Équipe de France

Transferts : ça peut faire du bruit ! (2)

Entre les coaches qui connaissent déjà leur futur club (Pep Guardiola à Manchester City, Carlo Ancelotti au Bayern Munich), les stars en fin de contrat (Zlatan Ibrahimovic à Paris) et les OPA d’envergure internationale (« CR7 », Paul Pogba, Robert Lewandowski…), il n’y a pas que l’Euro qui annonce un été torride. Entre les premiers bruits de couloir, les rumeurs qui se confirment, les indiscrétions et les vraies infos, premier tour d’horizon avant le début des hostilités. Attention, dossier brûlant !

La chasse aux cracks

Dans le rayon des plus chers, c’est-à-dire des joueurs hors de prix, le moindre mouvement de cil peut mettre en route un gigantesque Meccano. Et le calme plat devient un tsunami mondial. La lame de fond est-elle possible ? A tous les niveaux, le marché des transferts qui s’annonce risque de faire grimper la température…

GONZALO HIGUAIN
● Club : Naples
● Fin de contrat : juin 2018
● Valeur : 55 M€
● Destinations possibles : Chelsea, Liverpool, Paris SG, Manchester City, Manchester United, Bayern Munich
● Tendance départ : 80%
Aurelio de Laurentiis a beau être un producteur reconnu de cinéma, le neveu de Dino de Laurentiis n’a besoin de personne quand il s’agit de parler football. Et encore moins de parler de ses joueurs. « J’ai mis une clause de départ à 94 millions d’euros dans le contrat de Gonzalo Higuain parce que je sais comment évaluer mes joueurs. » Réputé très dur en affaires, le président napolitain se souvient qu’il a déboursé 40 millions pour acheter son buteur argentin au Real Madrid. Et même si Naples n’a jamais passé le « cut » au niveau européen, les Partenopei sont à la lutte avec la Juventus Turin pour la conquête du titre cette saison. La baie est en perpétuelle effervescence, surtout à chaque réalisation de son goleador.
Higuain, c’est le meilleur buteur du championnat, 26 buts en 28 rencontres. Du grand, du très grand art. Et donc une cible de premier ordre pour le prochain marché estival. Même Maurizio Sarri, son coach, ne peut plus occulter la question. « Est-ce que je suis agacé par les rumeurs concernant Higuain ? Non. Je ne sais pas, je ne lis pas les journaux. Il n’y a pas que le Paris SG et Chelsea sur lui. Il y a beaucoup plus de demandes que ça. C’est le club qui décidera pour le joueur. »
Sauf que l’Argentin, qui attend toujours une prolongation de contrat agrémentée d’une revalorisation salariale, n’a pas goûté la fin de non-recevoir de son président en janvier. Les rela­tions se sont considérablement rafraîchies. Le clan familial (son père Jorge et Nicolas, son frère, le représentent) répète le même refrain : « Gonzalo est concentré sur le championnat. Il n’a pas le temps de parler de son contrat. » Mais la chanson n’est pas figée, ni les paroles, ni la musique. Et il se murmure que le joueur songerait de plus en plus à l’idée d’un départ.
Au top en Italie, Higuain se sait un ton en dessous en termes d’exposition par rapport à l’Espagne, l’Angleterre et même l’Allemagne, quand il voit Robert Lewandowski et Pierre-Emerick Aubameyang (mais surtout Lewandowski). A 28 ans, il ne veut pas faire la saison de trop à Naples et il a déjà montré, lors de son départ du Real, qu’il savait aller au bout de ses intentions. S’il veut prouver qu’il a l’étoffe des plus grands, l’été 2016 est peut-être la dernière opportunité qui s’ouvre devant lui. Et même sa clause folle à 94 millions ne sera pas un obstacle insurmontable. Avec un achat de 40 M€ par Naples, le départ de « Pipita » (son surnom) pourrait se négocier entre 50 et 60. Une belle affaire ? ●

