Cyclisme

Tyler Farrar :  « Le sprint, c’est intelligence, application et sérieux »

Sprinter, c’est comme grimper : c’est un métier. Pour l’Américain, c’est aussi une façon de gagner. Il a ça dans le sang depuis ses débuts.

PLANETE CYCLISME : Tyler, tu as toujours sprinté ?
Tyler FARRAR :
J’ai toujours été bon. Plus jeune, on disait que j’étais un coureur de classiques qui sprintait bien. Aujourd’hui, je suis un sprinteur qui marche sur les classiques. Chaque année, je progresse. C’est ma spécialité. J’adore la vitesse, la mentalité.

PC : Tu as eu des idoles ?
T.F. :
Erik Zabel m’impressionnait. Il gagnait de février à octobre. J’essaie de mener mes saisons comme lui. Plus jeune, je regardais Gordon Fraser sur le circuit US.

PC : Il existe différents types de sprinteurs. Tu as besoin d’un train ou tu préfères te débrouiller seul ?
T.F. :
Je préfère seul. Avoir des coéquipiers et être bien lancé, c’est idéal. J’ai déjà gagné seul. Il faut beaucoup jouer avec les autres, les équipes, les coureurs. Quand on roule en équipe, on a plus de sécurité pour arriver dans les conditions idéales à l’arrivée.

PC : Existe-t-il une morphologie-type chez les sprinteurs ?
T.F. :
On trouve des grands coureurs puissants comme Tom Boonen, Thor Hushovd, Gerald Ciolek et moi. Mark Cavendish, Oscar Freire et Allan Davis sont très rapides. Pour être un bon sprinteur, il faut une bonne musculature avant la morphologie. Un grimpeur comme Robert Gesink, frêle, ne sera jamais sprinteur. Et même si je travaillais tous les jours en montagne, je ne serais jamais grimpeur.

PC : Quelles sont les qualités d’un bon sprinteur ?
T.F. :
Il faut de la vitesse, du mental, un état d’esprit et le goût de la bagarre pour arriver en tête dans les derniers kilomètres. Il faut savoir faire correctement 200 km puis gérer une montée et se présenter dans les premiers. Il y a enfin la condition physique, il faut avoir les jambes.

PC : Comment vois-tu l’arrivée d’Hushovd chez Garmin en 2011 ? Comme une aide ou un désaveu ?
T.F. :
Son arrivée est bonne pour l’équipe. On est deux à pouvoir gagner sur les grandes courses. Avec sa grande expérience, je vais apprendre beaucoup.

PC : N’as-tu pas peur d’une situation comme celle de Columbia avec Gerald Ciolek et André Greipel face à Mark Cavendish ?
T.F. :
C’est une question de personnalités. On travaille ensemble depuis peu. Il n’y a aucun problème. On parle beaucoup.

PC : Aimes-tu et redoutes-tu certains coureurs ?
T.F. :
Je ne pense pas aux adversaires. J’ai beaucoup d’amis dans le peloton. Je frotte en course, on ne se bagarre pas après. Pour la gagne, je ne pense qu’à moi. Personne ne me fait peur. C’est dangereux de penser : “Il est plus rapide.” On doit se dire : “Il est plus rapide, je dois aller encore plus vite.” C’est ça la bonne mentalité pour gagner, s’améliorer.

PC : Sprinteur de 26 ans, pro depuis 8, tu affrontes des jeunes de 21 et des vieux de 37. Une sacrée différence…
T.F. :
Alessandro Petacchi côtoie des jeunes comme Peter Sagan. C’est la beauté du vélo, on peut être bon à tout âge.

PC : Pour la maturité, il n’y a aucune règle chez un sprinteur ?
T.F. :
Je suis plus vite qu’à 21 ans. Pour d’autres, c’est l’inverse. Jeunes, ils sont forts et après, ils sont moins bons.

PC : Comment as-tu progressé depuis tes débuts ?
T.F. :
J’apprends de chaque course, de mes erreurs. J’accepte mes fautes, je les décortique.

PC : Quel est ton sprint préféré depuis tes débuts pros ?
T.F. :
J’adore les derniers kilomètres de la Cyclassics. Quelques virages, un peu technique mais pas trop… Il faut de la puissance. On arrive vraiment vite. Il faut aussi le bon dosage. Si on arrive trop tôt, on meurt à 50 m de la ligne. Un sprint tactique et puissant.

PC : Penses-tu à la peur ?
T.F. :
Non. Si tu penses à ça, tu ne seras jamais un bon sprinteur. Il ne faut pas se dire “Je peux tomber”. Sinon, tu ne prendras pas les risques nécessaires. Il ne faut penser qu’à la tactique. Je me dis juste après coup : “Wow, c’était vraiment dangereux.” Si on veut gagner, il faut frotter, prendre des risques. Je connais.

PC : Et l’absence des oreillettes pour un sprinteur ?
T.F. :
Ce n’est pas si grave. En 2011, on a souvent roulé sans (ndlr : Majorque, Algarve, Langkawi). Une étape plate arrive toujours au sprint. Nous sommes pros, on connaît le déroulement : trois coureurs pour lancer mon sprint, trois pour rouler en journée. Avec les oreillettes, on peut changer la tactique, on ne prend plus de risques. On a le temps, on peut surveiller les jambes des copains. Sans, il faut être vigilant. Avant, on reprenait une échappée à 30 km. On ne la reprendra plus qu’à 8. Il faut juste être sûr. Ça modifie un peu la tactique, pas le résultat.

PC : Où faut-il t’attendre cette saison ?
T.F. :
Mon programme : Tirreno, San Remo, Flandres, Roubaix. Puis du repos, le Giro et le Tour. Après, on verra. Le Mondial est important. On n’a pas tous les ans la possibilité de remporter un Mondial “sprinteurs”. J’aimerais faire les trois grands tours. Ça marche depuis 2 ans. Si je ne suis pas fatigué après le Tour, je ferai la Vuelta. Le Mondial est un gros objectif. C’est une très bonne opportunité.

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