Équipe de France

Suède : pas d’Ibra, pas de chocolat !

Pour ce que l’on annonce comme sa tournée d’adieu avec la Suède, Zlatan Ibrahimovic devrait rester fidèle à « Ibra ». Donc, ne pas se cacher.

C’est une forme de dépendance, une espèce de Cristiano Ronaldo du Portugal, mais celle-là fait moins de bruit. Elle est peut-être plus sourde, voire polie, moins ultra. Enfin, moins ultra-médiatisée, surtout. Objectivement, la dépendance de la Suède à son « Ibra » se situe à des hauteurs semblables à celles de la Selecçao envers son « CR7 ». L’un et l’autre sont les meilleurs buteurs de l’histoire de leur pays. L’un et l’autre cachent soit la forêt de gros sapins (pour « Ibra » le Suédois), soit le désert de la sécheresse (pour Cristiano, l’enfant de Lisbonne). L’un et l’autre s’étaient écharpés lors des barrages pour la Coupe du monde il y a deux ans. Et « CR7 » avait qualifié le Portugal à lui seul. La dernière Coupe du monde s’est jouée sans « Ibra » au Brésil, ce qui l’a rendue très ennuyeuse si on se souvient des mots du tsar du Nord, toujours très ego, même dans l’accroc. Mais ouf, les deux seront bien au rendez-vous de l’Euro 2016 !
Chez les gens du Nord, Eric Hamren n’a qu’un objectif depuis sa prise de fonction : mettre tout en œuvre pour placer Zlatan dans les meilleures dispositions. « Dès que je suis arrivé sur le banc, j’ai fait tout mon possible, oui, pour exploiter le talent d’une star comme lui. Je voulais qu’il apporte autant en sélection qu’en club. Je me suis rendu compte de sa formidable capacité à prendre ses responsabilités mais aussi du dévouement de ses coéquipiers qui font tout pour lui donner l’occasion de briller. »
Et ça se voit. « Ibra », devenu meilleur buteur de la Suède l’an passé, culmine à 62 pions en 112 sélections. « Ibra », c’est 11 (plus 1 passe décisive) des 19 buts inscrits par sa sélection lors de la campagne éliminatoire pour l’Euro. Dont 3 des 4 buts suédois face au Danemark en barrage. Bref, c’est un peu la Suède à lui tout seul. Et à l’Euro ?
Dans un groupe homogène, relevé et piégeux, il faudra battre l’Italie ou la Belgique, en plus de l’Irlande, pour se dégager un horizon lointain. Pas gagné mais pas non plus hors de portée d’une équipe corsetée autour de la colonne vertébrale Andreas Isaksson-Andreas Granqvist-Kim Källström-« Ibra ». Ce ne sont pas les plus rapides, ça commence à prendre de l’âge mais le poids des sélections est aussi un gage de sécurité en cas de gros temps. D’un autre côté, les jeunes pousses ont montré des choses et une certaine faculté à gérer la pression dans le bouillant stade d’Antalya, en Turquie, lors d’une répétition en grandeur nature.
Il reste une légère incertitude concernant l’identité du second attaquant, étant entendu que c’est le 4-4-2 (voir par ailleurs) qui sera l’option numéro un des Suédois à l’Euro. Qui sera-t-il ? Un léger avantage à Marcus Berg pour l’expérience ou à John Guidetti pour la jeunesse ? On va mettre une pièce sur l’attaquant du Panathinaïkos. Et un gros billet sur le fait que c’est Zlatan qui va trancher.

Classement FIFA : 36e

Bilan Euro
• 5 participations (1992, 2000, 2004, 2008, 2012)
17 m, 5 v, 5 n, 7 d, 24 bp-21 bc
• Meilleure performance : Demi-finaliste en 1992
• Meilleur buteur : Zlatan Ibrahimovic (6 buts ; 2 en 2004, 2 en 2008, 2 en 2012)

Comment ils jouent
Erik Hamren, qui rendra son tablier au sortir de l’Euro, le repliera toujours sûrement dans le même sens. Le Suédois n’est pas du genre à changer de système. Il teste des joueurs et ne s’est pas privé de le faire en mars, notamment, quand il a laissé Zlatan au repos contre la Turquie, mais il ne change pas son schéma. Le 4-4-2 a sa préférence. Il a un argument de poids. Pour lui, c’est le système dans lequel l’équipe se met au maximum au service de Zlatan. Avec une colonne vertébrale Isaksson-Granqvist-Källström-« Ibra », qui pèse un poids certain au niveau des sélections, et de bons soldats autour pour servir le dernier cité. Ça avait failli marcher il y a quatre ans. Les Suédois furent éliminés dès le 1er tour en Ukraine, après deux défaites contre l’Ukraine et l’Angleterre. A chaque fois, ils avaient mené au score. Et lors du troisième match, le « Z » avait maté les Bleus !

Le coach : Erik Hamren
Né le 27.06.1957 à Ljusdal
En poste depuis novembre 2009
75 matches, 42 v, 11 n, 22 d

Leurs éliminatoires
3e du groupe G, barragiste
18 pts, 5 v, 3 n, 2 d, 15 bp-9 bc
08.09.2014 : Autriche-Suède 1-1 (Zengin)
09.10.2014 : Suède-Russie 1-1 (Toivonen)
12.10.2014 : Suède-Liechtenstein 2-0 (Zengin, Durmaz)
15.11.2014 : Monténégro-Suède 1-1 (Ibrahimovic)
27.03.2015 : Moldavie-Suède 0-2 (Ibrahimovic 2)
14.06.2015 : Suède-Monténégro 3-1 (Berg, Ibrahimovic 2)
05.09.2015 : Russie-Suède 1-0
08.09.2015 : Suède-Autriche 1-4 (Ibrahimovic)
09.10.2015 : Liechtenstein-Suède 0-2 (Berg, Ibrahimovic)
12.10.2015 : Suède-Moldavie 2-0 (Ibrahimovic, Zengin)
Barrage, 14.11.2015 : Suède-Danemark 2-1 (Forsberg, Ibrahimovic s.p.)
17.11.2015 : Danemark-Suède 2-2 (Ibrahimovic 2)

La parole à… Kim Källström
« J’aurais aimé jouer un match à Lyon, dans ce stade des Lumières que je ne connais pas mais qui m’a l’air magnifique. Nous sommes tombés dans un groupe qui est pour moi l’un des plus relevés. La Belgique et l’Italie sont favoris mais nous devrons aussi nous méfier de l’Irlande. Ce premier match contre les Irlandais est très important pour nous. C’est peut-être bien de commencer par eux. »

La cote de « Planète » : 3

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