Équipe de France

Suisse : Pas vraiment tout schuss

Après un départ raté, la Nati avait su prendre le remonte-pente au cours de la phase éliminatoire. Elle a replongé durant les matches amicaux de mars. Est-ce grave, docteur ?

Les qualifs à l’Euro 2016 avaient on ne peut plus mal démarré pour la Suisse, battue d’entrée et à domicile par l’Angleterre. Une défaite en Slovénie compliquait l’affaire. Ça ne sentait pas très bon, malgré l’air vivifiant des pourtours alpestres. Mais la troupe dirigée par Vladimir Petkovic n’a pas paniqué et elle s’est magnifiquement refait la cerise. Les huit matches suivants ? Sept victoires, une seule défaite (encore contre les « Three Lions »), 24 buts marqués, 5 encaissés et un total de 21 points qui assurait le si précieux billet pour la France, en tant que 2e du groupe.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les Helvètes pouvaient se frotter les mains à l’issue du tirage au sort de la phase finale qui leur offrait certes la France mais aussi des adversaires de calibre a priori inférieur avec la Roumanie et l’Albanie. Petkovic en convenait. « On ne peut pas se plaindre. Même si tout ne sera pas aussi simple qu’on pourrait le croire, oui, on doit sortir de ce groupe. A nous de donner notre pleine mesure en montrant de la constance, autant au niveau des résultats que de la qualité du jeu. Le cas échéant, ça passera. »
Pas langue de bois, le Bosniaque naturalisé suisse, ni du genre à jouer aux faux modestes avec des formules toutes faites, du style « Il n’y a plus de petite équipe » et patati, et patata… Non, il croyait en son groupe et ne s’en cachait pas. Il avançait à visage découvert, avec quelques convictions bien ancrées. « Dans mon esprit, un groupe de 27-28 joueurs se dessine. C’est parmi ceux-là que je désignerai les 23 pour l’Euro. Plusieurs facteurs entreront en ligne de compte dans ma réflexion : la qualité du joueur, bien sûr, son temps de jeu en club et enfin sa faculté à bien s’intégrer dans le groupe. Nous allons passer beaucoup de temps ensemble, il est donc crucial que le groupe vive bien. »
Le hic, c’est que la série de matches amicaux disputée par la Nati, surtout les deux de la fin mars (les derniers avant la fameuse liste des 23), est venue violemment doucher l’enthousiasme ambiant. OK, il manquait quelques cadres. Il n’empêche que la défaite à Dublin (1-0) face à l’Irlande puis celle à domicile contre la Bosnie-Herzégovine (0-2) ont montré des lacunes assez inquiétantes. En l’absence de Johan Djourou, qui soigne une mononucléose et dont il faut espérer qu’il sera rétabli et en pleine possession de ses moyens pour le rendez-vous de juin, la charnière centrale, composée de Fabian Schär et du revenant Philippe Senderos, a joué sa partition complètement à l’envers. De quoi filer des sueurs froides au plus fan des fans de la Nati.
Pas du tout rassurants derrière, les Suisses sont, depuis quelque temps, complètement inefficaces devant. Ils n’ont pas inscrit un seul but depuis 232 minutes et pour compliquer le tout, ils ont perdu pour l’Euro Josip Drmic (opéré du genou), que l’on pouvait considérer comme un titulaire quasi indiscutable en pointe. Pour tâcher de remettre les têtes à l’endroit, Vladimir Petkovic a prévu un stage de deux semaines dans le Tessin, agrémenté de deux matches amicaux contre la Belgique – « Un véritable test » – puis la Moldavie – « qui présente des similitudes avec la Roumanie et l’Albanie » -, avant de s’envoler pour la France. Un stage pour, une nouvelle fois, accrocher le remonte-pente et repartir de l’avant ? C’est en tout cas son souhait.

Classement FIFA : 14e

Bilan Euro :
• 3 participations (1996, 2004, 2008), 9 m, 1 v, 2 n, 6 d, 5 bp-13 bc
• Meilleure performance : Premier tour
• Meilleur buteur : Hakan Yakin, 3 buts en 2008

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