Équipe de France

1992, le printemps doré du basket français

En 1992, huit ans avant la génération Tony Parker et 14 ans avant la génération Nicolas Batum, les juniors (-18 ans) français sont sacrés champions d’Europe. Une première pour le basket tricolore. Olivier Saint-Jean (Tariq Abdul-Wahad) deviendra le premier Français à évoluer en NBA. Laurent Foirest, Cyril Julian et Laurent Sciarra des piliers de la sélection A. Récit d’une aventure unique par le DTN, Jean-Pierre de Vincenzi, qui entraînait cette équipe juniors lors de son couronnement.

« David a battu Goliath. Les juniors masculins sont devenus champions d’Europe. Je pourrais hurler : « On a gagné, on est les meilleurs. » Mais je préfère associer ce succès à l’ensemble du basket français. Ce titre récompense cinq années d’efforts. Nous avions mis au point, avec Florent Dechaumet, l’un de mes assistants, un plan de détection unique.
Florent s’est rendu dans tous les départements. A visionné les meilleurs joueurs puis les a regroupés. Il a fait des sélections interdépartementales, régionales puis par zones géographiques. Tous les étés, il regroupait les meilleurs pour des camps.
Il m’a apporté la sélection sur un plateau. Dans cette équipe, neuf joueurs sont issus de cette sélection ! Certains sont passés par les centres régionaux d’entraînement, d’autres par l’INSEP, la grande majorité avait déjà intégré les centres de formation des clubs de haut niveau. Ces joueurs représentent l’avenir du basket français. L’équipe de France de l’an 2000.
Chacun de nos adversaires nous rendait des centimètres et des kilos. Des dizaines de centimètres pour les joueurs de la CEI (ndlr : Communauté des Etats Indépendants, après l’éclatement de l’URSS), des vingtaines de kilos pour les Italiens. Elaborer une stratégie pour lutter contre plus fort que soi, y compris techniquement, c’est aussi essayer de jouer à fond sa carte. C’était savoir tirer profit de l’avantage en mobilité que nous pouvions avoir sur ces nations. Jouer à fond, jusqu’au bout, tout le temps. C’était ne pas laisser à l’adversaire le temps de se réadapter à une défense donnée. C’était varier sans arrêt nos systèmes : pressing, zone press, match-up, homme à homme, zones 2-1-2 ou 3-2 avec prise à deux sur le porteur du ballon. C’était avant tout y croire.
Les joueurs ont rêvé. Ils se sont pris au jeu. Parce qu’ils sont intelligents, jeunes et volontaires. Parce que le staff les assistait sans arrêt, les entraîneurs se relayant dans un travail en douceur et tout à la fois intense. Parce que le capitaine Laurent Sciarra était un vrai meneur d’hommes. Parce que des joueurs expérimentés comme Franck Mériguet ont su communiquer.
Je me rappelle de ce que m’avait dit Jean-Paul Cormy, 5e avec les cadets qu’il dirigeait : « A l’issue d’un match, tu retiens toujours quelques paniers. Mais tu n’oublies jamais la défense. Celle qui t’a cadenassé ou celle qui t’a permis de gagner. »
Patrick Beasley était son assistant à l’époque. Il travaille à mes côtés aujourd’hui. En l’an 2000 ? Je souhaite de tout cœur que ces jeunes soient les stars de l’équipe de France. Avec ceux de la génération d’avant, les Antoine Rigaudeau, Yann Bonato, Stéphane Risacher, l’amalgame devrait se faire. »
Trois joueurs de cette équipe furent vice-champions olympiques à Sydney en 2000 : Laurent Foirest, Cyril Julian et Laurent Sciarra. Tariq Abdul-Wahad fut écarté de la sélection après l’Euro 1999 en France (4e place pour les Bleus).

Les champions d’Europe juniors 1992 : Olivier Saint-Jean, Grégory Avenet, Yann Barbitch, Rémi Bousquet, Laurent Foirest, Philippe Giralt, Cyril Julian, David Lesmond, Anthony Mallor, Franck Mériguet, Etienne Rayton, Laurent Sciarra, Philippe von Buschwaldt

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