Équipe de France

A l’aise comme Blaise (2/2)

C’est un peu comme une courbe exponentielle. Une ligne qui monte, régulière et droite. Toujours plus haut, plus vite, plus fort. Blaise Matuidi ne redonne pas au poste de milieu relayeur ses lettres de noblesse, il le réinvente. Chapeau bas.

Vu du milieu
■ Yohan Cabaye, l’un de ses plus proches partenaires dans le cœur du jeu parisien, voue une profonde admiration à Blaise : « Ce qu’il fait est énorme. Ça ne me surprend pas, car je le connais depuis longtemps, mais en étant maintenant tous les jours à ses côtés, je vois le travail et la détermination qu’il met au quotidien pour arriver à ce niveau. Il va chercher ses matches, il les mérite, il tire l’équipe vers le haut. On le voit courir, se dépenser et aller gratter le ballon dans les pieds de l’adversaire. Si à ses côtés, tu ne fais pas l’effort, il y a un problème. On prend un plaisir fou à jouer avec lui. » A Paris, il n’y a pas qu’une seule locomotive – zlatanesque – pour entraîner les autres sur le terrain.

Quand Blaise félicite Blanc
■ En marge de la qualification à Chelsea, en huitièmes de finale de la Ligue des champions, Matuidi a rendu un hommage appuyé à son entraîneur. « Il faut mettre en avant le travail du coach, qui a souvent été décrié. C’est aussi sa victoire. Il a mis l’équipe en place et il a eu raison. A la mi-temps, il a trouvé les bons mots pour que l’on garde confiance. On est tous contents de l’avoir comme entraîneur. On n’a jamais eu un problème avec lui. » CQFD.

Souvenirs, souvenirs
■ Cinq ans, une frappe de mammouth. L’anecdote, rappelée par son père Faria, remonte à Toulouse. C’était avant que la famille ne s’installe en région parisienne. Blaise n’était pas franchement plus haut que trois pommes. Et pourtant… « Un jour, en bas de l’appartement, il a tiré fort et son ballon a fait tomber un jeune cycliste. Résultat : une jambe cassée ! » Son père raconte : « C’était un futur grand joueur. Blaise n’avait que 5 ans et ce n’était pas le plus fort du quartier. Il était moins technique que son frère, par exemple. Cette histoire a marqué la famille. » Qui n’imaginait évidemment pas la suite…

Matuidi, l’attaquant
■ C’est à l’U.S. Fontenay-sous-Bois que tout a démarré. « J’adorais marquer et je haïssais déjà la défaite, assure Blaise. Même dans la cour de récré. Ce rejet de l’échec a été bénéfique par la suite. Je suis certain que cela m’a servi pour arriver au plus haut niveau. J’avais en moi cette envie de gagner. J’ai appris à relativiser avec l’âge, à accepter la défaite plus facilement mais quelque part, cette hargne est toujours ancrée en moi. » Juan Ruiz, son premier entraîneur, se souvient du phénomène. « Il montrait déjà des qualités supérieures à la moyenne. C’était un timide, un coéquipier charmant et un véritable gagneur. Il pleurait tout le temps quand il perdait ! Combien de fois sa patte gauche nous a fait triompher… Je pensais qu’il pouvait faire quelque chose dans le football mais je n’aurais pas imaginé qu’il ferait cette carrière-là. »

Des envies d’ailleurs, vraiment ?
■ L’an passé, le milieu international a prolongé son contrat au PSG jusqu’en juin 2018. C’est maintenant Mino Raiola, l’agent de Zlatan Ibrahimovic notamment, qui gère ses intérêts et qui, comme à son habitude, manie tout sauf la langue de bois. « Blaise n’a pas demandé à partir. On a signé un grand contrat l’année dernière mais personne ne va s’endormir. Si les choses changent, on avisera. » Le titi de Paris semble attaché aux racines. Il aurait refusé l’an passé – et alors qu’il était en fin de contrat – un parachute en diamant en provenance de Manchester City : une prime à la signature de 4,5 M€, assortie d’un contrat de 4 ans et d’un salaire annuel de 7,75 M€ ! En cas de nouvelles offres (parce qu’il devrait y en avoir, Blaise plaisant tout particulièrement en Angleterre), Paris a fait savoir qu’elles ne seraient étudiées qu’à partir de 50 M€. Faut c’qui faut !

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