemands, durant leur campagne qualificative pour ce Mondial, a ressemblé à une sympathique promenade de santé. C’est sûr qu’ils ne se trouvaient pas dans un groupe de la mort, mais avec la République Tchèque, la Norvège et l’Irlande du Nord, entre autres et à défaut de gros calibres, on pouvait imaginer quelques chausse-trappes sur leur chemin, avec des empêcheurs de jouer en rond. Résultat clair, net et sans bavure. Pas même une légère petite frayeur, ni une vague pointe d’émotion. Ils ont tout fait sauter sur leur passage.
Carton plein. Dix matches, dix victoires avec une rafale de buts (43) et un goal-average assez ahurissant de +39. La réponse avec faire-part à ceux qui se posaient des questions après les départs à la retraite de quelques glorieux anciens, comme Philipp Lahm (après la Coupe du monde) ou Bastian Schweinsteiger (après l’Euro).
Löw, crédité de 106 victoires à la tête de la Mannschaft – série en cours et record d’Allemagne -, a su franchir ce cap qui aurait pu s’annoncer douloureux. Ce ne fut pas une révolution, non, plutôt une évolution de velours. Après avoir déniché le jeune Joshua Kimmich pour prendre la si délicate succession de Lahm, le sélectionneur s’est servi, l’été dernier, de la Coupe des Confédérations comme d’un véritable laboratoire, présentant un groupe très rajeuni, 24 ans et 4 mois de moyenne d’âge, soit le plus jeune du plateau présent en Russie pour cet en-cas à la Coupe du monde.
Seulement trois vainqueurs du Brésil 2014 y figuraient et pas forcément les têtes de gondole : Matthias Ginter, Shkodran Mustafi et Julian Draxler. L’occasion, pour les jeunes pousses, de se faire les dents. A l’arrivée, ils ont si bien mordu dans le gâteau qu’ils ont, à la surprise générale, remporté le trophée ! « Cette équipe a réussi une performance extraordinaire dans ce tournoi, assure Joachim le Grand. Nous voulions faire progresser ces joueurs à travers cette expérience et c’est réussi. Dans l’optique du Mondial, il est certain, aujourd’hui, que ceux qui ont participé à l’aventure se trouvent dans une meilleure position qu’avant la Coupe des Confédérations. »
Les grands gagnants ? Certainement les gamins de Schalke et Leipzig, Leon Goretzka au milieu, Timo Werner devant, épatants d’envie, d’assurance et d’audace. Sans oublier le « vieux » (30 ans) Sandro Wagner, également à son avantage durant la compétition. Ou encore, parmi la nouvelle vague, Leroy Sané qui, lui, a manqué le rendez-vous pour cause d’opération au nez mais est en train de creuser son sillon à Manchester City.
Habitée de ses certitudes, solide sur ses bases et rafraîchie par le vent de la jeunesse, cette équipe avance, comme souvent, avec une belle étiquette accrochée au short, qui va la placer parmi les grands favoris du tournoi. Même si le boss Löw, et c’est bien là son rôle, préfère calmer l’euphorie ambiante et poser quelques garde-fous, plutôt que de s’enflammer. « Il faut être réaliste, ces qualifications contre des adversaires abordables ne doivent pas nous servir de mètre étalon. A la Coupe du monde, nous affronterons des formations d’un tout autre calibre. J’ai dit aux joueurs ce que j’attends d’eux : tout en sachant qu’ils ont des échéances importantes en club, ils doivent se préparer mentalement et physiquement pour être à leur meilleur niveau au moment du Mondial. Ils doivent se préparer pour aller chercher une victoire énorme dans quelques mois. » Il l’a dit et on est convaincus qu’ils l’ont entendu.

Classement FIFA : 1

1er tour
Le 17 juin à 17h, Stade Loujniki à Moscou : Allemagne-Mexique
Le 23 juin à 20h, Stade Ficht à Sotchi : Allemagne-Suède
Le 27 juin à 16h, Stade de Kazan : Allemagne-Corée du Sud

Visa mondial
• Superficie : 357 350 km2
• 82,8 millions d’habitants
• Capitale : Berlin
• Fédération : Deutcher Fusball-Bund
• Année de fondation : 1900
• Affiliation FIFA : 1904
• Couleurs : maillot blanc, short noir, bas blancs
• Equipementier : Adidas

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