Équipe de France

Rugby : Les 6 glorieuses (2)

Depuis ses débuts en 1987 avec le succès fracassant des All Blacks jusqu’à l’édition 2007 et le deuxième sacre de l’Afrique du Sud au Stade de France, la Coupe du monde a écrit en accéléré l’histoire du rugby moderne. Cela méritait bien un arrêt sur images… Retour sur les moments les plus forts de la compétition. Frissons garantis !

1991, LE SAUT DU KANGOUROU

• Le contexte
Si les 16 participants à la première Coupe du monde avaient été désignés et invités par l’International Board, la 2e édition voit la mise en place d’un système de qualification. Les huit quarts de finaliste de 1987 obtiennent automatiquement leur billet. Pour les huit places restantes, les équipes doivent passer par une épreuve préliminaire de qualification. C’est l’occasion pour les Samoa – qui s’appellent encore Samoa occidentales – et leurs 160 000 habitants (!) d’effectuer leurs premiers pas dans la compétition mondiale.

• Le match
Il fait un vrai temps irish ce 20 octobre pour le quart de finale opposant l’Irlande à l’Australie. Dans le mythique Lansdowne Road – avec la fameuse voie de chemin de fer qui passe juste en dessous d’une des tribunes pour déverser le flot des supporters -, l’humidité et le froid pénètrent les corps tandis que le terrain est balayé par un vent fou. Tout cela n’a évidemment pas rafraîchi l’ardeur des 55 000 fidèles qui ont investi la cathédrale verte. Les données sont claires : les Wallabies, présentés comme les favoris, vont devoir jouer contre quinze Irlandais, les éléments et tout un peuple.
De fait, dans cette rencontre d’une très haute intensité, rien n’est simple pour eux. Longtemps, très longtemps, les deux équipes restent au coude à coude. 6-6 à la mi-temps et la même terrible indécision en deuxième période. On approche du terme de la partie lorsque le troisième ligne au trèfle Gordon Hamilton se lance, poussé par le vent et toute une nation, dans une chevauchée fantastique qui lui permet d’aplatir dans l’en-but australien. 18-15. La cause, cette fois, semble entendue. Attendons quand même cette dernière action. Il faut dire que c’est ce diable de David Campese qui a la balle. Il se lance, déborde et vient servir son demi d’ouver­ture, Michael Lynagh, pour… un essai en coin qui vaut tout l’or du monde. Qualification incroyable et inespérée au bout du suspense (19-18). Tout simplement ébouriffant.

• La star
Si cette deuxième Coupe du monde ne restera pas comme la plus attrayante de l’histoire, elle aura tout de même été égayée par les coups de génie de l’ailier australien David Campese. « Campo », comme on le surnomme, a alors 29 ans et une carrière riche derrière lui. Venu du jeu à XIII, il était déjà de la partie lors du premier Mondial en 1987, où les Aussies avaient atteint les demi-finales. Cette fois, ils vont faire encore mieux, notamment grâce au génie de ce joueur rapide et provocateur, sur un terrain comme dans la vie. Un joueur rendu célèbre par son fameux pas de l’oie (goosestep) : Campese donnait l’impression de marquer un temps d’arrêt avant de placer une accélération foudroyante qui rendait furibards et laissait pantois ses adversaires.
En 1991, au sommet de son art, David épate la planète rugby. En quarts de finale, c’est lui qui est à l’origine de l’essai de la qualification à la dernière seconde contre l’Irlande. En demi-finales, c’est pratiquement Campese tout seul qui va éliminer les All Blacks (16-6) ! D’abord en marquant un essai de renard dès l’entame de la partie. Un peu plus tard, en offrant d’une génialissime passe aveugle un nouvel essai à son partenaire Tim Horan. Quelques jours après, l’Australie s’imposera en finale. David le Magnifique est logiquement élu meilleur joueur de cette Coupe du monde.

• La finale
Si les Wallabies ont indiscutablement offert le jeu le plus varié et le plus intéressant de cette Coupe du monde. La finale face à l’Angleterre, dans son antre de Twickenham, ne s’annonce pas comme une sinécure. Surtout que les partenaires du Cap’tain Will Carling ont, depuis le début de l’épreuve, fait le choix du défi physique avec une réussite qui a étouffé tous leurs adversaires. Durs, accrocheurs, truqueurs même, ils ont éliminé des Coqs empruntés en quarts (19-10) puis l’Ecosse (9-6) en demi-finales.
En finale, les Anglais surprennent en quittant leurs habits austères pour tenter d’accrocher la lumière tandis que les Aussies, pour une fois, se montrent beaucoup plus économes dans leur jeu. Le monde à l’envers. Dans cette partie de poker menteur, ce sont les partenaires de Nick Farr-Jones qui auront finalement le dernier mot. Un seul essai et une victoire 12-6 pour les Australiens. Elle récompense justement l’équipe qui aura montré le plus de qualités et d’enthousiasme au cours de cette campagne mondiale. Une sorte d’apothéose pour les Farr-Jones, Poitevin et autres McKenzie, plus très loin de leur fin de carrière.

• L’image à retenir
Le 19 octobre 1991 au Parc des Princes, la France s’incline 19-10 en quarts de finale de la Coupe du monde face à une équipe de la Rose pleine d’épines. Au-delà de la déception, terrible, cette défaite marque la fin de la carrière internationale d’un monument du rugby français. Serge Blanco, 93 sélections, annonce en effet, dans la foulée, sa retraite internationale. Une page d’histoire se tourne.

Populaires

Les marques de presse dédiées au sports collectifs : Planète Foot, Mondial basket, Univers du Rugby, Planète Cyclisme.

© 2017 Editions Le Nouveau Sportif / SESIMS

To Top