Équipe de France

Tableau noir : Elie Baup dissèque le jeu des Bleus

Nous avons demandé au consultant de beIN Sports de nous livrer son regard de coach sur l’évolution du jeu de l’équipe de France. Et nous avons entendu parler de « milieu en étoile », de « position hybride » et de « ballon haut »… Sans oublier Hugo Lloris, parce qu’on ne pouvait pas ne pas lui demander son avis sur le gardien-capitaine. C’est tactique, c’est humain, c’est du foot et c’est passionnant. Du Elie tout craché !

Le schéma
« Pour moi, c’est un 4-4-2, pas un 4-2-3-1 »

« Tout tourne autour d’Antoine Griezmann. Mais dans la préparation des actions et même dans ses décrochages, il évolue toujours dans la partie haute du terrain. C’est pour cela que pour moi, c’est un 4-4-2 et pas un 4-2-3-1. Il s’agit d’un vrai milieu à quatre, que je connais bien parce que c’est dans ce schéma que nous sommes devenus champions de France avec Bordeaux en 1999. J’avais placé Sylvain Wiltord et Lilian Laslandes devant, avec Wiltord qui tournait autour de Laslandes, Ali Benarbia et Johan Micoud en milieux offensifs. Au niveau du 9, il y a des caractéristiques différentes suivant que l’on joue avec Olivier Giroud ou Kevin Gameiro. Griezmann touche plus ou moins de ballons aux côtés de l’un ou de l’autre. Mais c’est dans les déplacements et les mouvements que les décalages se créent. A gauche, Dimitri Payet rentre vers l’axe, il est plus dans un profil de passeur. Dans son jeu de passes et dans sa façon de prendre les espaces, il oblige Griezmann à choisir la profondeur. »

La défense
« Tout est très complémentaire »

« On parle beaucoup de Raphaël Varane mais Laurent Koscielny n’arrête pas de progresser. Encore plus depuis l’Euro. Aujourd’hui, c’est une force sûre. Il fait tout ce qu’il sait faire et le fait très bien. Il est bon dans les interventions aériennes, il est dans la prise en charge, dans la sobriété. Varane est pour sa part capable de sortir proprement les ballons. Le travail de Koscielny lui offre du temps pour ça. Tout est très complémentaire. Là aussi, on sent que les choses se sont bien imbriquées au fil des matches. »

L’évolution du jeu
« Elle a débloqué la position hybride de Sissoko »

« Au départ de l’Euro, c’était un 4-3-3. Mais tout le monde a su rebondir et cela a débloqué cette position hybride de Sissoko. Moussa, je l’ai connu très tôt à Toulouse, je l’avais lancé dans le couloir droit mais il voulait se recentrer, il préférait évoluer au cœur du jeu. Là, on voit bien que son jeu et ses caractéristiques se marient parfaitement dans cette position, à droite, où il peut perforer mais aussi revenir défendre quand il le faut, avec toujours les yeux dans le rétroviseur. Je vois que Mauricio Pochettino le fait évoluer comme ça à Tottenham. Ce n’est pas un hasard. »

Le rôle des latéraux
« Il y a matière pour amplifier cette identité »

« Il faut qu’ils se montrent au diapason. On a vu contre la Suède que Djibril Sidibé n’était pas dans le bon tempo mais c’est un super joueur. Et Bacary Sagna a réussi un centre décisif pour Gameiro contre la Bulgarie. A gauche, Patrice Evra connaît le système par cœur et Layvin Kurzawa apporte du punch. Il y a matière pour amplifier encore cette identité. Car avec ce système et la qualité technique que nous avons au cœur du jeu, il faut aussi des joueurs très techniques dans les couloirs. C’est le cas. »

Le milieu
« C’est un milieu en étoile »

Dans ce système, la volonté première est de prendre l’espace dans le dos de la défense pour créer le déséquilibre et trouver des intervalles de passe. Les deux milieux excentrés doivent penser à bien se positionner dans la largeur mais on voit aussi que Payet dézone énormément. Payet, ça bouge beaucoup ! Ce n’est donc pas un 4-4-2 à plat, nous avons là un milieu en étoile. Quand Payet rentre, Sissoko prend la profondeur et vice versa. Ça explose, c’est le mouvement dans l’équilibre. Parce qu’on sent bien qu’ils montent en puissance depuis l’Euro. Ils se rapprochent de cet équilibre, qui constitue la base de tout. Paul Pogba et Blaise Matuidi sont deux milieux qui ont des qualités naturelles pour prendre la profondeur. Mais ils se cherchent en permanence. Quand l’un plonge, l’autre reste pour compenser. Et si les deux se retrouvent en position haute, Sissoko peut venir couper dans l’axe, plus en retrait. Ce système demande beaucoup de réglages mais depuis le match aux Pays-Bas, on voit qu’ils sont justes dans ce qu’ils font. Pogba est plus à l’aise, il joue à bon escient, aussi bien dans le jeu court que dans le jeu long, quand il cherche Payet ou un latéral en position haute. Ça déstabilise la défense adverse en une seule passe. »

L’identité
« On peut parler d’une équipe de possession »

« Au fil des matches, l’équipe a trouvé son identité. Aujourd’hui, on peut parler d’une équipe de possession et d’une équipe offensive. On le voit à chaque match, les Bleus ont toujours la majorité de la possession. C’est une formation qui, aujourd’hui, se sent capable de tenir le ballon haut, de bien l’utiliser, de poser des problèmes à son adversaire par cette possession haute. C’est la marque d’une équipe qui se connaît, qui monte en régime et qui est en confiance. Avec ces joueurs-là, c’est normal. Techniquement, c’est quand même de qualité. Ça part de Varane, ça passe par Pogba, ça arrive sur Payet. Bon… »

Hugo Lloris, le capitaine
« Je l’adore, c’est une personnalité rare »

« Je le suis, je l’adore, il s’agit d’une personnalité rare. Il a commis un impair contre la Suède ? Il est venu, il s’est expliqué. Il ne se cache pas. Il assume et il avance. C’est un travailleur. Il porte le brassard mais il y a beaucoup de capitaines dans cette équipe. Il est là le relais de Didier Deschamps dans la vie du groupe, il ne fait aucune faute de communication lors des conférences de presse. Après, au-delà d’Hugo, ces débats autour du capitanat sont pour moi secondaires. Ce n’est pas comme au rugby où il y a la remise des maillots, l’entraînement du capitaine et toutes ces sortes de choses. »

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