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Alexis Sanchez, le Monsieur Plus d’Arsenal

Homme fort de la Roja aux côtés du pilote Arturo Vidal, Alexis Sanchez est aussi devenu l’arme offensive numéro un des Gunners. Sa première saison le plaçait dans les mêmes eaux que Thierry Henry. Rien que ça !

La couche de particules fines était si épaisse qu’on ne distinguait même plus la Cordillère des Andes depuis Santiago. Epais brouillard sur la ville. Premiers sommets enneigés. Et les embouteillages du vendredi soir pour sortir de la mégapole et prendre la route des stations de ski. Les autorités chiliennes avaient même dû imposer à la va-vite la circulation alternée dans la capitale andine. Mais les Chiliens avaient d’autres priorités ce week-end-là. C’était heure de la Copa. Et le Chili, leur Roja, avait rendez-vous. Alors, le ski…
A l’heure de défier la Bolivie dans le troisième match décisif pour la qualification pour les quarts, on a presque eu peur que l’air pollué n’impacte les performances des joueurs. Mais la tension, comme les masques, est vite retombée. Et apparemment, Alexis Sanchez n’est pas trop allergique. Ou du moins, pas à ces particules-là. Titulaire avec la Roja, l’attaquant d’Arsenal ne joua que quarante-cinq minutes ce soir-là. Le temps de débouler balle au pied plein axe, dans la défense bolivienne, de décaler Jorge Valdivia sur la droite et de se précipiter à l’entrée de la surface. Instigateur et receveur. A l’origine et à la conclusion.

Un attaquant complet

A la réception de ce centre en une touche de balle et presque à ras de terre du numéro 10 chilien, Alexis se jette comme un mort de faim. A hauteur de pied. Devant les crampons des défenseurs. Pour jouer le ballon de la tête. Une tête plongeante magistrale, aux dix-huit mètres, tout en timing et en toucher. Petit filet décroisé. L’Estadio Nacional chavire, oublie la pollution et hurle à gorge déployée.
Il est comme ça, Alexis. Instigateur et receveur. Comme un symbole de l’attaquant complet qu’il est, capable de marquer dans n’importe quelle position, de peser sur les défenses, de créer des décalages, sur le côté comme dans l’axe. Avec lui, les coaches ont plus l’embarras que le choix. Véritable icône au pays, au même titre qu’Arturo Vidal, Sanchez porte la Roja et la pression incommensurable qui pèse sur elle. Surtout quand elle est l’hôte de la Copa America. Il la porte avec l’envie et la joie de jouer d’un junior.

Facteur X

Alexis ? Une la taille de guêpe, l’attaquant de poche qui prend toute la place. Thierry Henry, qui l’a beaucoup vu avec Arsenal depuis qu’il est devenu consultant pour Sky Sports, est très enthousiaste à son sujet. « Lorsque vous avez un joueur comme Alexis Sanchez dans votre équipe, c’est le facteur X, celui qui peut changer le cours d’un match. J’adore sa façon d’être sur le terrain. Il fait partie de ceux qui jouent avec le cœur et je sais que les supporters aiment ça. En tant que fan d’Arsenal, je suis impatient de le voir à l’œuvre. Je souhaite, bien sûr, que d’autres joueurs viennent mais quand vous avez un Alexis Sanchez, tout peut arriver. J’espère qu’il nous mènera jusqu’au titre. »
Obtenu pour 40 millions d’euros, le Chilien du Barça a été le gros transfert de l’été 2014 chez les Gunners. Ils se repositionnaient là parmi les grandes puissances d’Angleterre, après de (trop) longues saisons loin des hautes sphères financières. Un gros coup, certes, mais un coup gagnant. Même Arsène Wenger avouait son étonnement devant les performances du nouveau chouchou de l’Emirates Stadium.« Je l’attendais plus comme passeur que comme buteur. Notamment parce que je l’ai fait jouer tout au long de la saison sur un côté, où il avait moins d’opportunités de marquer. Mais il a un timing et une qualité de course qui sont tels qu’il arrive à se mettre très souvent dans les bonnes conditions pour conclure. »

