Équipe de France

Rugby : Les 6 glorieuses (4)

Depuis ses débuts en 1987 avec le succès fracassant des All Blacks jusqu’à l’édition 2007 et le deuxième sacre de l’Afrique du Sud au Stade de France, la Coupe du monde a écrit en accéléré l’histoire du rugby moderne. Cela méritait bien un arrêt sur images… Retour sur les moments les plus forts de la compétition. Frissons garantis !

1999, BIS POUR LES WALLABIES !

• Le contexte
C’est une vraie contrée de rugby, avec un ballon ovale dans ses veines, qui accueille cette 4e édition : le Pays de Galles des légendaires Barry Jones, Gareth Edwards, JPR Williams and co. Pour l’événement, on a érigé le flamboyant Millennium Stadium de Cardiff, d’une capacité de 75 000 places. Si les Gallois sont officiellement les organisateurs de la compétition, 8 des 46 matches seulement se déroulent sur leur sol, les autres se disputant en France, en Angleterre, en Ecosse et en Irlande. A noter encore que la Coupe du monde grandit et accueille dorénavant 20 équipes (au lieu de 16) en phase finale. C’est l’occasion pour l’Uruguay, l’Espagne et la Namibie d’effectuer leurs débuts dans le grand cirque mondial.

• Le match
En cet automne 1999, le Coq est plutôt déplumé et son maillot bleu carrément délavé par trop de rincées. Les Français ont traversé piteusement le Tournoi des V Nations (défaites à Paris face aux Gallois et aux Ecossais) et enchaîné avec une tournée cauchemardesque dans l’hémisphère Sud : ils se sont inclinés contre le Tonga avant de recevoir une rouste de la part des All Blacks (54-7) à Wellington.
Les matches de poules du Mondial, quelques semaines plus tard, n’ont guère été plus rassurants. Victoire peu convaincante devant le Canada, à l’arrachée face aux Fidji. Bon, en quarts, ça s’est un peu mieux passé contre une équipe d’Argentine en pleine progression. Il n’empêche que la demi-finale dans le temple de Twickenham face aux monstrueux Néo-Zélandais s’annonce comme une énorme boucherie. Et d’ailleurs, grâce à l’affolant Jonah Lomu, auteur de deux essais, l’affaire semble rapidement prendre une tournure irréversible. Comme on s’y préparait.
En début de seconde période, le score de 24-10 en faveur de qui vous imaginez semble rédhibitoire. Tout est dit, tout est joué. C’est ce qu’on croit. C’est le moment que choisit ce magnifique défroqué de Christophe Dominici, oui, ce sans-culotte qui en avait pour aller, un peu avant l’heure de jeu, perforer le mur noir et rendre la lumière aux Bleus en inscrivant l’essai du plus fou des espoirs. Et sans qu’on sache très bien pourquoi, le combat, soudainement, change d’âme. D’un coup, les géants blacks se font tout petits. Et c’est Richard Dourthe qui aplatit. Et puis Philippe Bernat-Salles, emporté dans le tourbillon d’une folle sarabande, en plante un autre.
Et c’est l’impossible, l’inimaginable qui se produit. Score final : 43-31 pour les incroyables Frenchies qui recueillent, fait unique, les vivas de la foule anglaise, subjuguée par tant de joyeuse impertinence. « Ce match, a résumé à sa façon le formidable Raphaël Ibanez, est le plus gros coup de pied au cul qu’on ait mis dans l’histoire du rugby. » Tout est dit !

• La star
Ouf ! Toute l’Australie a poussé un ouf de soulagement quand elle a su que son capitaine chéri, John Eales, longtemps incertain pour cause de blessure, pourrait finalement disputer cette Coupe du monde 1999. C’est que le bonhomme est davantage qu’un joueur dans cette sélection, il est son guide et son âme. Joli bébé de 2 m pour 115 kg, le deuxième ligne des Wallabies a gagné le surnom de « Nobody ». Pourquoi ? Tout simplement parce que « Nobody is perfect » ! Et Eales a effectivement tout pour lui.
Déjà sacré champion du monde pour ses débuts en équipe nationale en 1991, il en est devenu le capitaine en 1996. Puissant et athlétique, ce joueur est une sorte de muraille infranchissable, un redoutable plaqueur et aussi un formidable capteur de ballons en touche. Complet et toujours là pour donner l’exemple. Plus étonnant pour un deuxième ligne, il peut également se transformer en buteur et, ce qui ne gâte évidemment rien, il a acquis une réputation de fair-play à un poste où les combats sont pourtant rudes, ce qui a un peu plus magnifié son image. « Nobody is perfect… but he was. »
Parfait, l’Australien va l’être tout au long de cette compétition. Il mène ses troupes jusqu’à la victoire finale par la voix et par le geste. Par son implication sans faille et par son implacable rigueur. « Ma plus grande force, a-t-il un jour expliqué, c’est mon esprit de compétition. Etre capitaine m’a poussé à encore plus d’exigence personnelle. » Avec ce deuxième sacre en Coupe du monde, John Eales est devenu un véritable mythe vivant en Australie. Parce qu’il le valait vraiment.

• La finale
Douze ans après, la France dispute sa deuxième finale de Coupe du monde, cette fois face à l’Australie. Et comme en 1987, elle aborde cet ultime rendez-vous usée par une demi-finale haletante et harassante. Trop pour pouvoir convenablement défendre ses chances. Face au terrible bloc des Wallabies, prodigieux dans les impacts, toujours supérieurs dans les duels et magistralement organisés, un sentiment d’impuissance s’installe rapidement. L’inaptitude à renverser le cours des événements se dessine.
Et la sentence, inéluctable, va tomber. Sévère. Les Français s’inclinent 35-12, ce qui constitue toujours l’écart le plus important à l’occasion d’une finale de Coupe du monde. Les Australiens s’emparent de leur deuxième trophée, ce qui représente également un record. Il convient de rappeler que pas grand monde – personne ? -, avant le début de l’épreuve, n’aurait imaginé voir les Bleus approcher de si près les étoiles. L’équipe était à la dérive. Elle a ramé à contre-courant, s’est accrochée puis a coulé la flotte néo-zélandaise avant d’échouer près du port. Gagnant le respect de tous.

• L’image à retenir
Indestructibles et apparemment infaillibles, les Wallabies ont traversé cette Coupe du monde avec trop de certitudes pour être mis en danger. Ils n’auront guère connu qu’une alerte, en demi-finales face aux enquiquinants Springboks qui les ont poussés jusqu’à la prolongation. Pour le reste… Cette équipe semblait construite en béton armé avec une défense de fer : en six rencontres, elle n’encaissa qu’un seul essai (en match de poule face aux Etats-Unis !). Voilà l’image qu’elle a laissée et celle qu’on a retenue.

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017 Editions Le Nouveau Sportif / SESIMS

To Top