Équipe de France

Alexandre Lacazette, le changement, c’est maintenant (2/2)

Freiné par une déchirure à la cuisse, Alexandre Lacazette, meilleur buteur du championnat, bouscule les codes autant que les chiffres. Plus belle promesse hier, référence ultime aujourd’hui. Le changement était espéré, il est spectaculaire. Décryptage.

COMMENT IL JOUE ?
Hubert Fournier : « Libre, c’est là qu’il se sent le mieux »

Le départ de Bafétimbis Gomis l’été dernier à Swansea a laissé un vide, vite comblé par Alexandre Lacazette. Dans le 4-4-2 cher à Hubert Fournier, avec Christophe Jallet et Henri Bedimo dans le rôle des relais des couloirs, Alexandre partage la pointe offensive à deux têtes avec soit Clinton Njie, soit Rachid Ghezzal. Un dispositif qui lui permet d’alterner entre les appels dans la profondeur (sans doute là où il fait le plus mal) et ceux où il s’excentre pour mieux repiquer dans l’axe. Le partage des tâches est limpide avec son acolyte de devant sachant que Nabil Fekir, dans une sorte de liberté totale inhérente au 10 à l’ancienne, est son pourvoyeur numéro 1 en ballons. Le meneur olympien tente autant la dernière passe qu’il recherche le jeu en appuis. Là, leurs échanges font très mal aussi, jusqu’au cœur des défenses, où ils parviennent souvent à trouver les espaces grâce à leur vitesse d’exécution, autant que grâce à leur technique en mouvement. Surtout, c’est dans la densité physique que Lacazette a franchi un palier cette saison. Quand il prend la profondeur, qu’il se retrouve seul à la course face à un ou deux défenseurs, il n’a pas peur du rapport de forces, ne se cache plus et crée des différences notables, même à un contre deux. Il n’est pas un vrai avant-centre de surface, il a besoin de courir et de se dépenser, mais il a quand même la palette complète en magasin. Elle fait dire à son coach, Hubert Fournier, qu’il est « l’un des meilleurs attaquants européens à l’heure actuelle. Mais c’est quand il est libre qu’il se sent le mieux. »

JUSQU’OÙ PEUT-IL ALLER ?
Paris ne le lâche pas

L’évolution de sa valeur marchande présentée ci-dessous (source : transfermarkt.com) est une illustration de sa progression. Mais elle n’est pas pour autant l’exacte photo de la réalité. Car la saison qu’Alexandre Lacazette est en train d’accomplir déborde des rives du Rhône et de la Saône et son nom commence à revenir régulièrement dans les conversations en haut lieu. La perspective de l’Euro 2016, l’année prochaine, devra nourrir la réflexion des joueurs concernés par l’équipe de France (Didier Deschamps a déjà prévenu : à partir du mois de janvier, un joueur qui ne joue pas régulièrement dans son club ne pourra pas prétendre à la sélection en juin). Il en fait partie mais il se dit avec insistance que ses performances ne laissent pas insensibles du côté de… Paris. S’il a encore le temps, il devrait, à coup sûr, revenir sur le haut de la pile au prochain mercato d’été. Paris ? Un départ vers l’étranger ? Du rab à Lyon ? A 40 patates la petite affaire, Jean-Michel Aulas aura, de toute façon, le sourire.

POURQUOI C’EST LE MEILLEUR ATTAQUANT DE LIGUE 1 ?
Alexandre en 2014-15, c’est…
29 matches / 25 buts / 6 passes décisives
1 triplé : Lyon-Lille 3-0, le 5 octobre 2014 (9e journée)
5 doublés, dont 4 consécutifs :
– Nice-Lyon 1-3, le 1er novembre 2014 (12e journée)
– Evian TG-Lyon 2-3, le 7 décembre 2014 (17e journée)
– Lyon-Caen 3-0, le 12 décembre 2014 (18e journée)
– Bordeaux-Lyon 0-5, le 21 décembre 2014 (19e journée)
– Lyon-Toulouse 3-0, le 11 janvier 2015 (20e journée)
Au moins un but marqué lors de 6 journées consécutives, de la 17e à la 22e (le jour de sa blessure contre Metz)
Seulement 8 matches de championnat sans marquer
Seulement 5 matches de championnat sans but ni passe décisive
Le meilleur cadreur de la Ligue 1 : 70 tirs, dont 40 cadrés, soit 57% de tirs cadrés (seul André-Pierre Gignac a frappé plus que lui au but mais avec 43 tirs cadrés sur 88, le Marseillais affiche un taux de 49%)

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