EDEN HAZARD
● Club : Chelsea
● Fin de contrat : juin 2020
● Valeur : 70 M€
● Destinations possibles : Real Madrid, Paris SG
● Tendance départ : 40%
Sa saison ne plaide pas pour lui. Mais son futur dépasse le cadre de sa saison. Dans le flou persistant qui entoure les Blues, avec un Guus Hiddink déguisé parfois en sauveur mais souvent en intérimaire, pas facile de se projeter. Du côté des joueurs, on s’abrite souvent derrière son contrat. Celui d’Eden Hazard est très protecteur. Le Belge est lié à Chelsea jusqu’en 2020, ce qui en fait l’un des top players les plus chers sur le papier. Meilleur joueur d’Angleterre l’an passé, il n’est que l’ombre de lui-même cette saison mais l’ombre est appelée à disparaître et ce sont surtout les qualités intrinsèques du bonhomme qui intéressent la planète entière.
A Madrid, l’intronisation de Zinédine Zidane au poste d’entraîneur peut changer l’ordre des priorités. Le Français a toujours adoré le Belge, il le répète depuis qu’il est devenu coach du Real, en se posant comme l’un de ses plus fervents défenseurs. « J’aime le joueur parce qu’il provoque, il tente toujours des choses avec le ballon. C’est un créateur. » Le portrait-robot d’une potentielle recrue du Real Madrid… Mais l’histoire est plus compliquée. Pas sûr en effet que les huiles du conseil d’administration du Real, qui se demandaient si la nomination de Zidane (volonté de Florentino Pérez) n’était pas trop précipitée, voient d’un si bon œil l’arrivée d’un joueur qui tarde à confirmer tout son potentiel, aussi bien dans la durée avec son club que dans les grands soirs avec sa sélection.
Guus Hiddink lui-même a avoué qu’un départ d’Eden l’été prochain était du domaine de l’envisageable. L’intéressé, lui, joue la transparence, tout en glissant régulièrement quelques perches bien dirigées. « A chaque mercato, on dit : « Eden va partir. » Mais à chaque fois que j’ai dit que je resterais, je suis resté. » Sauf qu’il n’a pas encore dit qu’il resterait… « Bien sûr que Zidane, ça donne envie. Il était mon idole quand il était joueur et cela fait longtemps qu’il dit du bien de moi. De toute façon, je veux travailler avec les meilleurs. » L’idée se défend. « Tout est possible, c’est vrai. C’est difficile de dire non au PSG, comme à toutes les équipes capables de remporter la Ligue des champions. Maintenant, Paris fait partie de cette catégorie. Et pour moi, remporter la Ligue des champions est le principal objectif. »
Hazard a quitté Lille en 2012. Après quatre ans chez les Blues, on ne sait pas vraiment s’il est en bout de course ou s’il pâtit de la fin de cycle de son équipe. Il peut aussi se relancer à Londres, où il a tous ses repères. Même si l’histoire montre que ça ne veut plus dire grand-chose, son contrat s’étire jusqu’en 2020 et il évolue dans un club où le contrat signifie encore quelque chose, surtout aux yeux de Roman Abramovitch, qui nous a plutôt habitués à acheter des joueurs qu’à les vendre depuis qu’il paie ses courses en livres sterling. ●

ANTOINE GRIEZMANN
● Club : Atlético Madrid
● Fin de contrat : juin 2020
● Valeur : 70 M€
● Destinations possibles : Bayern Munich, Manchester City
● Tendance départ : 10%
C’est peut-être la plus grosse cote. D’abord parce qu’Antoine s’est rendu indispensable à l’Atlético Madrid. Diego Simeone, son coach, l’a encore répété dernièrement. « On ne peut pas l’enchaîner, je ne l’ai jamais fait, mais c’est évidemment un joueur importantissime pour nous ! Avec l’interdiction de recrutement qui frappe le club, il est encore plus intransférable. »
Le meilleur buteur de l’Atlético, qui a quand même obligé Jackson Martinez à se mettre aux nems, on n’insistera jamais assez là-dessus, n’est pas parti pour partir. Surtout, il se plaît à l’Atlético où il grandit et où il veut bien grandir encore. En négociations pour prolonger son contrat, comme il l’a confirmé à la radio Cadena Ser le mois dernier (« Enfin, plus mes représentants que moi, parce que je suis concentré sur le terrain en ce moment »). Il se dit, d’après une indiscrétion de la presse anglaise, que sa clause libératoire serait passée à 100 millions d’euros. Assez pour dissuader les attaques extérieures ? Peut-être pas. Mais l’interdiction de recrutement qui frappe les Colchoneros en 2016 (ils ont fait appel) n’ouvre pas beaucoup de perspectives. Même le président Enrique Cerezo est monté au front pour le répéter : « Antoine Griezmann est en train de profiter d’un public qui l’aime et qui l’admire, il vit à Madrid, il est heureux, ses pensées sont à l’Atlético, il veut être à l’Atlético. »
Ce n’est pas faux. Mais c’est vrai aussi que Pep Guardiola garde un œil particulier sur ses performances. Et que si le Bayern Munich a coché son nom tout en haut de sa short-list depuis deux saisons maintenant, le coach catalan sait qu’il aura carte blanche pour son recrutement à Manchester City. Ça peut vite faire monter les enchères. Surtout si Diego Simeone himself venait à quitter le navire madrilène… Antoine, focalisé sur l’Euro en cette fin de saison (« Ne pas aller au bout serait un échec », a-t-il prévenu), ne devrait pas bouger cet été. A 24 ans, il a encore un peu de temps. ●

