Équipe de France

Sébastien Corchia : « L’objectif, c’est revenir »

Le latéral droit du LOSC Sébastien Corchia, formé à l’INF Clairefontaine et ancien pilier de la sélection Espoirs, a, pour la première fois, posé les crampons chez les grands fin août. Forcément heureux mais pas que, le Seb’.

PLANETE FOOT : Cela faisait longtemps que l’on en parlait, que ton nom revenait dans les discussions. Didier Deschamps pensait fort à toi en mars, avant que tu ne te blesses contre Reims en championnat. Tu faisais partie des cadres de ta génération Espoirs mais là, ça y est. Alors, ça fait quoi d’être convoqué pour de bon ?
Sébastien CORCHIA :
 Le jour de l’annonce de la liste a vraiment été un jeudi très particulier, avec beaucoup de grandes émotions. Je ne voulais pas trop regarder et puis mon téléphone a commencé à chauffer. Là, je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose. Je suis extrêmement heureux et très, très fier. C’est un honneur de représenter son pays, de porter ces couleurs, ce maillot. Cela faisait partie de mes objectifs. C’est aussi pour ça que je travaille.

PF : Clin d’œil du destin, c’est pour aller à Bari, en Italie, que tu as reçu ta première convocation. Or, tu aurais pu jouer pour l’Italie, non ?
S.C. :
Oui, j’ai la double nationalité, c’est vrai, par rapport à ma mère. Mais c’est juste pour ça. Moi, j’ai toujours été très clair. Je l’ai dit depuis le début, j’ai fait toutes mes sélections de jeunes avec l’équipe de France. Mon objectif a toujours été de jouer au plus haut niveau avec les Bleus. C’est pour ça aussi que je suis très heureux d’être retourné à Clairefontaine.

PF : Qu’est-ce qui t’a marqué quand tu as débarqué ?
S.C. :
C’est un tout. J’ai personnellement vécu trois ans ici puisque j’y ai effectué ma formation. A l’INF, nous étions logés dans un bâtiment annexe, les joueurs de l’équipe de France passaient, on les voyait entrer dans le château. Y pénétrer à mon tour signifie beaucoup pour moi. Après, au niveau des premières impressions, quand je vois comment tout le monde m’a accueilli… On se sent vite très bien quand on arrive dans ce groupe.

PF : Dans quel état d’esprit as-tu abordé les Bleus ? Bacary Sagna était blessé, Christophe Jallet pas là, alors que Djibril Sidibé faisait partie des réservistes pour l’Euro. Comment envisages-tu la concurrence ?
S.C. :
Je suis surtout venu avec l’envie de profiter du moment. C’est tout nouveau pour moi. Djibril, il avait déjà mis un pied dedans. Moi, je viens pour donner le maximum, pour rendre la confiance que le coach m’a témoignée en m’appelant. Avec l’idée, aussi, de continuer dans la durée. L’objectif, c’est revenir. Et pour ça, je sais très bien que le plus dur reste à faire. Je vais m’astreindre, justement, à tout mettre en œuvre pour continuer. Voilà l’idée.

PF : Surtout que tu arrives aussi à un moment où tout redémarre. As-tu une carte particulière à jouer ?
S.C. :
Tous les joueurs ont leur carte à jouer. Il y a beaucoup de jeunes joueurs dans le groupe France. Il faut se donner au maximum, sachant que le plus important reste le terrain, les performances.

PF : Il y a souvent débat autour de ton poste : les latéraux sont souvent définis par leur apport offensif mais surtout leurs qualités défensives…
S.C. :
Le latéral a un rôle très important aujourd’hui dans une équipe. On doit avant tout savoir très bien défendre. C’est la priorité, tu fais partie des quatre de derrière. Mais le poste va au-delà, effectivement. Offen­sivement, tu dois être capable d’apporter le surnombre, de créer des décalages. Tu dois être capable de faire les deux mais penser avant tout à bien défendre. Bien attaquer, c’est quand tu peux.

PF : Tu n’as pas toujours évolué à ce poste chez les jeunes ? As-tu eu un modèle comme arrière droit ?
S.C. :
Ça m’est arrivé d’évoluer un peu plus haut au milieu, c’est vrai, mais ça fait très longtemps que j’évolue latéral droit. Je me suis fixé à ce poste. Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup Willy Sagnol en équipe de France.

PF : Au-delà de cette convocation, comment juges-tu ton début de saison ?
S.C. :
A titre personnel, j’ai fait une bonne préparation avec le LOSC. Entière et sans pépins. J’enchaîne les performances, je me sens très bien physiquement et mentalement.

PF : Mais en Bleu, Djibril Sidibé a une longueur d’avance sur toi. Comment le vis-tu ?
S.C. :
Encore une fois, il connaît un peu plus le groupe, c’est normal puisqu’il était là avant l’Euro, dans les 31. Mais avec Djibril, ça se passe très bien. Pendant deux ans au LOSC, nous avons joué ensemble. C’est lui qui est venu vers moi et qui m’a tout de suite présenté quand je suis arrivé. J’ai un super feeling avec lui.

PF : Aujourd’hui, les Bleus ont un super feeling avec le public. Depuis l’Euro, Antoine Griezmann a pris un autre statut. Comment l’as-tu trouvé ? Comment t’a-t-il accueilli chez les A ?
S.C. :
Avec Antoine, nous avons joué un paquet de fois ensemble en Espoirs. Là, il a pris, forcément, une autre dimension. C’est un élément très important dans le groupe, aussi bien sur qu’en dehors du terrain. Parce qu’il met toujours une bonne ambiance.

PF : Mais imaginais-tu, à l’époque, quand vous jouiez en Espoirs, qu’il deviendrait un potentiel Ballon d’or ?
S.C. :
Il avait de très grosses qualités quand il est arrivé chez les Espoirs. Il était complet et c’était surtout un très gros travailleur. Donc, s’il en est là aujourd’hui, il s’agit de tout sauf d’un hasard.

PF : As-tu regardé l’Euro, la finale ?
S.C. :
Bien sûr. L’équipe de France a montré de très belles choses. Je vois comment ils m’ont accueilli, je sais maintenant comment ça se passe à l’intérieur, la vie du groupe, et ça ne me surprend pas. C’est vraiment dommage d’échouer en finale comme ça, parce que, pour moi, ils méritaient de gagner cet Euro. Le poteau d’André-Pierre Gignac, la prolongation… C’est le foot, aussi.

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