Étranger

Neymar do Paris (1)

Les premiers pas du Brésilien en Ligue 1 ont été à la (dé)mesure de son transfert. Vertigineux…

C’est donc au Roudoudou de Guingamp qu’il a effectué ses premières foulées. Neymar joueur du Paris SG, Neymar acteur de la Ligue 1. Les premières images de l’artiste sous le maillot parisien nous ont furieusement rappelé les paroles de Betinho, l’homme qui l’avait découvert sur une plage d’Itararé, quand son œil fut attiré par un gamin sans ballon, tout seul. Chétif, plutôt petit, frêle silhouette. Mais un gamin qui courait et ne s’arrêtait jamais.
Il monte, il descend. Puis il remonte, redescend les marches de la tribune du vieux stade en béton. Et tout ça, sans effort apparent. « C’était comme s’il courait sur du plat. Il avait l’air de ne faire aucun effort. Il enchaînait, il enchaînait. » Le petit bout d’homme n’est plus tout à fait le même depuis cette année 1998 mais au Roudourou, le joueur le plus cher du monde courait, courait. Il enchaînait, il enchaînait…
Cela faisait plusieurs semaines, pourtant, qu’il ne respectait plus la rigueur quotidienne d’un footballeur de haut niveau. Déjà, il avait quitté le squad du Barça pour partir autour du monde, en accéléré et en jet privé, au rythme d’étapes promotionnelles calées de longue date. Parce que Neymar, c’est plus qu’un joueur.
Début août, il est revenu de Méditerranée, après avoir goûté quelques heures de farniente sur un yacht bien ancré dans le golfe de Saint-Trop’. Négociations plutôt délicates. L’idée qu’il puisse partir avait déclenché comme une lithiase vésiculaire chez les dirigeants barcelonais, qui ont pourri tout ce qu’ils ont pu, jusqu’à faire traîner sa lettre de sortie. Parce que Neymar, même au Barça, c’était plus qu’un joueur.
Pour couronner le tout, on rappellera aussi l’incroyable machinerie concoctée par le PSG autour de son arrivée et de sa présentation officielle. Même la Tour Eiffel s’est pliée en quatre, c’est dire. Et voilà donc, dans ce contexte de préparation psychologique et physique délicat, neuf jours après sa signature officielle au Paris Saint-Germain, que le « N » de l’ex-MSN enfile le maillot floqué du numéro 10 en compétition.
Il a couru comme on gambade, il a sprinté en rigolant, il a enchaîné les bourre-pifs à coups de feinte de hanches et de passement de jambe. Il a donné, décroché. Il a dribblé, régalé. Il a marqué. Les présentations étaient faites.
On n’attendait que lui, on n’a vu que lui. Une partition de haut niveau avec un but et une passe décisive sur la feuille et surtout, une sensation de voltige permanente, une disponibilité, des appels et des prises de balle. Des décrochages pour prendre le jeu à son compte, des dédoublements de passes, comme s’il était le dépositaire de la marque PSG depuis plusieurs saisons déjà. C’était plus qu’un décalage. Une fulgurance, au Roudourou !
Neymar à Guingamp, cela a été six frappes au but, soit le meilleur bilan de la rencontre, à égalité avec Edinson Cavani. Sept occasions franches créées. Il est d’ailleurs directement impliqué sur les trois buts de son équipe : en plus de son but et de sa passe décisive, il a été le dernier Parisien à toucher le ballon sur le but contre son camp de Jordan Ikoko. Et surtout, ce chiffre fou : 128 ballons touchés, soit son deuxième meilleur total depuis son arrivée en Europe en 2013 ! Après le yacht, les jets et les jeux de micros…
Les présentations étaient faites. Pas encore parfaites. Il fallait jouer son premier match dans son nouveau jardin et devant les fans endiablé(e)s, au masculin comme au féminin, mais toujours au pluriel. Ce serait le dimanche soir d’après. Le « N » avait rendez-vous au Parc et là, nous avons encore basculé dans une autre dimension.
Pour sa deuxième sortie officielle mais sa toute première Porte d’Auteuil avec le maillot parisien sur les épaules, le nouveau numéro 10 n’a rien oublié. Une nouvelle activité débordante, des prises de balle comme des arabesques, un équilibre en mouvement qui l’a rendu intouchable. Deux buts et deux passes décisives et pas n’importe lesquels.
On retient, bien sûr, sa chevauchée fantastique dans la surface de réparation toulousaine et ce caviar venu d’ailleurs, ce corner tendu à mi-hauteur qui vient se cogner sur Layvin Kurzawa au point de penalty. Le latéral gauche du PSG et des Bleus n’en est pas complètement revenu. « Je ne m’y attendais pas. Ah ça, non ! Le ballon arrive parfaitement. Droit sur moi. Juste là où il fallait. C’est un bonheur d’évoluer avec lui. C’est le joueur le plus impressionnant avec qui j’aie joué. »
Marco Verratti, bêtement expulsé contre Toulouse, est plus lucide pour parler du phénomène. « Il change tout dans l’équipe. Quand on voit les buts qu’il marque, on a l’impression de les avoir vus dans les dessins animés comme « Olive et Tom » ! On a une chance incroyable de l’avoir avec nous. Le public du Parc et la Ligue 1 aussi. Il a marqué un but magnifique contre le TFC mais on en verra beaucoup d’autres comme ça. » Cette fois-ci, les présentations étaient vraiment faites.

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