ZLATAN IBRAHIMOVIC
● Club : Paris SG
● Fin de contrat : juin 2016
● Valeur : 15 M€
● Destinations possibles : AC Milan, Miami, Manchester United
● Tendance départ : 50%
C’est la question du printemps. Partira, partira pas ? En fin de contrat en juin, Zlatan Ibrahimovic a répondu à ses détracteurs sur la pelouse de Stamford Bridge en marquant un but, ce qui ne lui est pas souvent arrivé dans les matches de Ligue des champions à élimination directe. Un but, une passe, comme pour mieux joindre les actes aux paroles. Comme si le géant suédois avait encore besoin de prouver des choses à Paris. Meilleur buteur du PSG, meilleur joueur du championnat, meilleur buteur du championnat, des titres à la pelle… Seule la Ligue des champions se refuse toujours à lui.
A Londres, Zlatan avait commencé son show la veille du match en « rappelant » devant les micros que « le PSG (était) né en 2011, lors de l’arrivée des Qataris ». Une sortie au karcher qui a eu son petit effet sur les grands anciens, de Luis Fernandez à Youri Djorkaeff pour ne parler que d’eux. Mais pas un mot, bien entendu, sur son avenir. Mino Raiola, son agent, avait glissé quelques pistes en fin d’année dernière. « Tout est possible. Zlatan peut signer partout parce qu’il est libre. Nous avons des offres de plusieurs clubs mais nous n’avons pas encore décidé. »
A Paris, Nasser Al-Khelaïfi lui a déjà exposé ses idées et notamment celle de le voir intégrer l’organigramme du club dans un futur plus ou moins éloigné. Le président parisien sait l’importance et l’impact de son Suédois fétiche dans l’histoire récente du PSG. Comme il sait qu’il ne représente pas, à 35 ans bientôt, l’avenir à plus ou moins long terme au sein de l’attaque parisienne. De son côté, « Ibra » ne parle quasiment jamais à la presse française. Et quand il le fait, il répète toujours la même chose. La dernière fois, c’était à Chelsea justement, en sortant de la douche : « Il me reste deux mois de contrat. Je ne discute avec personne. On va voir ce qui va se passer. Je mettrai les choses sur la table et je verrai ce qui est bon pour moi et ma famille. »
L’été dernier, lors de la tournée américaine des Parisiens, Zlatan avait particulièrement soigné ses rapports et son image avec les médias US. On sait qu’il a fait une demande, auprès de l’ambassade américaine à Paris, pour obtenir un visa de travail. On le sait également proche de David Beckham avec qui il a partagé, pendant quelques mois, la tunique bleue et rouge. « Beck’s », actionnaire de la nouvelle franchise de MLS de Miami, espère l’attirer dans ses filets. En Italie, il ne se passe pas une journée sans qu’un journal affirme que son retour à l’AC Milan, où il possède toujours le gîte et le couvert et où sa famille, femme et enfants réunis, se sent le mieux au monde, est dans les tuyaux. Mais pour cela, il lui faudrait revoir très nettement ses émoluments à la baisse. Notez que le « très nettement » est ici sujet à de sacrés troubles digestifs. Et puis il y a le mystère José Mourinho, qui devrait signer à Manchester United (voir par ailleurs) et qui a déjà clamé haut et fort son rêve de travailler avec lui.
Le fait qu’il croule sous les propositions n’est pas, en soi, une info. C’est son choix qui en sera une. Il peut aussi décider de prolonger son bail à Paris, quitte à partager l’affiche avec un autre XXL de la profession. Là, c’est Edinson Cavani qui serait prié d’aller chercher fortune ailleurs. Ce qui est largement plausible. Une dernière info à ne pas négliger. Après l’Euro, Zlatan rêve de disputer les J.O. avec la Suède (qui avait éliminé les Bleuets en barrage et qui a remporté l’Euro Espoirs l’été dernier), l’été prochain à Rio. Ce qui décalerait forcément ses vacances, sa reprise et tout le reste… Allez, juste pour le plaisir, les dernières confidences, toutes chaudes celles-là, de Mino Raiola, le roi du teasing : « Nous savons ce que nous voulons mais nous ne dirons rien jusqu’à cet été, une fois que la saison sera terminée. Je sais ce qu’il a décidé mais nous ne voulons pas que vous le sachiez. Zlatan est pleinement concentré sur la victoire en Ligue des champions avec le PSG. »

