Équipe de France

Yoan Cardinale, comme un Aiglon en cage

Le jeune gardien niçois Yoan Cardinale s’est installé dans la peau d’un titulaire indiscutable dans les buts du Gym. Il est aussi l’un des grands artisans du début de saison canon des Aiglons. A 22 ans, l’avenir lui appartient.

Dans le football, tout va très vite et Yoan Cardinale en sait quelque chose. Nous sommes à l’été 2015 et Claude Puel construit son effectif. Dans les buts, la hiérarchie est claire. Mouez Hassen luttera avec Simon Pouplin pour une place de titulaire. Yoan Cardinale, à peine plus de 21 printemps dans les jambes, est voué à faire les beaux jours de l’équipe réserve pour gagner en expérience. Mais voilà, le destin va en décider autrement.
Hassen laisse apparaître des faiblesses, principalement au niveau du mental, et Pouplin n’en finit plus d’enchaîner les problèmes de santé. Deux ans après la signature de son premier contrat professionnel en 2013, Cardinale est donc jeté dans le grand bain de la Ligue 1 et il se retrouve sous le feu des projecteurs, en même temps qu’Hatem Ben Arfa, lors d’une large victoire des Niçois à Rennes, 4-1. Deux ans d’attente dans l’ombre pour une arrivée en fanfare dans l’équipe une de l’OGCN.
Le foot, Cardinale est tombé dedans lorsqu’il était tout petit. A 4 ans plus précisément. Pas dans les buts mais aux avant-postes. D’un extrême à l’autre. C’est lors d’un tournoi à Saint-Cyr-sur-Mer, quelque temps plus tard, qu’il est testé comme gardien de but. L’essai est si probant que ses dirigeants lui conseillent de rester dans les cages.
L’Olympique de Marseille le repère assez rapidement et Yoan intègre le centre de formation à l’âge de 10 ans. Puis son destin bascule brusquement lorsque, suite à une blessure, son genou est salement amoché. L’OM décide de ne pas le garder.
A peine quelques mois, un passage express au SC Bel Air, dans le monde amateur, et le voilà qui frappe à nouveau aux portes d’un centre, celui de l’OGC Nice cette fois. Décidément pas verni, il manque sur blessure l’épopée victorieuse des Niçois en Coupe Gambardella, en 2012. Une aventure qui voit beaucoup de ces jeunes passer professionnels dans la foulée… Mais pas Cardinale. Il a, depuis, rattrapé le temps perdu et symbolise à merveille la deuxième partie de championnat du Gym la saison passée (4e, qualifié pour la Ligue Europa) et l’entame canon des Aiglons en ce début de compétition.
Dans tous les cas, il a toujours eu la confiance de son club. « Yoan m’impressionne. Il ne fait plus rire personne. Il a toujours fait preuve d’un comportement exemplaire », estime ainsi Alexy Bosetti. Claude Puel, lui, saluait, il y a quelques mois un joueur « qui a un gros mental » et qui fait sans doute partie des tauliers du vestiaire. Car mine de rien, malgré son jeune âge et son peu d’expérience, Cardinale en a dans les gants.
Bon vivant et très blagueur, le jeune gardien de but originaire de La Ciotat a un gros caractère et il sait ce qu’il veut. Il a su attendre son heure pour obtenir ce qu’il désirait alors qu’avec les Ospina, Hassen and co, il y aurait eu de quoi se lasser. Mais lâcher ne fait pas partie du vocabulaire de « Cardi », comme on le surnomme affectueusement du côté de Nice.
Pour ne rien gâcher, il a la réusite plutôt modeste et garde bien en tête d’où il vient. « Aujourd’hui, je ne suis pas le gardien numéro un mais je suis celui qui joue », déclare-t-il. Jouer, il en a longtemps rêvé, notamment après avoir laissé passer sa chance, il y a deux ans, lorsqu’Ospina s’était blessé. Son maudit genou lui avait encore joué des tours et il s’était fait griller la place par le tout jeune Anthony Mandréa (16 ans à l’époque).
Pour reprendre le témoin, il a dû s’accrocher, travailler plus que les autres et se servir de chaque conseil pour avancer… Comme doivent le faire les trop rares joueurs qui passent du rêve du centre de formation à la réalité du monde professionnel. Pour l’instant, le pari apparaît gagnant. Et si du côté de Nice, les hommes et notamment l’entraîneur ont changé, la hiérarchie, elle, semble dorénavant bien établie.

Camille LEDUN / PLANETE FOOT

Un physique atypique pour le haut niveau
Depuis la signature de son premier contrat professionnel en 2013, Yoan Cardinale n’a pas été épargné par les critiques concernant son physique. Certains lui reprochaient ces quelques kilos en trop qui donnaient l’impression qu’il n’était pas forcément fait pour devenir un sportif de haut niveau. Mais le garçon a les épaules solides et il a tout accepté, sans broncher. Et aujourd’hui, il donne la meilleure des réponses sur le terrain.

Profil
Yoan Cardinale
• Gardien
• Né le 27 mars 1994 à La Ciotat
• 1,81 m, 84 kg
• Roadbook : Nice (formé au club)
• Premier match en Ligue 1 ­­­­: le 18.10.15, Rennes-Nice (1-4)

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