Équipe de France

Rugby : Les 6 glorieuses (5)

Depuis ses débuts en 1987 avec le succès fracassant des All Blacks jusqu’à l’édition 2007 et le deuxième sacre de l’Afrique du Sud au Stade de France, la Coupe du monde a écrit en accéléré l’histoire du rugby moderne. Cela méritait bien un arrêt sur images… Retour sur les moments les plus forts de la compétition. Frissons garantis !

2003, ON A RETROUVE LE NORD

• Le contexte
Seize ans après la première édition qu’ils avaient co-organisée avec la Nouvelle-Zélande, les Australiens accueillent à nouveau la Coupe du monde. Seuls, comme des grands, cette fois. Depuis 1987 cependant, la compétition a énormément évolué, en même temps que le rugby entrait dans une nouvelle ère. L’ovalie a définitivement pris le virage du professionnalisme et attire de plus en plus les médias. En 2003, la finale sera retransmise dans 205 pays. Ce sont 3,4 milliards de téléspectateurs qui vont suivre l’ensemble de l’épreuve. On bat également des records dans les stades avec plus de 1 800 000 spectateurs pour les 48 matches de la compétition. Quant à la Géorgie, elle participe à sa première phase finale et devient le 23e pays à atteindre ce niveau de l’épreuve.

• Le match
Encore une fois, presque comme toujours, les Néo-Zélandais ont vite enfilé le costume de favori de la compétition. Ils atteignent d’ailleurs logiquement et sans trop de difficultés les demi-finales de l’épreuve. Avec un petit hic tout de même : ils doivent maintenant affronter les Australiens dans leur tanière de Sydney. Même pas peur ! Après un haka vengeur, Justin Marshall et sa troupe se jettent furieusement dans la bataille et partent à l’assaut de l’en-but adverse. Seulement, les Aussies, eux aussi, ont du caractère. D’accord, ils plient dans les premières minutes mais ne rompent pas. Ils s’accrochent.
Et voilà qu’au moment où ils paraissaient le plus vulnérable, dans ses 22 m, ce sacré kangourou de Stirling Mortlock, qui court encore plus vite qu’il ne saute, intercepte une balle qu’il cueille comme un fruit sur son arbre avant de se lancer dans un sprint insensé jusqu’à l’autre bout du terrain, où il se pose victorieusement. La transformation puis deux autres pénalités d’Elton Flatley portent le score à 13-0. Juste avant la pause cup of tea, le capitaine Reuben Thorne rend quelques couleurs aux All Blacks (13-7). Espoir de courte durée car si en seconde période, les Néo-Zélandais tentent bien de mettre le feu, leur réaction semble plus tenir du désespoir que d’un jeu véritablement construit. Ils commettent également des fautes sanctionnées et punies par l’impassible Flatley. Le score final, 22-10, est sans appel. Une fois encore, le géant est tombé de son piédestal.

• La star
Le demi d’ouverture anglais Jonny Wilkinson va traverser cette Coupe du monde 2003 comme en état d’apesanteur. Sa réussite est carrément insolente et pour une fois, les blessures ne viennent pas contrarier ses plans. « Wilko », comme on le surnomme, a alors 24 ans et c’est déjà l’un des cadres de l’équipe à la Rose dont il est indiscutablement le plus beau fleuron. Il s’agit d’un joueur complet, à la technique affirmée, au sens tactique éclairé et à l’habileté au pied souvent démoniaque.
Après un 1er tour qui lui a permis de se chauffer et de rentrer pleinement dans la compétition, le British ajuste la mire et hausse le ton. En quarts de finale, face au voisin gallois, il réussit six pénalités qui participent à la large qualification des siens. Lors de la demi-finale contre la France, il assure carrément à lui tout seul le spectacle en passant cinq pénalités et trois drops pour un score qui aurait pu s’écrire ainsi au tableau d’affichage : Wilkinson 24, France 7.
Et si en finale, face à l’organisateur australien et tous ses fans, son coup de botte ne donne pas, pendant longtemps, l’impression de pouvoir faire basculer la rencontre, c’est bien lui qui, au bout de la prolongation, dans les ultimes instants de la partie, réussit le drop qui offre le titre aux sujets de Sa Gracieuse Majesté. « Oh, expliquera-t-il quelques minutes plus tard, très honnêtement, je tape des drops depuis l’âge de 5 ans, aussi bien du droit que du gauche, et celui-là était certainement le plus facile de la journée… » Il lui permit de porter son total au cours de ce Mondial à 113 points. C’est le deuxième meilleur réalisateur de tous les temps sur une Coupe du monde derrière Grant Fox.

• La finale
Cette finale est un remake de celle de 1991, lorsque l’Angleterre avait défié l’Australie pour l’obtention du désormais fameux William Webb Ellis Trophy. A l’époque, dans l’antre britannique de Twickenham, ce sont les visiteurs aussies – eh oui – qui l’avaient emporté. Douze ans après, les Wallabies, sur leurs terres, rendent la politesse et s’inclinent at home face à un squad british indiscutablement plus complet.
Dès l’entame, les Australiens essaient de bouger l’impressionnant bloc anglais en élar­gissant le jeu par les boulevards extérieurs. En face, on a plutôt opté pour la conduite en ville avec occupation rationnelle du terrain et conservation du ballon. A la pause, sans surprise, la puissance et le savoir-faire de l’équipe de Clive Woodward assure un avantage conséquent (14-5). Pourtant, à la toute fin du temps réglementaire, une pénalité d’Elton Flatley permet aux locaux d’arracher la prolongation dans une ambiance de folie.
Vingt minutes (deux fois dix) où la Royal Air Force britannique reprend sa domination, sans guère de réussite. Jusqu’à cette fameuse 100e minute, la toute dernière avant la seconde prolongation. Le magicien Wilkinson, so great, sort un lapin de son chapeau et un drop de derrière les fagots pour un succès historique (20-17). Pour la première fois, une équipe de l’hémisphère Nord remporte la Coupe du monde. Ceux d’en bas n’étaient donc pas invincibles. Quelque part, nous voilà rassurés !

• L’image à retenir
Le fier et indestructible Martin Johnson, capitaine de l’équipe d’Angleterre, devient le premier joueur de l’hémisphère Nord à porter, avec des bras de vainqueur, la somptueuse Coupe Webb Ellis, 16 ans après la première édition. Lui aussi a rejoint le panthéon des grands hommes de la World Cup.

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