SERGIO BUSQUETS
● Club : FC Barcelone
● Fin de contrat : juin 2018
● Valeur : 100 M€
● Destinations possibles : Manchester City, Paris SG
● Tendance départ : 40%
Il n’est pas le plus connu ni la plus épiée des mégastars du Barça. Ça lui va très bien. Pour glisser une bonne semelle sur un tendon d’Achille ou un coude derrière une omoplate, on est toujours plus à l’aise quand on officie dans l’ombre. Sergio Busquets est un homme de l’ombre. Il n’est pas le dernier à mettre le pied, pas le dernier à lever le coude non plus (sur les pelouses, pas sur les zincs). Il est peut-être l’un des plus vicieux de tous, il mange à la même table que Thiago Motta, les deux ont le même appétit pour le menu entrée-plat-dessert, avec l’obligation presque viscérale de ne pas se faire prendre, et cette devise bien à lui, bien à eux : « Moi, je te mets le coup, toi, tu prends le carton ! » C’est de l’art. Pas beau mais c’est de l’art.
Busquets est autre chose dès qu’il a le ballon dans les pieds. Lui ou son équipe, d’ailleurs. Car l’homme de l’ombre est aussi l’invisible qui rend le visible plus fluide, plus simple, tellement plus simple. Dans les redoublements de passes, les intervalles, les petits crochets ou les transversales, car il sait jouer long aussi, même au Barça, c’est un maillon fort. Et le maillon fort attire les convoitises. Or, celui qui est l’un des symboles de la maison catalane est toujours en attente d’une prolongation de contrat.
« Aujourd’hui, au niveau personnel, il n’y a pas de problème. La personne qui peut me faire changer d’avis, c’est Pep Guardiola. Je lui dois beaucoup et travailler à nouveau avec lui serait un honneur. Mais Pep sait que mon club, c’est le Barça et c’est aussi le sien. Le meilleur pour moi est ici et je ne crois pas que l’on me demande de partir. » Non mais c’est sa façon à lui de demander à rester.
Pour le moment, l’affaire est en stand-by. Guardiola, lui, va faire à Man City ce qu’il a fait au Bayern : un clone de son Barça. Qui mieux que Sergio pourrait en porter les honneurs dans le rôle de la sentinelle ? A moins que Paris, encore et toujours, ne vienne mettre son grain de sel là-dedans. Parce que Thiago Motta (tiens, tiens) n’est pas éternel, parce que l’Italien semble légèrement en retrait depuis le début de l’année et parce que Laurent Blanc voit en lui le futur dans le cœur du jeu parisien (on le voit bien aussi, c’est vrai), il ne faut pas négliger cette hypothèse. Il sera difficile de déloger Sergio (qui est le fils de Carlos Busquets, l’ancien gardien du Barça) de Catalogne. Impossible ? Si la réponse est non, alors il faudra regarder du côté de Manchester et Paris. ●

PIERRE-EMERICK AUBAMEYANG
● Club : Borussia Dortmund
● Fin de contrat : juin 2020
● Valeur : 45 M€
● Destinations possibles : Real Madrid, Manchester City, Liverpool
● Tendance départ : 60%
Arrivé en 2013 au Borussia Dortmund (en provenance de Saint-Etienne), le Gabonais vient de prolonger jusqu’en 2020. Ce serait donc une hérésie de le convier dans ce dossier ? Pas vraiment car sa saison canon en Bundesliga (22 buts en 24 matches de championnat) a un écho largement plus vaste que les couloirs du Bundesrat. Entre sa vitesse de course, son sens du but et son volume de jeu, il possède un profil à la fois atypique et recherché. Par Jürgen Klopp notamment, qui aimerait bien le retrouver à Liverpool. Par Pep Guardiola aussi, qui le voit de près depuis deux saisons en Allemagne et qui l’imagine plutôt très à l’aise au cœur des défenses d’Angleterre. Il se murmure que Pep aimerait l’associer à Kün Aguero à la pointe de l’attaque des Skyblues l’an prochain. Or, on connaît la manne financière des proprios de City. Ce sont les mêmes, ou presque, que ceux du PSG. Et c’est tout pareil au niveau du chéquier : « no limit ».
Qu’en pense « PEA » ? « Mon rêve, c’est de jouer en Espagne ! Je ne sais pas quand mais j’espère que cela se produira. Beaucoup de gens pensent que la Premier League serait bien pour moi mais ma mère est espagnole et j’ai vraiment envie de jouer là-bas. » Ça tombe bien : le 10 mars, le quotidien madrilène « AS » a annoncé qu’un deal avait été trouvé entre le Real Madrid et « PEA » ! Le Gabonais aurait fait part de son accord à « Zizou » en personne. Dernière marche à franchir : pas le mur jaune mais presque. Le Borussia Dortmund n’a pas du tout aimé que son joueur discute en direct avec « ZZ » et le prix fixé pour son départ, à savoir 100 millions d’euros, ne serait pas négociable… ●

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