Équipe de France

Transferts : ça peut faire du bruit ! (1)

Entre les coaches qui connaissent déjà leur futur club (Pep Guardiola à Manchester City, Carlo Ancelotti au Bayern Munich), les stars en fin de contrat (Zlatan Ibrahimovic à Paris) et les OPA d’envergure internationale (« CR7 », Paul Pogba, Robert Lewandowski…), il n’y a pas que l’Euro qui annonce un été torride. Entre les premiers bruits de couloir, les rumeurs qui se confirment, les indiscrétions et les vraies infos, premier tour d’horizon avant le début des hostilités. Attention, dossier brûlant !

La chasse aux cracks

Dans le rayon des plus chers, c’est-à-dire des joueurs hors de prix, le moindre mouvement de cil peut mettre en route un gigantesque Meccano. Et le calme plat devient un tsunami mondial. La lame de fond est-elle possible ? A tous les niveaux, le marché des transferts qui s’annonce risque de faire grimper la température…

CRISTIANO RONALDO
● Club : Real Madrid
● Fin de contrat : juin 2018
● Valeur : 110 000 M€
● Destinations possibles : Paris SG, Manchester United
● Tendance départ : 30%
Zinédine Zidane s’est montré on ne peut plus clair dès sa prise de fonctions à la tête du Real Madrid, en janvier : « Cristiano Ronaldo est plus qu’intransférable. Tant que je serai là, il sera là. Il est l’âme de ce club, de cette équipe, du madridisme. » Une prise de position à la fois forte et décalée dans la bouche du « Z ». Puissante, parce qu’un joueur a toujours besoin d’être flatté, et comme on parle ici du numéro 7 portugais, il faudrait même l’écrire en majuscules. On se doute que les premiers mots publics de Zidane à son égard n’ont pas fait de mal à « CR7 », bien au contraire. Mais pourquoi l’entraîneur français a-t-il éprouvé le besoin de le rappeler ? Le niveau du contrat et du joueur, tout ce qu’il représente à Madrid, ne suffirait donc pas à lui assurer un futur tranquille dans la capitale espagnole ?
Difficile d’imaginer l’avenir du Portugais sous d’autres cieux. Il se plaît à Madrid, il l’a dit et répété, il envisage même d’y vivre une fois sa carrière terminée. Quand on connaît son attachement à son île natale de Madère, c’est une réflexion qui illustre son amour pour la capitale espagnole, où il a appris à gérer sa surmédiatisation. « CR7 » y cultive son petit bout de jardin secret. Loin des caméras et des flashes.
Même son agent, le tout puissant Jorge Mendes, l’a plusieurs fois assuré : « Son avenir ? Il jouera certainement quatre, cinq, pourquoi pas six ou sept ans de plus à Madrid, et il finira sa carrière ici. Il est heureux ici, il arrêtera à 40 ans. » Provocateur ? Pas forcément. « Chaque jour, il y a une nouvelle rumeur, une nouvelle histoire autour de lui. Mais Cristiano à Paris, c’est impossible. Il terminera au Real. » Voilà pour la version officielle, à laquelle il faut de toute façon accorder du crédit. Il n’empêche : quand rien, financièrement, n’est impossible, tout est autorisé. Or, le PSG ou encore Manchester United rêvent tout haut de Cristiano.
« CR7 » à Paris ? Lorsque PSG a croisé le Real, lors de la première phase de la Ligue des champions, le Portugais a glissé quelques mots à l’oreille de Laurent Blanc et ces trois secondes dans la zone technique, devant les caméras du monde entier, en ont remis une couche sur une possible aventure commune. « Il m’a dit certaines choses, je ne vous dirai pas lesquelles. Mais c’était très élogieux en tout cas », a souri Blanc en conférence de presse. Le lendemain, le Parisien assurait la traduction : « Votre équipe joue très bien. J’aimerais beaucoup travailler avec vous. » Alors, un triple Ballon d’or au Parc ? A l’époque, Rafael Benitez était encore le coach du Real et Cristiano en avait sa claque. ●

