Équipe de France

Rugby : Les 6 glorieuses (1)

Depuis ses débuts en 1987 avec le succès fracassant des All Blacks jusqu’à l’édition 2007 et le deuxième sacre de l’Afrique du Sud au Stade de France, la Coupe du monde a écrit en accéléré l’histoire du rugby moderne. Cela méritait bien un arrêt sur images… Retour sur les moments les plus forts de la compétition. Frissons garantis !

1987, MEN IN BLACK

• Le contexte
La Coupe du monde, vieille idée française, a été évoquée pour la première fois par Alfred Eluère, président de la FFR, juste après la Seconde guerre mondiale et rejetée illico par l’International Rugby Board (IRB). A la fin des années 70, Albert Ferrasse, président de la Fédération, tente de réactiver le débat mais il se heurte toujours au refus des Britanniques – Angleterre, Ecosse, Pays de Galles – qui craignent qu’une telle compétition ne remette en cause les principes d’amateurisme qui régissent alors le monde de l’ovalie.
Finalement, sous la pression de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, l’IRB accepte en 1984 de lancer une étude sur la faisabilité d’une compétition de cette envergure. En mars 1985 à Paris, le vote décisif a lieu : par 10 voix contre 6, la cause de la Coupe du monde l’emporte. La Nouvelle-Zélande et l’Australie ont à peine deux ans pour préparer l’événement. Ils relèveront ce pari un peu fou malgré le scepticisme ambiant et un intérêt médiatique encore tout relatif.

• Le match
Attention, match de légende ! On ne le sait pas encore mais ce 13 juin 1987 dans le Concord Oval de Sydney, en demi-finales de la première Coupe du monde, c’est un sommet de jeu que les Australiens et les Français vont proposer. Dans leur antre, les Wallabies ont largement les faveurs du pronostic. Chez les bookmakers, la cote des Coqs du « Petit Caporal » Jacques Fouroux rapporte très gros. De ce côté de l’hémisphère, la tête à l’envers, le « French flair » n’est pas une denrée très prisée.
Le début de rencontre confirme d’ailleurs l’impression. Un drop et deux pénalités permettent aux Australiens de prendre un avantage conséquent, réduit juste avant la pause grâce à un essai transformé (9-6 pour les locaux). C’est après que tout va vraiment s’emballer dans un incroyable ballet. David Campese le Magnifique passe un essai. Philippe Sella et Patrice Lagisquet lui répondent du tac au tac dans une explosion de jeu et d’envie. La France, pour la première fois, prend l’avantage.
Comme deux boxeurs au bout de l’effort et près de l’agonie, les adversaires se rendent coup pour coup, faisant passer leurs supporters par tous les états. 24-24 à quelques instants du coup de sifflet du referee écossais, Mister Andersson. On se dirige tout droit vers la prolongation quand la rencontre bascule dans une dimension encore plus irréelle. Près de ses 22 m, Lagisquet envoie un long coup de pied sur lequel se déverse une marée bleue. C’est parti pour un incroyable feu d’artifice de passes.
Les Français percent sur la droite, se recentrent, tanguent vers la gauche. Et là, dans un ultime effort, Laurent Rodriguez lance Serge Blanco qui, malgré les mastondontes australiens, s’en va planter, dans un dernier coup de rein rageur, l’essai de la victoire, tout près du drapeau de coin. La transformation réussie par Didier Camberabero est anecdotique. Le match est fini (30-24). Les Français, au bout du suspense, ont arraché leur billet pour la finale de la première Coupe du monde. Enorme.

• La star
Cette année-là, les All Blacks se situent largement au-dessus de la mêlée dans tous les domaines. Cette équipe a tout pour elle : le talent individuel, la force collective, la précision technique et la capacité de soutenir un rythme effrayant. Un monstre, en somme. Dès lors, il paraît bien délicat de distinguer une individualité. D’un autre côté, comment passer sous silence l’incroyable réussite de son buteur Grant Fox ? Au moment du Mondial, le demi d’ouverture néo-zélandais a 25 ans. Il a dû faire face à une rude concurrence avant de s’imposer.
C’est finalement son adresse sur les coups de pied qui lui vaut d’entamer la compétition dans un rôle de titulaire. Il va largement justifier cette confiance en empilant pénalités et transformations avec toujours la même précision diabolique. Jamais, à aucun moment, quelle que soit la position, son pied ne tremblera. C’est 126 points qu’il inscrit tout au long de l’épreuve. Un total astronomique qui lui vaut de devenir le premier top scoreur de la Coupe du monde. Il l’est toujours puisque personne n’a fait mieux depuis !

• La finale
Une semaine auparavant, au cours d’une demi-finale d’anthologie face à l’Australie, les Français ont tout donné et même sans doute un peu plus. Face à l’ogre black qui évolue sur ses terres d’Auckland, cette première finale mondiale paraît bien déséquilibrée. Et cette fois, il n’y aura pas de miracle pour les Bleus. Les joueurs de Jacques Fouroux ont toujours l’envie mais plus la force.
Et puis en face, il y a l’incontestable meilleure équipe du monde. Les Néo-Zélandais ont effectué un parcours royal, avec des victoires fleuves, sans jamais sous-estimer leurs adversaires. Ils sont bien décidés à aller au bout de leur rêve. Emmenés par leur capitaine David Kirk, l’extraordinaire troisième ligne Michael Jones et Grant Fox, le serial buteur, encore auteur de 17 points en finale, ils s’imposent logiquement, tout en puissance et en vitesse (29-9). Les Français n’ont pas à rougir, les Coqs sont tombés la crête sur la tête.

• L’image à retenir
Une photo pour l’éternité. Le Français Albert Ferrasse, président de l’International Board, l’un des instigateurs majeurs de cette première Coupe du monde, remet le William Webb Ellis Trophy au capitaine des Blacks David Kirk. Le Néo-Zélandais peut brandir fièrement la Coupe dans le ciel d’Auckland, il restera à tout jamais le premier joueur à avoir soulevé le trophée mondial.

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