Le premier à 20 buts depuis Thierry Henry

Auteur de 25 buts pour sa première saison londonienne, Alexis est devenu le premier joueur, depuis Thierry Henry, à dépasser la barre des 20 pions pour sa première année à Arsenal. Et ce n’est pas tout. Sanchez « l’ailier », c’était aussi 12 passes décisives dans la grande marmite des Gunners. Décisif dans les chiffres comme dans la manière, le Chilien a parfaitement assumé, sur le terrain, son statut de recrue star. Comme à la veille de la finale de la Cup, en mai dernier (4-0 contre Aston Villa), quand il avouait :« La Cup est une compétition incroyable. Je veux juste la remporter pour rendre les supporters d’Arsenal heureux. Nous avons visionné une vidéo des précédentes victoires d’Arsenal et après ce clip, je me suis entraîné avec encore plus de motivation. »
Avec sa débauche d’énergie et sa grinta naturelles, Alexis n’a pas eu besoin d’artifice particulier pour conquérir le cœur des fans. Quand Arsenal a brandi la Coupe d’Angleterre, il s’y est fait une place à part, surtout après ses déclarations. « Je suis venu ici parce qu’il y avait un groupe de jeunes joueurs pleins d’ambition. J’ai estimé qu’il s’agissait du club parfait pour moi. Le club parfait pour gagner des titres et être compétitif sur tous les tableaux. Il y a une ambiance excellente et joyeuse dans notre vestiaire. C’est un club magnifique. J’espère y gagner beaucoup de titres. Je ferai tout mon possible pour y parvenir. »

L’Udinese a de bons scouts

Ajoutez-y une dose de « Wenger spirit » et voilà le nouveau roi des cœurs de l’Emirates. « Arsène Wenger, c’est une légende ! Vous apprenez tous les jours avec lui. Parfois, nous discutons de choses, je lui dit que j’aimerais m’entraîner encore plus mais il m’en empêche, il ne me laisse pas faire. Il est toujours auprès de moi. »
Alexis est né à Tocopilla, sur le Pacifique, mais à l’extrême nord du pays, plus près du Pérou et de la Bolivie que de Santiago. Plus près de l’équateur que du Cap Horn, là où le désert d’Atacama, le plus aride du monde, fait sa loi. Il tape quand même dans un ballon et rejoint le club de Cobreloa à 14 ans. C’est là qu’il découvre le monde professionnel, avant d’être (très vite) recruté par l’Udinese, qui a décidément de bons scouts en AmSud. Udine l’envoie en prêt à Colo Colo, le plus grand club du pays. Club avec lequel il remporte le tournoi de clôture 2006 puis le tournoi d’ouverture 2007. Dix-huit ans et déjà champion. Une petite cinquantaine de matches et déjà un pedigree de fou furieux des surfaces.

Au Barça pour 37 millions

Sanchez poursuit son apprentissage à River Plate, où il est prêté lors de la saison 2007-08. Là, il découvre le feu du stade Monumental et des superclasicos face à Boca Juniors. Il atterrit dans le Frioul à l’été 2008. Le Calcio découvre alors un ailier droit qui marque des buts, un avant-centre qui pèse autant qu’il libère les autres. Attaquant profilé hyperactif. Le bonhomme monte en régime jusqu’à être désigné meilleur joueur du championnat en 2011. Principal artisan de la qualification de l’Udinese pour la Ligue des champions, le jeune attaquant est élu meilleur espoir du football mondial au terme d’un grand sondage lancé par la FIFA. Il devance Gareth Bale et Javier Pastore. Et aux dernières nouvelles, il n’a fallu passer aucune enveloppe sous la table pour rassembler 35% des suffrages exprimés.
« El Nino Maravilla » devient, dans la foulée, le premier joueur chilien de l’histoire à revêtir le maillot du FC Barcelone. Un transfert record, en juillet 2011, chez le tout frais champion d’Europe catalan. Transaction estimée à 37 millions d’euros et justifiée en une seule phrase par Pep Guardiola, le coach d’alors en Catalogne : « Alexis peut jouer à tous les postes de l’attaque. Il a la capacité d’exercer un fort pressing et il est incroyable dans les un contre un. »
Au Barça, il va garnir son armoire à trophées et même devenir le premier Chilien à disputer une demi-finale de Ligue des champions. Pas suffisant toutefois pour se faire une place au soleil. Trop souvent rejeté dans l’ombre de Lionel Messi. Alexis est un Gunner depuis un an, il est en pleine lumière, il adore ça et les Gunners ne s’en plaignent pas.

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