ROBERT LEWANDOWSKI
● Club : Bayern Munich
● Fin de contrat : juin 2019
● Valeur : 70 M€
● Destinations possibles : Real Madrid, Paris SG
● Tendance départ : 60%
« Chaque année, il y a toujours ce genre de spéculations autour de mon avenir. Moi, je ne pense qu’au terrain. Ce n’est jamais une situation facile. Je préfère ne rien dire. J’entends des rumeurs sur moi depuis que j’ai 18 ans mais cela ne m’intéresse pas. Et ne me distrait pas. » Pourtant, et surtout à en croire certains médias anglais, Robert Lewandowski n’en pense pas moins. L’attaquant polonais, qui a pris un petit coup derrière la tête quand Pep Guardiola a officialisé son départ pour Manchester City en fin de saison, se verrait bien lui aussi en Premier League.
Considéré comme l’un des meilleurs attaquant du monde, il est encore un peu plus que ça depuis quelques mois. Sa saison folle au Bayern, illustrée par le quintuplé le plus rapide de l’histoire (9 minutes) réussi contre Wolfsburg fin septembre, change encore la donne. Il était un phénomène au Borussia Dortmund, il est devenu un cador au Bayern, où son ratio et son efficacité suscitent les plus folles convoitises. Et Guardiola s’en va… « Je peux dire que je suis un meilleur joueur depuis que je travaille avec lui, car j’apprends toujours quelque chose de nouveau, à chaque entraînement. Il étudie le jeu sous tous les angles, il pense football 24 heures sur 24. Il demande un investissement total à ses joueurs, en match comme à l’entraînement. » Et Carlo Ancelotti, il en pense quoi, Robert ?
Fin janvier, Cezary Kucharski, son agent, a mis tout sur la table. « Les contacts existent entre le PSG et Robert. Mais les Parisiens ne sont pas les seuls sur les rangs et ils devront batailler avec le Real Madrid. » Dans ce grand jeu de poker pas toujours menteur, il faut rappeler l’interdiction de recruter infligée au Real Madrid cet été. Mais le club du président Florentino Pérez a fait appel et espère toujours la clémence de la FIFA, dont les récentes élections exécutives peuvent rebattre certaines cartes, sur ce sujet.
« Robert est très heureux au Bayern, enchaîne son agent, mais on ne peut jamais savoir ce qui va se passer dans le football. Carlo Ancelotti veut-il le conserver ? Je n’en ai pas parlé, ni avec lui, ni avec Karl-Heinz Rummenigge. » De son côté, le président du Bayern essaiera de fermer la porte à double tour, surtout s’il entend parler du PSG. On le sait très ferme sur sa position, c’est un doux euphémisme, concernant le fair-play financier, et pas vraiment raccord, c’est une litote, avec la politique d’achats « no limit » développée par QSI depuis quatre ans à Paris… Mais l’avenir de Lewandowski dépasse l’axe Bavière-Ile de France. Le Polonais se sait désiré par la grande majorité des plus grands clubs du moment. Il a tout à Munich. Mais il est en position de force. C’est la force des plus grands. ●

MARIO GOTZE
● Club : Bayern Munich
● Fin de contrat : juin 2017
● Valeur : 40 M€
● Destinations possibles : Liverpool, Juventus Turin
● Tendance départ : 70%
Il a été le héros de Rio. L’unique buteur de la finale de la Coupe du monde. Mais depuis, Mario Götze traîne son spleen à Munich. Tantôt remplaçant, tantôt blessé. Remplaçant quand il n’est pas blessé. Quasiment jamais titularisé par Pep Guardiola depuis deux ans. Et d’après « Bild », même le départ de Pep en fin de saison ne garantit pas un avenir en rouge pour « Super Mario ». Il ne lui restera qu’une seule année de contrat et le petit blond aurait fait le choix de l’exil.
Il serait, d’après certaines indiscrétions italiennes, l’une des priorités de la Juventus pour l’été prochain. Mais on ne peut pas oublier, non plus, la relation très particulière qu’il entretient avec Jürgen Klopp, qui l’avait lancé dans le grand bain au Borussia Dortmund. A Liverpool, Klopp aura les moyens de ses ambitions pour le prochain mercato. Et si ses ambitions passent par Mario Götze, on imagine l’homme à la casquette trouver facilement les mots pour convaincre son ancien fils prodige, au pied du mur jaune du Signal Iduna Park. Alors, Götze passerait du rouge au Red. Ça aurait de l’allure. Mais il y a du monde sur le coup… ●

