Équipe de France

Thomas Lemar, un diamant sur le Rocher

Le jeune milieu de terrain Thomas Lemar a pris une importance considérable à Monaco. Souvent décisif, il a poussé sur le banc quelques grands noms de l’ASM comme Bernardo Silva. A suivre, forcément !

Une saison pour confirmer et apprendre. Tel était l’objectif de Thomas Lemar en signant à Monaco l’été dernier. Force est de constater, au bout de huit mois, que le Guadeloupéen a appris très vite et qu’il est largement en avance. Il n’a pourtant pas été épargné par les blessures. Une première à la cheville droite à la sortie de l’automne, qui l’a tenu écarté des terrains pendant un mois. Une seconde en février, à cause de sa cuisse cette fois. Plusieurs semaines à l’infirmerie, donc, et pourtant, toute la planète football raffole de Thomas Lemar et de son pied gauche.
A commencer par son entraîneur, Leonardo Jardim, peu habitué à ce genre de sorties : « J’aime beaucoup ce joueur, il a vraiment progressé depuis son arrivée. Il est devenu très important dans le groupe. » Le coach portugais n’a d’ailleurs pas hésité à reléguer sur le banc sa pépite Bernardo Silva, arrivé durant l’été 2014 et auteur de neuf buts pour sa première saison en France. Le plus étonnant, c’est que cette absence est passée inaperçue tant Lemar, du haut de son petit 1,70 m, a pris de la place sur le terrain.
Armé d’un pied gauche très précis et d’une vision du jeu bien au-dessus de la moyenne, Thomas a torturé plus d’une défense en L1 cette année. L’ un des épisodes les plus marquants restera son retour à Caen, moins d’un an après son départ du club qui l’avait formé. D’un coup franc majestueux, il était allé nettoyer les filets de son ancien coéquipier Rémy Vercoutre. Un but qui a permis à Monaco d’obtenir le nul chez les Malherbistes et de prendre un point qui sera peut-être décisif, en mai, dans la course à l’Europe. D’autant que Monaco ne bénéficie pas d’un calendrier très facile d’ici là.
Sur le Rocher, tout le monde compte désormais sur celui qui était arrivé presque incognito au mercato d’été, au milieu de noms comme Stephan El Shaarawy ou Ivan Cavaleiro. « Lemar, c’est une belle surprise. Il a énormément de talent et en plus, c’est un super mec », confie le défenseur Ricardo Carvalho. En connaissant la longue et riche carrière de l’international portugais, on mesure encore un peu mieux la portée du compliment.
Le natif de Baie-Mahault, en Guadeloupe, a su se faire respecter en s’affirmant sur le terrain. Discret, ce perfectionniste dans l’âme semble avoir les pieds bien ancrés sur terre. Le secret de la réussite ? Sans doute. « Ce qui brille ne l’intéresse pas. Lui, il veut être tranquille et se faire plaisir sur le terrain. Il n’y a que le jeu qui l’intéresse et c’est pour ça qu’il réussira n’importe où », explique Philippe Tranchant, son formateur à Caen.
Lemar, qui n’évolue pas à son poste de prédilection, s’adapte pour figurer dans le onze de départ, son seul objectif. « Sur un côté, on voit ses qualités de dribble mais il est encore meilleur dans la passe. Il se déplace toujours dans les bons intervalles, observe ce qui se passe autour de lui et il est capable de donner des ballons décisifs dans les tout petits espaces », poursuit l’entraîneur.
Bien sûr, il a encore une marge de progression importante avant d’atteindre le très haut niveau. Mais le diamant n’a que 20 ans. Et là se situe son principal atout. Sa détermination et surtout son talent se chargeront de faire le reste. Le Bayern Munich a proposé 25 millions d’euros à Monaco cet hiver pour s’attacher ses services. Offre refusée car Leonardo Jardim souhaite encore faire progresser son milieu de terrain. Mais elle situe bien la portée de son évolution, lorsqu’on sait que l’ASM n’avait déboursé « que » quatre millions (bonus compris) pour s’offrir le jeune Caennais plein de promesses.

Camille LEDUN / PLANETE FOOT

Toujours dans les cœurs à Caen
A Caen, les supporters n’ont encore pas digéré le départ de leur protégé vers la Principauté. A l’été 2015, Thomas Lemar, débarqué en métropole et au SM Caen à 15 ans, décide de larguer les amarres. Faute d’un projet sportif suffisamment clair, il succombe à l’appel du pied de la direction de Monaco, qui l’engage contre quatre millions d’euros. Les fans, aujourd’hui, pleurent leur pépite. Mais Thomas n’a pas célébré son but à d’Ornano et cela en dit long sur le respect mutuel qui existe entre les supporters et le joueur.

Profil
■ Né le 12.11.1995 à Baie-Mahault
■ Milieu
■ 1,70 m, 58 kg
■ Roadbook : Caen (2013-15), Monaco (depuis 2015)
■ International Espoirs (France)

Les marques de presse dédiées au sports collectifs : Planète Foot, Mondial basket, Univers du Rugby.

© 2015 Editions Le Nouveau Sportif / Blue Ride

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