PAUL POGBA
● Club : Juventus Turin
● Fin de contrat : juin 2019
● Valeur : 80 M€
● Destinations possibles : Barcelone, Real Madrid, Manchester City, Manchester United, Paris SG
● Tendance départ : 70%
Sera-t-il le premier joueur français, le premier joueur du monde au cœur d’un transfert à trois chiffres ? Il était parti pour exploser tous les records la saison dernière. Mais un an avant l’Euro et après sa première finale de Ligue des champions (à 22 ans), il est resté à la Juventus, surtout concentré à faire un peu le ménage dans son entourage. Son agent s’appelle dorénavant Mino Raiola. Ça change la donne. Mais pas le joueur, ni les spéculations qui l’entourent.
D’ailleurs, le Néerlando-italo-belle gueule, enfin, Mino quoi, a tout de suite donné le ton : « Paul Pogba vaut, au moins, 100 millions d’euros. » Un effet d’annonce, bien sûr, mais qui a fait son effet. Raiola a aussi, depuis, péroré que « Paul pourrait rester à la Juve la saison prochaine ». Sérieux ? Oui, à écouter Beppe Marotta, le directeur sportif turinois. « Bien sûr, il a raison. Nous sommes concentrés sur notre saison mais c’est la vérité. » Le journal « Tuttosport », généralement (très) bien informé sur les choses concernant la « Vieille Dame », en a remis une couche dernièrement. « Plus les jours passent et plus les chances de voir Paul Pogba rester à la Juve augmentent. Le joueur pourrait continuer à faire partie du projet turinois. »
Il faut, là encore, prendre en compte l’interdiction de recrutement infligée au Real. Une chappe de plomb qui pourrait voler en éclats en appel. Si tel était le cas, on imagine déjà Zidane faire le forcing auprès de ses dirigeants pour le récupérer. D’abord parce qu’il l’adore, et puis parce que Paul est un sujet de conversation régulier dans les bureaux du Barça.
A Paris, Nasser Al-Khelaïfi aimerait qu’il soit la tête de pont du « projet français ». C’est vrai qu’il n’y en a pas de trop au PSG. Et à Manchester, d’où Paul est parti parce qu’il ne jouait pas, on veut balayer les regrets avec un retour en grande pompe du côté d’Old Trafford. En a-t-il envie ? Si son arrivée dans la capitale française pouvait poser question (l’entourage, les sollicitations) la saison dernière, le fait que Mino Raiola s’occupe de ses affaires change radicalement la donne.
Entre Mino et Paris, tous les feux sont au vert. Entre Raiola et Barcelone, c’est un peu la guerre depuis qu’Ibra est passé par là… L’incertitude qui entoure le nom dsu futur entraîneur de Manchester United ne plaide pas en faveur des Mancuniens. A bien y réfléchir, c’est encore Paris qui paraît le mieux placé. Mais Zinédine Zidane est devenu coach du Real et ça aussi, ça change la donne. « Zizou », qui le voit « dans le Top 3 du Ballon d’or dans quelques années », a ses arguments lui aussi. ●

NEYMAR
● Club : FC Barcelone
● Fin de contrat : juin 2018
● Valeur : 100 M€
● Destinations possibles : Manchester City, Paris SG
● Tendance départ : 40%
Le concernant, la tendance est un peu comme la Bourse, ces temps-ci. C’est l’incertitude et une certaine idée de la volatilité qui l’emporte. D’un côté, il y a le Barça. Une équipe dans laquelle le Brésilien s’est fondu après quelques mois d’adaptation, puis une équipe qu’il a carrément portée sur ses épaules en l’absence de Lionel Messi, en fin d’année 2015. Une période de prouesses techniques mais pas que, puisque Neymar est devenu l’homme à marquer, l’homme à faire gagner les Catalans durant la blessure de « la Puce ». Assez pour prolonger l’aventure aux côtés de Messi ? Au club, la réponse est toute trouvée. Claire, limpide. Oui.
Mais l’histoire n’est pas aussi simple. Car Neymar est emberlificoté dans une sale histoire liée à son transfert au Barça. Il a le fisc espagnol aux trousses et il commence à sentir un souffle chaud de plus en plus près du short. En clair, le procureur veut inculper l’attaquant pour fraude et corruption en bande organisée ! Son père, le président du Barça Josep Maria Bartomeu, son prédécesseur, Sandro Rosell, et certains anciens dirigeants sont aussi concernés et convoqués. Le transfert a été annoncé à moins de 50 millions d’euros par le Barça, alors qu’il se situerait au-delà des 85 millions. La justice espagnole, ce qui, évidemment, fait grincer beaucoup de dents en Catalogne, estime que Neymar et son père se sont mis près de 40 millions dans les poches. Le joueur, lui, ne cesse de répéter d’abord son innocence, ensuite son ras-le-bol face à l’entêtement, selon lui, de la justice. Il dit aussi qu’il serait prêt à partir.
La situation semble enlisée, voire de plus en plus trouble pour Neymar. A Paris et Manchester City, on reste très attentif. Enfin, surtout à Paris où Nasser Al-Khelaïfi semble prêt à tout, cette année, après avoir levé le pied, l’an passé, à cause du fair-play financier. Non, l’avenir de Neymar au Barça n’est peut-être pas si limpide que ça. On n’en est peut-être qu’au début du feuilleton. Son père s’est récemment épanché sur la question dans un journal catalan : « Il lui reste encore deux ans de contrat et le public peut être tranquille pour cette période. Nous commençons à discuter mais nous ne nous sommes pas encore assis à la table des négociations. Nous avons passé tellement de temps à nous défendre contre les accusations que nous trouvions précipité de parler de prolongation. Mais nous sommes tranquilles et je pense que le club l’est aussi. Nous parlerons en mai. » C’est politiquement correct, ça caresse dans le sens du poil. On en reparlera quand il sera assis à la fameuse table. Une certitude : Neymar ne devrait pas signer au Real Madrid… ●

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